Direction:
Arie van Beek
Solistes:
Svetlin Roussev, violon
Marie-Belle
Sandis, soprano
L'ORCHESTRE D'AUVERGNE créé en 1981 est l'une des meilleures formations de chambre Européennes. Il s'est produit à plusieurs reprises au Japon, en Allemagne, aux EtatsUnis, en Espagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Corée, en Italie, en Tchécoslovaquie, en Turquie, au Maroc. En France, il a été accueilli dans les plus grands Festivals: Evian, Saint-Riquier, La Chaise Dieu, La Roque d'Anthéron, Besançon, Prades....et autres lieux d'élection. Sa notoriété tient également à la grande diversité de son répertoire : 900 oeuvres de musique baroque, classique. ou contemporaine. Il a été dirigé par d'éminents chefs: entre autres Roberto Benzi, Emmanuel Krivine, Jean-Claude Magloire, Victor Liberman, JeanJacques Kantorow (de l985 à 1994). Fort de sa reconnaissance internationale, l'Orchestre a joué avec les plus grands interprètes. Durant ces dix dernières années, il a procédé à l'enregistrement de 20 CD.
Arie van BEEK chef d'orchestre néerlandais, a étudié la percussion et a
travaillé durant quatre années comme percussioniste dans les orchestres
radiophoniques du Nederlandse Omroep Stichting. Il a étudié la direction
d'orchestre, entre autre avec Edo de Waart et David Porcelijn. Directeur
musical de l'Orchestre d'Auvergne depuis novembre 1994, il..est aussi chef
principal de l'Ensemble" De Doelen ", spécialisédans le répertoire du XXème
siècle. Attaché au Conservatoire supérieur de Rotterdam, il dirige plusieurs
groupes instrumentaux avec lesquels il a créé des projets spéciaux (Berlioz-Boulez,
Monteverdi-Berio). Chef invité dans de nombreux orchestres en Europe et
en Argentine, il a réalisé de nombreux disques pour EMI, BIS, Olympia,
Channel Classics et Donemus.
Svetlin ROUSSEV est né en 1976 en Bulgarie. Il a étudié le violon durant dix
années à l'Ecole de musique de Roussé (Bulgarie) et en 1991 est entré au
Conservatoire national Supérieur de Paris où il a travaillé avec Gérard
Poulet, Dévy Erlih et Jean-Jacques Kantorow. Il y a obtenu en 1994 le ler
Prix de Musique de chambre et le ler Prix de violon avec félicitations
du Jury. En 1998, il est entré à l'Ecole Normale de musique dans la classe
de Dévy Erlih. Titulaire de nombreux prix internationaux: Marguerite Long-Jacques
Thibaud, Melbourne, Indianapolis.... Il a joué en soliste avec les orchestres
de Bulgarie, l'Orchestre Philharmonique de Bucarest, l'Orchestre National
de chambre de Toulouse, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le
Brussels Youth Orchestra, l'Indianapolis Symphony Orchestra et s'est produit
en récital à travers l'Europe et en Asie. Il est l'une des Révélations
Classiques de l'ADAMI 2000 (Midem de Cannes). En avril 2000, il a été nommé
violon solo de l'Orchestre d'Auvergne.
Marie-Belle SANDIS a obtenu à l'âge de 16 ans le diplôme de formation musicale
(piano, solfège, chant choral) au Conservatoire National de Région de Marseille.
Elle s'est ensuite toumée vers un cursus scientifique sanctionné par un
diplôme d'ingénieur. Pendant quatre ans elle est ingénieur commercial en
informatique et, parallèlement, commence des études de chant avec Hannelore
Nagorsen. En 1994, elle est admise à l'Ecole d'art lyrique de l'Opéra de
Paris où elle travaille avec Denise Dupleix. Elle, choisit alors de se
consacrer exclusivement à son art.A l'Opéra national de Lyon, d'abord stagiaire,
puis membre de la troupe de 1996 à 2000, elle incarne, entre autres : Chérubin
(Les Noces de Figaro), Cupidon (Orphée aux enfers), L'Enfant (L'Enfant
et les Sortilèges), le chien Upak (La petite Renarde rusée). Elle s'y produit
régulièrement en récitals et en concerts. Elle participe aux sessions de
travail de Royaumont et collabore régulièrement avec l'Orchestre d'Auvergne.
