Héloïse
GAILLARD, flûtes à bec
et Hautbois baroque
Violaine
COCHARD, clavecin et orgue - Ophélie GAILLARD, violoncelle
Avec
Maryseult WIECZOREK, Soprano
Philippe
CANTOR, basse
LES
ARTISTES
AMARILLIS
est
né en 1994 de la rencontre de trois jeunes musiciennes : une flûtiste à
bec et hautboïste, une claveciniste et une violoncelliste. Il a reçu les
conseils de Pierre Hantaï, Christophe Rousset, Christophe Coin. L'Ensemble
a remporté trois lers prix internationaux : en juillet 95 le 1er Prix du
Concours de musique ancienne de York ; en avril 97, avec Maryseult Wieczorek,
le ler Prix du Concours « Musique d'Ensemble » organisé par la FNAPEC ;
en septembre 97, avec la soprano Patricia Petibon et le ténor Jean-François
Novelli, le ler Prix et le Prix du public au concours SINFONIA présidé
par Gustav Leonhardt.
Amarillis
donne des concerts dans tous les pays d'Europe, a enregistré des émissions
pour France-Musique, Radio Classique et la BBC et 3 disques pour le label
Ambroisie chaleureusement salués par la critique : « Les musiciens de ce
jeune ensemble sont excellents, tant pour le style que pour la technique
» (Diapason).
Héloïse GAILLARD
a
mené de front des études de flûte à bec et de hautbois. Pour la flûte à
bec: Diplôme de soliste au Conservatoire Supérieur de Rotterdam. Pour le
hautbois, après un ler Prix en hautbois moderne, elle obtient un ler prix
au Lemmens Institut de Louvain et se perfectionne auprès de Marcel Ponseele
au CNSM de Paris. Elle est de plus licenciée en musicologie. Elle a joué
sous la direction de 'T. Coopman, J.Savall et C.Coin, assure la partie
de ler hautbois au Concert Spirituel sous la direction d'Hervé Niquet,
se produit en soliste ou en orchestre en France et à l'étranger.
Violaine COCHARD
remporte deux 1er Prix au CNSM de Paris: l'un en Basse continue dans la classe de
Christophe Rousset, l'autre en clavecin dans celle de Kenneth Gilbert.
Elle travaille ensuite avec Pierre Hantaï et Christophe Rousset dans le
cadre du cycle de perfectionnement. 1er Prix du Concours international
de clavecin de Montréal en juin 99. Elle s'est produite en soliste ou comme
continuiste sous la direction de T. Koopman, R.Goebel et C.Coin ainsi que
dans les Festivals d'Ambronay, La Chaise-Dieu, Pontoise. Elle donne des
récitals ou concerts de musique de chambre en France et en Europe. Elle
est actuellement professeur de clavecin au CNR de Montpellier.
Ophélie GAILLARD
a remporté au CNSM de Paris les lers prix de Musique de Chambre, Violoncelle
et Violoncelle baroque. Elle pratique avec une même passion la musique
baroque, classique, romantique et contemporaine. Titulaire de la licence
en musicologie de la Sorbonne et du certificat d'aptitude de violoncelle,
elle remporte le Troisième Prix du Concours international de violoncelle
de Leipzig. Elle donne des récitals et des concerts de musique de chambre
en Europe, au Maroc, aux USA, au Japon, en Amérique latine.
Maryseult WIECZOREK.
.
Après l'étude de la flûte à bec et une formation au clavecin, Maryseult s'oriente
à 17 ans vers le chant et reçoit les enseignements de Greta De Reighere,
William Christie, Jane Berbié, Nicole Fallien. Elle se produit en France
comme à l'étranger lors de récitals de musique sacrée et profane et paticipe
à des productions opératiques : entre autres Christie (« I Sant'Alessio
» de Landi, « Fairy Queen » de Purcell), pour la Fenice de Venise (« Anacréon
» de Cherubini »), pour la Scala de Milan (« Carillon » de Clementi). Soliste
pour des productions enregistrées par Erato (« Grands Motets » de Mondonville,
« Vêpres de la Vierge » de Monteverdi), elle est actrice et chanteuse dans
« Salomé » de Blanca Li, qui met en scène les musiques de Charles Koechlin
et se fait accompagner par l'Ensemble Amarillis.
Philippe CANTOR
.
Après des études d'orgue, il se dirige vers l'interprétation des musiques
anciennes au sein des ensembles « Huelgas », « Organum » et « Clément Janequin
». Sa carrière de soliste a débuté avec l'ensemble « Les Arts florissants
» (William Christie) et « La Grande écurie et la chambre du roy » (J.Cl.
