Cet article est paru dans "La Montagnee" du 27 août 2001


BRAIZE

L'ane fêté à sa juste valeur

La commune de Braize a accueilli hier la 12ème édition de la foire primée aux ânes. Un nouveau succès surtout marqué par l'annonce de la reconnaissance officielle de l'âne bourbonnais par le Conseil dÉtat.

Enfin !. - La nouvelle s'est propagée dès le début de l'après-midi dans l'assistance: «l'âne bourbonnais est, enfin, officiellement, reconnu». C'est la présidente Michèle Doucet qui l'annonce. L'association s'est battue depuis plus d'une décennie pour cette reconnaissance de l'espèce et le Conseil d'État a enfin statué favorablement. Une nouvelle qui tombe à pic pour accompagner cette douzième édition, en attendant de marquer, dans quelque temps, l'événement avec le faste qu'il mérite.

Succès confirmé. - Organisée de concert par l'association et le comité de foire de Jean-Yves Charby, la fête a d'ailleurs remporté un franc succès. Près de 200 ânes étaient en effet réunis pendant la journée et représentés à travers 21 catégories. Plus de 200 exposants se sont en outre ajoutés aux 75 éleveurs présents.

Tous les goûts. - Après une matinée « passion » consacrée au concours lui- même, la journée s'est poursuivie par de nombreuses animations. Le public a d'abord parié sur la course des ânes, avant d'assister à la traditionnelle épreuve de maniabilité. Après une pause qu'ils auront utilisée à chiner à la XXIIIème brocante, les visiteurs sont retournés écouter le groupe folklorique « Les gats do Bourbonnais », avant d'encourager le défilé de voitures attelées.

Un peu déçus. - Ceux qui étaient venus voir le concours d'ânes costumés, comme Nicole, professeur de lettres et ses deux fillettes Claudine et Deborah. Intriguée et impatiente de voir « des ânesses en robes du soir », l'enseignante a regretté cette défection. Les organisateurs ont cependant promis de faire un effort pour ne plus décevoir les enfants impatients d'applaudir les « baudets en beauté»

On rit franchement. - Quand quelqu'un d'autre que soi se « casse la figure ». Manon, 16 ans, le reconnaît, « le spectacle est vraiment irrésistible ». Ce qu'elle n'exclue pas, c'est de  «s'offrir un petit tour de course, juste histoire de voir ». Et histoire de rire. Car l'âne c'est bien connu, est le plus têtu des quadrupèdes et ne s'en laisse pas compter quand il s'agit de se laisser monter. Quelques intrépides en ont fait les frais et se sont retrouvés les quatre fers en l'air devant un public hilare.

Regard. - Ces messieurs du jury avaient du pain sur la planche hier matin, à l'heure de la foire primée. Il est vrai qu'ils avaient vingt et une catégories à examiner avec trois critères à prendre en compte, la présentation générale, l'aspect de l'impétrant, tête, courbe du dos, charpente, masse musculaire et l'aplomb des pattes, sa façon de se déplacer. Comme ça, il est des ânes qui gagnent à être connus, voire reconnus.

Hospitalité. - La consécration. Plus le moindre doute permis, la souriante commune de Braize est devenue un modèle d'hospitalité pour les ânes de tous lieux et de toutes races. Pour s'en persuader, il n'était que d'arpenter hier matin l'enclos à perte de vue où paradaient sans la moindre once d'affectation les plus beaux spécimens de la gent équidés aux grandes oreilles pour en être convaincu. A l'invitation de l'association «Âne du Bourbonnais » et de « Braize Animation », ils étaient ainsi plus de deux cents pensionnaires à avoir pris leurs quartiers d'éte. Par une température caniculaire.

Gabarit. - S'occuper des ânes est un véritable sacerdoce. Comme le souligne Éric, un éleveur de l'Association française de l'âne du Berry qui vient de parcourir quelque 2.600 kilomètres en une semaine : « Pour ma part, je leur consacre deux heures par jour. ils adorent qu'on s'occupe d'eux. En ce qui concerne l'âne du Berry, il doit avoir une robe noire uniforme, sans rayures ni bande cruciale et le ventre blanc. Il doit faire 1,35 mètre au garrot et la longueur des oreilles se doit de mesurer exactement la moitié de celle de la tête ». Le bon gabarit pour un top modèle.

Relance. - Avec leur robe à longs poils, les baudets du Poitou ont un petit côté lama. Une race qui était en voie de disparition mais se trouve aujourd'hui pleinement relancée. Un spécialiste remarquait à ce propos : « Depuis 1995, c'est bien reparti. on en répertorie environ 2.000 en France mais on en trouve aussi en Amérique. Leurs poils ne sont pas encore assez longs mais on s'efforce au moins de sauver la race -. Ce qu'on pourrait appeler reprendre du poil de la bête.

      L'âne du Bourbonnais en passe d'atteindre la gloire                        Le jury à l'épreuve
              

      L'espèce poitevine bien représentée                      Après avoir tenu en échec

quelques adultes pourtant   
bien rompus à l'exercice
de la course aux ânes,
Fairley a pu brandir son
trophée bien mérité.

Une pause pour les héros de la fête
               Le défilé de voitures atelées (ici avec               Les gars du Bourbonnais ont
               la présidente   Michèle Doucet en                    offert un  spectacle  aussi sym-
               costume traditionnel) a été                               pathique que l'ensemble de la
              tout aussi applaudi                                            manifestation
 
 
 
Textes : Jean CHAPY et Gérard CHOQUET
Photos : Cécile CHAMPAGNAT

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