LE PROGRAMME
Antonio VIVALDI ( 1678 - 1741 ) - Les Quatre Saisons
Ces quatre
concertos, les plus célèbres parmi les quelques 500 composés par Vivaldi,
ont toujours connu le succès: avant même leur publication (en 1725), ils
étaient déjà fort appréciés par le Comte Morzin, leur dédicataire. En 1728,
ils furent joués plusieurs fois à Paris au Concert Spirituel, et en 1730
Louis XV réclama qu'on lui fit entendre à Marly « Le Printemps ».
Ce dernier fit partie du répertoire des virtuoses les plus réputés, transcrit
et copié tout au long du 18ème siècle, dans toute l'Europe.
Le Printemps,
L'Eté, L'Automne et L'Hiver sont tous les quatre construits de façon classique
en trois mouvements, avec opposition du « tutti » et du soliste, effusion
lyrique dans les mouvements lents contrastant avec la carrure de l'allegro
initial et l'allégresse du finale.
A l' intérieur
de chaque mouvement, le tutti exprime la nuance dominante du morceau. C'est,
en quelque sorte le gros oeuvre de la construction, les soli étant les
divertissements modulants, les traits de virtuosité, les détails pittoresques
(chants des oiseaux). C'est aussi le violon solo qui chante les belles
cantilènes des Adagio et Largo.
Au déroulement de la composition classique se superpose l'élément descriptif Grand virtuose du violon, Vivaldi était aussi homme de théâtre. Il savait créer une atmosphère et représenter par sa musique des évènements mnaturels et surnaturels. Le goût de lépoque l'y portait. La succession des saisons avait depuis longtemps fourni aux musiciens l'argument de ballets. Dans la première édition des « Quatre saisons » publiée à Amsterdam en 1725, chaque concerto était précédé d'un sonnet descriptif, sorte de programme de l'oeuvre.
Le Printemps. Il est écrit en mi majeur, une tonalité lumineuse.
Premier
Mouvement: Allegro
Voici
le printemps, les oiseaux joyeux
L'orage et les éclairs voilent l'azur
L'accueillent
de leurs chants;
D'un noir manteau ;
La
brise souffle,
Puis le calme renaît et les oiseaux entonnent
La
source coule en murmurant
A nouveau leurs choeurs harmonieux.
Le tutti
donne le ton: insouciante gaîté. C'est un refrain qui revient six fois
et encadre les cinq couplets (soli). Le couplet du milieu, violent, évoque
l'orage par d'énergiques unissons. Après le retour au calme, le chant des
oiseaux est interprété par les cordes dans l'aigu
.
Second
Mouvement: Largo e pianissimo sempre
Trois éléments se superposent: le fond du tableau est un bruissement atténué de frondaisons (violons à la tierce) ; au-dessus, la cantilène du violon principal exprime la quiétude du dormeur ; au grave, l'alto représente le chien qui aboie, ainsi indiqué par Vivaldi: « Il cane che grida, sempre moltoforte, e strappato».
Troisième Mouvement: Danza pastorale: Allegro
Dans le
second solo, le violon principal imite la musette par un chant bien scandé,
au-dessus d'une note « à vide » fàisant pédale
L'été. En sol mineur: douceur et mélancolie.
Premier
Mouvement: Allegro non molto
De
sonfeu implacable, le soleilpése sur l'homme
La brise soupire mais soudain
Et
ses troupeaux, il embrase laforêt.
Borée mugit et étouffe sa voix.
La
tourterelle et le chardonneret répondent
Le bergerpleure d'effroi
A l'appel
monotone du coucou
Il craint la bourrasque imminente
Le premier tutti crée une ambiance torride: sonorités étouffées, rythme accablé, que va déchirer, après un temps, le cri mécanique du coucou. Le tutti - vent et tempête - alterne avec les soli - chant de la tourterelle et du chardonneret. La plainte accablée du berger s'exprime dans une belle cantilène du violon.
Second Mouvement: Adagio - Presto
De nouveau la cantilène du violon berce le sommeil du berger, alternant avec le bourdonnement des mouches (tutti).
Troisième Mouvement: Presto
S'enchaînant avec la fin du 2ème Mouvement, le tutti traduit l'orage et la grêle comme au milieu du l' Allegro du Printemps. Dans les soli le violon virtuose participe à cette agitation par des gammes montantes et descendantes.
L'automne. En fa majeur, le ton est à la rusticité.
