Trois jeunes filles pleines de talent forment
l'ensemble Amarillis
MONTLUÇON.
- Homme de lettres et musicien, nommé cardinal à 22 ans, Pietro Ottoboni
entretenait à Rome les meilleurs musiciens d'Europe au début du XVIIIème
siècle. Parmi ses protégés : Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti et
son fils Domenico, et le tout puissant Georg Friedrich Haendel. Différentes
pièces de ces compositeurs, aussi diverses dans l'inspiretion que dans
la forme, seront donc présentées dimanche après-midi
: cinq sonates dont
certaines pour clavecin seul, deux cantates, et un duetto.
L'ensemble
Amarillis est né en 1994 de la rencontre de trois musiciennes, Héloïse
Gaillard, flûte à bec et hautbois, et sa soeur Ophélie, violoncelle, ainsi
que Violaine Cochard, au clavecin. Amarillis donne des concerts chaleureusement
salués par la critique dans tous les pays d'Europe. Un même accueil est
réservé à ses émissions sur France Musique et la BBC, et à ses enregistrement.
L'ensemble
se produira, dans le cadre du 35ème festival de musique en Bourbonnais,
avec le concours de Maryseult Wieczorek et Philippe Cantor, respectivement
soprano et basse d'opéra. Leurs carrières de solistes ont débuté aux «
Arts Florissants » de William Christie, entre autres.
CINÉMA et musique
font parfois bon ménage et le septième art permet de redécouvrir des musiques
ou des auteurs oubliés.
Ainsi en a t'il
été de la musique baroque avec Tous les matins du Monde, signé Alain Corneau
et sorti sur les écrans dans les années 90. Marin Marais et Jordi Savall
se sont alors retrouvés sur le devant de la scène et le baroque porté aux
nues.
C'est à cette
redécouverte que le public a été convié, dimanche après-midi, lors du festival
de Châteloy, avec un récital de l'Ensemble Amarillis. Accompagné pour l'occasion
par la soprano Maryseult Wieczorek et la basse Philippe Cantor, le groupe
a donné un concert où la grâce le disputait à l'énergie.
Formation née
en 1994, l'Ensemble Amarillis rassemble trois jeunes femmes réunies par
la même passion pour la musique baroque.
Héloïse Gaillard
y joue tour à tour de la flûte à bec et du hautbois. Sa soeur, Ophélie
Gaillard fait vibrer son archet sur les cordes graves d'un violoncelle.
Quant à Violaine Cochard, elle interprète les plus belles pages du répertoire
sur clavecin ou basse continue. Ces jeunes représentantes de la musique
concertante française se sont donc donné rendez-vous pour une après- midi
consacrée à la musique du XVIlème et XVIllème siècle.
Pour donner
le ton, l'Ensemble seul s'est lancé dans l'interprétation de la sonate
en fa majeur d'Arcangelo Corelli. Sous le jeu d'HéIoïe Gaillard, la flûte
y a évoqué un chant féminin, plein de douceur et de mélancolie.
Rejoint par
la basse Philippe Cantor, le groupe a ensuite délivré une vision particulièrement
inspirée de la cantate « Dalla Guerre amorosa » de Georg Frederich Haendel
et fait de cette première collaboration avec le chanteur une totale réussite.
La voix puissante de celui qui a débuté dans « Les Arts florissants» de
William Christie a trouvé de fait un parfait contrepoint avec les cordes
caressées et effleurées d'Ophélie Gaillard.
Le programme
s'est alors poursuivi avec deux sonates pour clavecin écrites par Domenico
Scarlatti. En solo, Violaine Cochard a su faire briller ces pièces très
influencées par Madrid et Lisbonne où le compositeur s'est installé.
Pour conclure
cette première partie, l'Ensemble Amarillis a été rejoint par la soprano
Maryseult Wieczorek, pour l'interprétation d'une cantate d'Alessandro Scarlatti,
« Clori mia, Clori bella ». La chanteuse s'est livrée à une lutte pleine
de lyrisme avec, la flûte d'Héloïse Gaillard.
Après le court
entracte Haendel a été à l'honneur puisque le public a eu droit à deux
sonates et un duetto, écrits dans la jeunesse du compositeur. Cette musique,
dont la virtuosité à l'italienne évoquait Vivaldi a conclu ce spectacle
servi par une interprétation hors pair et nourri d'une passion pour un
répertoire qui réserve encore bien des surprises.
La collaboration
avec les chanteurs Philippe Cantor
et Maryseuit
Wieczorek a permis à l'Ensemble Amatillis
de donner
un récitai parfaitement équilibré,
entre
nostalgie tourmentée et légèreté virtuose.
Cette dernière a souligné l'importance de cette réception, annuelle et très conviviale, que tous les fidèles du festival apprécient et rappelé que le festival fêtait cette année son 35ème anniversaire. Elle a souhaité également que la municipalité continue à oeuvrer pour la conservation de l'église SaintPierre et pour le bien être des auditeurs.
Cette réception
a donné aussi l'occasion à de nombreuses personnes de féliciter l'ensemble
Amarillis,
ainsi que Maryseult Wieczorek et Philippe Cantor, auteurs d'une très belle
prestation en fin d'après-midi à Châteloy.
Une petite réception en l'honneur des artistes