Malgloire). Il a chanté le répertoire baroque sous la direction des plus
grands chefs. En 1992, il remporte le Concours de Rennes pour le rôle de
« Golaud » dans Pelléas et Mélisande, la maturité de sa voix lui permettant
désormais d'aborder les rôles du répertoire du 19ème et 20ème siècle et
la création d'oeuvres contemporaines. Il se tourne aussi vers le répertoire
de Lied et de la Mélodie française. Sa discographie éclectique s'étend
du répertoire médiéval à la musique contemporaine.
PROGRAMME
Une
Soirée romaine chez le Cardinal Ottoboni
Pietro
Ottoboni, fils d'une noble famille vénitienne fut nommé Cardinal le 7 novembre
1689, quatre semaines après l'accession à la Papauté de son cousin Alexandre
VIII. Immensément riche, c'était un mécène généreux. Amateur éclairé, il
entretint à Rome les meilleurs musiciens d'Europe.
Arcangelo
CORELLI (1653-1713): Sonate en fa majeur, Op. 5 N°
4 pour flûte alto
et Basse Continue
Elu à
l'Académie philharmonique de Bologne en 1670, puis installé à Rome vers
1675, Corelli fut l'un des violonistes virtuoses les plus en vue de la
Ville Eternelle. Après un court voyage en Allemagne vers 1680, il revint
à Rome, entra au service du Cardinal Panfili, puis à celui du Cardinal
Ottoboni, qui avait mis à sa disposition un appartement dans son palais
de la Cancelleria.
Vers la
fin du 17ème siècle se sont développés en Italie les deux modes principaux
de Sonates: la Sonate d'église composée d'au moins quatre mouvements en
alternance lent-vif-lent-vif et la Sonate de chambre où se succèdent des
mouvements de danses stylisées. Corelli donna à ces deux formes leur modèle
définitif adopté dans toute l'Europe. Pour l'instrumentation, il n'existait
pas de formation standard. Les oeuvres pouvaient être transposées pour
différents instruments.
L'Opus
5 de Corelli comprend 6 Sonates d'église et 6 Sonates de chambre pour violon
et Basse continue ( le violoncelle renforcé par le clavecin ). La Sonate
n'4 fut réimprimée en 1707 pour flûte à bec. C'est une « Sonate d'église
» qui comporte 5 mouvements: Adagio, entrée solennelle au pas lent.
Allegro
fugué dont le sujet donne lieu à un développement de virtuosité techniquement
difficile. Vivace d'abord sur un rythme de danse, puis très orné.
Adagio élégiaque. Le dernier Allegro, très virtuose, affirme
un rythme de danse.
Georg
Fredrich HAENDEL (1685-1759): Cantate "Dalla Guerra amorosa" pour
Basse et Basse continue.
Né à Halle,
en Saxe, Haendel commença sa carrière à Hambourg, et dès 1706, il partit
pour l'Italie. Au 18ème siècle, une bonne connaissance de la musique italienne
était indispensable; c'est de là que venait toute science musicale. A Rome,
il reçut la protection des grands seigneur et princes de l'Eglise - dont
le Cardinal Ottoboni. Sa gloire s'y établit très vite. En juin 1708, il
visita Naples, relais de Rome comme capitale artistique de l'Italie. L'opéra,
interdit dans la Ville pontificale, y prospérait. De retour à Rome, il
reprit sa vie laborieuse et mondaine, composant musique religieuse, oratorios,
cantates, sonates. Pendant ces années italiennes, Haendel acquiert le goût
du « beau chant », découvrant la liturgie catholique, la cantate, l'opéra.
Ses ouvrages en italien sont innombrables. L'Italien a été pour lui un
langage de culture universelle, comme il l'a été pour presque tous les
Européens de son temps.
La « cantata
» est une pièce destinée à la voix, par opposition à la pièce instrumentale,
« toccata » (pièce que l'on « touche » sur un clavier) ou « sonata » (pièce
que l'on fait « sonner» sur un instrument à vent ou à cordes).
Haendel
a écrit plus d'une centaine de cantates italiennes. Ecrites pour une ou
deux voix et Basse continue, ce sont des oeuvres de musique de chambre
pour voix. La cantate se compose d'un ou deux « arias » en forme « da capo
» alternant avec des récitatifs. Le récitatif est destiné à expliquer à
l'auditeur le sujet dont il s'agit. L'aria est un morceau de bravoure qui
deviendra plus tard l'« aria » de concert.
Haendel
a apporté une importante contribution à
l'évolution de la
cantate. Il a écrit 72 cantates italiennes pour voix solo et continuo et
22 pour due et continuo. Composées pour la plupart durant son séjour en
Italie, elles furent pour lui un répertoire mélodique dont il se servit
tout au long de sa carrière.
« Dalla
guerra amorosa » pour voix solo et Basse continue a été écrite entre
1706 et 1708.
Domenico
SCARLATTI
(1685-1757):
Sonates K. 208 et X 56 pour clavecin.