Premier Mouvement: Allegro
Le 1er tutti campe vigoureusement une scène de danses et de chants rustiques. Le solo reprend le thème, puis le choeur. Mais les paysans ont fêté Bacchus: l'ivresse qui les gagne se révèle par les traits désordonnés du violon solo. Vient alors, après une débauche de modulations, de roulades, de trilles, de brisures où l'ivrogne se déchaîne, un tutti qui fait réapparaître, transposé, le motif du choeur. Après une dernière incartade de l'ivrogne, celui-ci tombe dans un lourd sommeil, qui rappelle le sommeil du berger dans « L'été ». Puis soudain le refrain des joyeux buveurs fait irruption, comme pour réveiller en sursaut le camarade endormi.
Second Mouvement: Adagio molto
Cette fois, le sommeil est collectif; la partie de basse porte le sous-titre:Ubriachi dormienti (les ivrognes endormis). Ce n'est plus l'ivresse, mais une torpeur, un effet de demi-teinte obtenu par l'emploi des sourdines. Pas de mélodie véritable, mais une ligne veloutée des violons, tandis que le clavecin égrène les notes des accords tenus par l'orchestre.
Troisième
Mouvement: Allegro
Dans l'aube nouvelle,
le chasseur s'élance La proie
s'échappe,
Sur la trace du gibier
Epouvantée par le vacarme.
Avec son cor son
fusilet ses chiens.
Blessée, elle veut fuir mais
elle meurt épuisée.
Le tutti claironne un thème de fanfare. Les soli représentent tantôt la sonnerie des cors (doubles-cordes sur le motif central du tutti), tantôt la fuite et les angoisses dé l'animal (triolets). Le tutti à son tour peint sa course affolée. Il est de plus en plus traqué; la basse devient haletante. Les traits des soli, d'abord ascendants, dégringolent d'une allure désespérée, comme pour marquer l'effondrement de la victime.
L'hiver. Fa mineur: c"est la désolation.
Premier Mouvement: Allegro non molto
Trembler
au milieu des neiges glacées
Sous
les coups forcenés de la bise
Courir
en frappant le soi,
Claquer
des dents
Deuxième Mouvement: Largo
Troisième
Mouvement: Allegro
S'élancer
à nouveau
Entendre le déchaînement des vents furieux
Et
courrir
Voilà l'hiver.
Jusqu'à
la crevasse ouverte
Avec sesjoies.
La marche sur la glace: démarche prudente et pleine d'appréhension avec des chutes. C'est ensuite une course effrénée, puis le sifflement du vent dans l'aigu du violon tandis que grondent les basses. Un moment de calme, comme un repli devant les éléments hostiles, puis reprise de la course et déchaînement du vent. L'oeuvre s'achève dans la beauté de cette tempête.
ENTRACTE
Benjamin BRITTEN ( 1913 - 1976 ): 4ème mouvement Simple Symphony.
Classique,
indépendant, doué d'un humour solide, mais jamais révolutionnaire, Britten
composait avec une facilité étonnante. Sa première oeuvre marquante, une
Sinfonietta, fut jouée en concert public en 1933. La Simple Symphony suivit
de près: 1934.
Pourquoi
ce titre ? Parce quelle est construite simplement en 4 brefs mouvements,
et parce que Britten y fait usage de thèmes empruntés à des pièces écrites
dans son adolescence - entre 9 et 12 ans -, matériau un peu frustre réemployé
ici avec un autre métier et une élégance charmeuse. Chaque mouvement porte
un titre. Le 4ème est un Frolicsome Finale («
Finale espiègle »),
allegro de sonate à deux thèmes, très classique de forme et de style. Après
une entrée en fanfare, le ler thème au rythme exubérant court d'une voix
et d'un instrument à l'autre comme dans une partie de cache-cache. Le second,
plus chantant, calme le jeu, et les deux s'entremêlent dans le développement.
Après une montée crescendo, la réexposition est suivie d'une coda « enlevée
» et d'une brève conclusion qui stoppe net ce galop.
Joseph CANTELOUBE ( 1879 - 1957 ) Trois Chants d'Auvergne
Au 19ème siècle et au début du 20ème, plusieurs musiciens « classiques » s'intéressèrent au folklore de leur pays, recherchant les mélodies, les danses et les rythmes populaires. En Russie, dès la lère moitié du 19ème, Glinka imprégnait son langage de tournures mélodiques populaires. Après lui, Rimski-Korsakov publia en 1878 un Recueil de cent chants populaires russes dont de nombreux thèmes se retrouvent dans ses compositions. En Hongrie, Kodaly et Bartok entreprirent une recherche commune sur les traditions musicales populaires, qui aboutit à la publication d'importants recueils, véritable somme d'ethnomusicologie: plus de 8000 chants populaires hongrois, roumains, slovaques, mais englobant également toutes les contrées balkaniques et même la Turquie et l'Afrique du Nord. En Espagne, Pedrell consacra sa vie au recensement du chant populaire dont s'inspira Manuel de Falla.
En France,
Vincent d'Indy fut l'un des premiers à prêter une grande attention à l'art
populaire.Il réunit un grand nombre de chansons vivaraises et les utilisa
dans sa musique symphonique et dans de nombreuses mélodies.
Il eut
une grande influence sur Joseph Canteloube, dont la famille était également
originaire du Massif Central. Né à Annonay, celui-ci gardait un souvenir
indélébile des longues promenades qu'il effectua avec son père dans les
villages montagnards de l'Auvergne. Il entendit les refrains des danses
locales et des chants populaires, tradition encore bien vivante à cette
époque. C'est sa rencontre avec Vincent d'Indy en 1902 , qui marqua un
tournant dans sa carrière de musicien, le poussant à « monter » à Paris
pour suivre les cours de la Schola Cantorum, où il reçut une formation
technique rigoureuse. En même temps, il commençait de collectionner les
chansons en patois, principalement dans le Cantal, l'Aveyron et le Lot.
C'est en 1923 qu'il entreprit la composition des cinq séries de ses « Chants
d'Auvergne ». Il a arrangé ou harmonisé quantité d'autres chants populaires
(Haut-Quercy, Champagne, Touraine) mais seules les cinq séries des Chants
d'Auvergne ont atteint à une notoriété mondiale, suscitant même un film
américain (1955) et maintes chorégraphies. S'il conserve intacte les mélodies
paysanne, il les intègre à un système harmonique très raffiné en les dotant
d'accompagnements très recherchés et en les parant d'une orchestration
luxuriante. Il en fait de véritables tableaux d'inspiration pastorale,
dans un style personnel où l'on retrouve l'influence de Vincent d'Indy
et de Claude Debussy.
Les musiciens de l'Orchestre d'Auvergne demandèrent au compositeur Jean-Guy BAILLY d'en faire une transcription pour hautbois, cor anglais et orchestre à cordes. La création eut lieu en 1986 à ATHANOR à Montluçon. Dam cette transcription, l'Orchestre d'Auvergne a interprété les « Chants d'Auvergne » dans le monde entier et les a enregistrés en 1992 avec la soprano américaine Marvis MARTIN, en prélude à la tournée aux Etats-Unis programmée avec elle, 26 concerts de Miami à New-York en remontant toute la côte Est.
Obal
din lou Limouzi (Là-bas dans le Limousin) est une bourrée recueillie
à Maurs dans le Cantal, un jour de fête votive.
Traduction
en français :
Là-bas
dam le Limousin, petit
Là-bas.
dans le Limousin
S'il
y a dejolies filles, eh! oui!eh! oui!
S'ily
a dejoliesfilles, ici aussi !
Galant,
si les jeunes filles
Sont
belles dans ton pays
Les
hommes de chez nous, en Limousin,
Les
hommes nous aiment bien tendrement!
Là-basdans
te Limousin, petit
Plus
tendres sont les galants
Mais
ici en Auvergne, dans mon pays.
Les
hommes vous aiment pIus fîdèlement
Cette danse typiquement auvergnate est introduite par un chant de cor anglais un peu mystérieux, Le rythme de bourrée arrive avec les premiers mots du chant. L'accompagnement de l'orchestre et les interludes évoquent la « cabrette » et les sabots des danseurs.
Pastourelle
Traduction
en français :
« Ah
! viens auprès de moi
Et
passe la rivière !
Viens
donc de ce côté,
Car
d'affaires nous parlerons,
Et
le restant dujour
Nous
parlerons d'amour
« Mais
je ne puis passer
Comment
pourrais-je faire
Je
n'ai pas de bateau
Ni
de pont pou rpasser l'eau
Ni
même de berger
Qui
m'aime fidèlement.
« Tu
aurais vite un bateau
Si
tu étais jolie
Tu
aurais un pont d'arcades
Tu
aurais même un berger
Qui
te serait fidèle
jusqu'au
tombeau »
L'orchestre suggère l'atmosphère originale du récit et son dialogue un peu perfide : mystérieux et rêveur dans l'introduction et le l' interlude, une nostalgie exprimée par les graves. Le ton change dans le 2ème interlude qui introduit le 3ème couplet, avec des volutes légères et ironiques. La conclusion retrouve le ton mystérieux et sombre du début.