Contemporain
de Haendel, Domenico Scarlatti est né à Naples. Il est le fils d'Alessandro
Scarlatti. Il débuta sa carrière comme organiste et compositeur d'opéras.
Il semble que c'est à Venise qu'il se lia avec Haendel, d'où ils revinrent
ensemble à Rome. Tous deux faisaient partie des « protégés » du Cardinal
Ottoboni. Ce dernier aurait organisé un double récital mettant les deux
virtuoses en compétition ; la balance serait restée hésitante aussi longtemps
que les artistes se seraient limités au clavecin, mais lorsqu'on en serait
venu à l'orgue, Scarlatti se serait incliné. En 1720, Domenico partit pour
Lisbonne, pour diriger la chapelle du roi Jean V de Portugal et l'éducation
de l'infante Maria-Barbara. Lorsque celle-ci épousa l'héritier au trône
d'Espagne, il la suivit à Madrid où il vécut jusqu'à sa mort. C'est là
qu'il écrivit les Sonates pour clavecin (555 pièces).
La forme
de la sonate de Scarlatti est simple : un seul mouvement en deux parties
séparées par une barre de reprise. La tradition italienne qu'il avait assimilée
auprès de son père se transforma avec la découverte de la guitare et des
rythmes populaires espagnols.
La Sonate
K.208 en la majeur est un Adagio cantabile où l'on retrouve l'influence
du chant flamenco : de larges arabesques vocales se déploient sur des accords
de guitare dont la régularité rythmique est inflexible. Elle a sans doute
été écrite vers 1753.
La Sonate
K.56 en ut majeur, Con spirito, est pleine d'humour, rapide, rythmée,
sur une basse ironique, avec d'étonnants « glissandos » dans la seconde
partie.
Alessandro
SCARLATTI (1660-1725) : Cantate « Clori mia, Clori bella » pour
soprano, flûte alto et Basse continue.
Né à Palerme,
Alessandro Scarlatti débuta sa carrière à Rome, à la Cour de la Reine Christine
de Suède, puis quitta Rome pour Naples où il écrivit un nombre considérable
de cantates et d'opéras, De retour à Rome en 1703, il devint maître de
la musique privée du Cardinal Ottoboni. Réinstallé à Naples en 1723, il
y termina paisiblement sa vie. Il a composé près de 800 cantates de chambre.
La plupart ne sont pas datées. Il était convaincu que le but de la musique
était avant tout « d'émouvoir les passions ». Dans ses oeuvres, la mélodie
et l'harmonie expriment ou évoquent ce que disent les paroles. La Basse
continue évolue comme un véritable partenaire de la mélodie avec laquelle
elle alterne ou qu'elle complète. Les textes des cantates sont signés par
des auteurs en vogue, généralement des amateurs distingués. A la fin du
XVIlème siècle, la cantate était devenue un des éléments majeurs de la
création musicale en Italie. C'est dans l'oeuvre d'Alessandro Scarlatti
qu'elle s'est épanouie.
La Cantate
« Clori mia, Clori bella »est composée ainsi: Recitativo, Aria (Adagio),
Recitativo, Aria.
ENTR'ACTE
Georg
Friedrich HAENDEL: Sonate Op. 1 N* 5 pour hautbois et Basse continue.
Les Sonates
Op. 1 ont été éditées pour la première fois à Amsterdam en 1722. C'était
une édition pirate.Une édition « plus correcte que la précédente » fut
réalisée sous le contrôle du compositeur. Ces sonates avaient été écrites
dans ses années de jeunesse, peut-être déjà en Allemagne; son professeur
à Halle - Zachow - connaissait les sonates de Corelli et les admirait.
Le hautbois était l'instrument de prédilection du jeune Haendel. Ce sont
des « Sonates d'église », où alternent les mouvements lent et vif. La sonate
n° 5 comporte également une « Bourrée anglaise » et se termine par un «
Menuetto », ce qui la rapproche de la « Sonate de chambre ». Les mouvements
sont : un Adagio noble et solennel, un
Allegro dont la virtuosité
à l'italienne évoque Vivaldi, un Adagio qui est un beau chant lyrique,
une
Bourrée anglaise aussi carrée qu'une Bourrée française et un
Menuetto.
Sonate
Op. 1 N°
4 pour flûte et
Basse continue.
Celle-ci
ne comporte que les quatre mouvements traditionnels de la Sonate d'église.
Larghetto
: introduction solennelle appuyée sur un puissant rythme pointé,
Allegro
la flûte volubile donne à ce mouvement une allure de concerto à l'italienne.
Adagio
le chant très orné en fait une sorte de « cadence ».
Allegro:
mouvement au rythme de menuet.
Duetto
« Giu nei Tartarei regni vlandreni Madonna » pour Soprano, basse et Basse
continue.
Cette
cantate fut composée en Italie entre 1707 et 1709.