La Delaïssado (La Délaissée)
Une
bergère attend là-bas en haut du bois
Celui
qu'elle aime
Vais
il ne vient pas
Il m'abandonne
!Je ne voispas mon bien-aimé
Je
me croyais aimée,
Et
je l'aime tant ! »
Quand
paraît l'étoile, l'étoile annonçant la nuit,
Lapauvre
bergerette
Reste
seule à pleurer.
C'est un des chants les plus beaux du recueil avec son solo de cor anglais exprimant la solitude de l'amante. La voix et le cor anglais dialoguent plaintifs . La tension monte avec les cordes. Puis la solitude se fait plus sereine. Et le morceau se termine dans une tonalité grave.
Bela BARTOK: Danses roumaines
Si l'oeuvre de Bartok - à quelques exceptions près - demeura toujours imprégnée d'éléments populaires, il les utilisa de plusieurs manières différentes. Avant 1905, sous linfluence de Liszt, il compose des danses « stylisées » (rhapsodies). Entre 1907 et 1918 environ, il veut « munir la mélodie paysanne d'un accompagnement sans rien y changer, ou en la variant à peine, l'encadrant éventuellement d'un prélude et d'un postlude ». Dans la 3ème manière, des éléments de la chanson populaire sont utilisés dans ses oeuvres classiques. Bartok composa les « Danses roumaines » pour le piano en 1915, puis les transcrivit pour orchestre en 1917. Elles appartiennent à la seconde manière: la mélodie et le rythme sont authentiques et dans son harmonisation, Bartok respecte le caractère modal de la musique populaire.
Sept danses
se succèdent: Joc cu bâta (Danse au bâton), Brâul (Danse du châle) Pe
loc (Danse sur place), Buciumeana (Danse de la corne), Poarga romaneasca
(Polka roumaine), Maruntel (Danse rapide),Maruntel (danse rapide).
C'est
un crescendo rythmique, commençant par la placide Danse au bâton et se
terminant par les deux « Maruntel » de plus en plus rapides et rythmés.
Joseph CANTELOUBE . Quatre Chants d'Auvergne
La Fiolaïré (La fileuse)
Tant
quej'étais petite
Je
gardais mes moutons. Ti lirou lirou lirou
Pour
garder mes moutons
Il
me demande un baiser. Ti lirou lirou lirou
J'avais
une quenouille
Et
je pris un berger. Ti lirou lirou lirou
Je
ne suis pas ingrate
Au
lieu d'un j'en donne deux Ti lirou
Chanson de métier enjouée. De gracieuses et virevoltantes vocalises sont soutenues par des traits de l'orchestre enrichis d'onomatopées descriptives.
Lo Calhé (La caille)
« Eh!
dis-moi, la caille en quoi est-il ? »
« Il
est en poil de lièvre et de lapin ! »
« Eh
! dis-moi donc la caille, qu'ya-t-il dedans ? »
« Des
oeufs comme les autres mais plus jolis ! »
Bourrée évoluant dans une délicieuse atmosphère champêtre, campée par un long solo instrumental et deux interludes très libres.
Brezairola (Berceuse)
Le petit
ne s'endort pas ! Oh
Sommeil,
descends, descends, vite
Sommeil,
viens donc par ici!
Mais
il ne veut pas venir
L'enfant
ne veut pas dormir
Sommeil,
descends, descends vite;
Sommeil,
viens donc vers l'enfant! Oh
Viens,
viens, sommeil, sommeil, descends
Il
arrive, le -voici, le pauvre
Il
arrive, le voici!
Et
l'enfant veut s'endormir Ah!
La Berceuse est introduite par un solo instrumental charmeur. L'orchestration est légère, dans un environnement tendre. Le refrain « Souri, souri, béni, béni » est de plus en plus murmure.
Lou Boussu (Le Bossu)
Vient
à passer un bossu
Et
il la regarde,
Et
il la regarde ci,
Et
il la regarde là,
Et
il la regarde !
Ah !
gentille Jeanneton
Veux-tu
être mienne ?
Veux-tu
être mienne ci,
Veux-tu
être mienne là,
Veux-tu
être mienne ?
Et pour
que je sois à vous,
Coupez
votre bosse !
Coupez
votre bosse ci,
Coupez
votre bosse là,
Coupez
votre bosse !
Aïe!
Au diable Jeanneton
Je
garde ma bosse !
Je
garde ma bosse ci,
Je
garde ma bosse là,
Je
garde ma bosse !
L'instrumentation esquisse la marche cahotante du petit homme. La réponse de Jeannette, impitoyable, est rendue par un accompagnement suggestif