Orchestre Régional d'AUVERGNE

 
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Document de présentation distribué lors du Concert ,

 

CONCERT DU 22 JUILLET 2001
     FORGES DE TRONCAIS
ORCHESTRE REGIONAL DAUVERGNE

Direction: Arie van Beek
Solistes: Svetlin Roussev, violon
Marie-Belle Sandis, soprano



L'ORCHESTRE D'AUVERGNE créé en 1981 est l'une des meilleures formations de chambre Européennes. Il s'est produit à plusieurs reprises au Japon, en Allemagne, aux EtatsUnis, en Espagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Corée, en Italie, en Tchécoslovaquie, en Turquie, au Maroc. En France, il a été accueilli dans les plus grands Festivals: Evian, Saint-Riquier, La Chaise Dieu, La Roque d'Anthéron, Besançon, Prades....et autres lieux d'élection. Sa notoriété tient également à la grande diversité de son répertoire : 900 oeuvres de musique baroque, classique. ou contemporaine. Il a été dirigé par d'éminents chefs: entre autres Roberto Benzi, Emmanuel Krivine, Jean-Claude Magloire, Victor Liberman, JeanJacques Kantorow (de l985 à 1994). Fort de sa reconnaissance internationale, l'Orchestre a joué avec les plus grands interprètes. Durant ces dix dernières années, il a procédé à l'enregistrement de 20 CD.


 
 
 
Arie van BEEK chef d'orchestre néerlandais, a étudié la percussion et a travaillé durant quatre années comme percussioniste dans les orchestres radiophoniques du Nederlandse Omroep Stichting. Il a étudié la direction d'orchestre, entre autre avec Edo de Waart et David Porcelijn. Directeur musical de l'Orchestre d'Auvergne depuis novembre 1994, il..est aussi chef principal de l'Ensemble" De Doelen ", spécialisédans le répertoire du XXème siècle. Attaché au Conservatoire supérieur de Rotterdam, il dirige plusieurs groupes instrumentaux avec lesquels il a créé des projets spéciaux (Berlioz-Boulez, Monteverdi-Berio). Chef invité dans de nombreux orchestres en Europe et en Argentine, il a réalisé de nombreux disques pour EMI, BIS, Olympia, Channel Classics et Donemus.  
 
 
 


 
Svetlin ROUSSEV est né en 1976 en Bulgarie. Il a étudié le violon durant dix années à l'Ecole de musique de Roussé (Bulgarie) et en 1991 est entré au Conservatoire national Supérieur de Paris où il a travaillé avec Gérard Poulet, Dévy Erlih et Jean-Jacques Kantorow. Il y a obtenu en 1994 le ler Prix de Musique de chambre et le ler Prix de violon avec félicitations du Jury. En 1998, il est entré à l'Ecole Normale de musique dans la classe de Dévy Erlih. Titulaire de nombreux prix internationaux: Marguerite Long-Jacques Thibaud, Melbourne, Indianapolis.... Il a joué en soliste avec les orchestres de Bulgarie, l'Orchestre Philharmonique de Bucarest, l'Orchestre National de chambre de Toulouse, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le Brussels Youth Orchestra, l'Indianapolis Symphony Orchestra et s'est produit en récital à travers l'Europe et en Asie. Il est l'une des Révélations Classiques de l'ADAMI 2000 (Midem de Cannes). En avril 2000, il a été nommé violon solo de l'Orchestre d'Auvergne.


 
Marie-Belle SANDIS a obtenu à l'âge de 16 ans le diplôme de formation musicale (piano, solfège, chant choral) au Conservatoire National de Région de Marseille. Elle s'est ensuite toumée vers un cursus scientifique sanctionné par un diplôme d'ingénieur. Pendant quatre ans elle est ingénieur commercial en informatique et, parallèlement, commence des études de chant avec Hannelore Nagorsen. En 1994, elle est admise à l'Ecole d'art lyrique de l'Opéra de Paris où elle travaille avec Denise Dupleix. Elle, choisit alors de se consacrer exclusivement à son art.A l'Opéra national de Lyon, d'abord stagiaire, puis membre de la troupe de 1996 à 2000, elle incarne, entre autres : Chérubin (Les Noces de Figaro), Cupidon (Orphée aux enfers), L'Enfant (L'Enfant et les Sortilèges), le chien Upak (La petite Renarde rusée). Elle s'y produit régulièrement en récitals et en concerts. Elle participe aux sessions de travail de Royaumont et collabore régulièrement avec l'Orchestre d'Auvergne.


LE   PROGRAMME

Antonio VIVALDI ( 1678 - 1741 ) - Les Quatre Saisons

Ces quatre concertos, les plus célèbres parmi les quelques 500 composés par Vivaldi, ont toujours connu le succès: avant même leur publication (en 1725), ils étaient déjà fort appréciés par le Comte Morzin, leur dédicataire. En 1728, ils furent joués plusieurs fois à Paris au Concert Spirituel, et en 1730 Louis XV réclama qu'on lui fit entendre à  Marly « Le Printemps ». Ce dernier fit partie du répertoire des virtuoses les plus réputés, transcrit et copié tout au long du 18ème siècle, dans toute l'Europe.
Le Printemps, L'Eté, L'Automne et L'Hiver sont tous les quatre construits de façon classique en trois mouvements, avec opposition du « tutti » et du soliste, effusion lyrique dans les mouvements lents contrastant avec la carrure de l'allegro initial et l'allégresse du finale.
A l' intérieur de chaque mouvement, le tutti exprime la nuance dominante du morceau. C'est, en quelque sorte le gros oeuvre de la construction, les soli étant les divertissements modulants, les traits de virtuosité, les détails pittoresques (chants des oiseaux). C'est aussi le violon solo qui chante les belles cantilènes des Adagio et Largo.

Au déroulement de la composition classique se superpose l'élément descriptif Grand  virtuose du violon, Vivaldi était aussi homme de théâtre. Il savait créer une atmosphère et  représenter par sa musique des évènements mnaturels et surnaturels. Le goût de lépoque l'y portait. La succession des saisons avait depuis longtemps fourni aux musiciens l'argument de ballets. Dans la première édition des « Quatre saisons » publiée à Amsterdam en 1725, chaque concerto était précédé d'un sonnet descriptif, sorte de programme de l'oeuvre.

Le Printemps. Il est écrit en mi majeur, une tonalité lumineuse.

Premier Mouvement: Allegro
Voici le printemps, les oiseaux joyeux                    L'orage et les éclairs voilent l'azur
L'accueillent de leurs chants;                                  D'un noir manteau ;
La brise souffle,                                                        Puis le calme renaît et les oiseaux entonnent
La source coule en murmurant                               A nouveau leurs choeurs harmonieux.

Le tutti donne le ton: insouciante gaîté. C'est un refrain qui revient six fois et encadre les cinq couplets (soli). Le couplet du milieu, violent, évoque l'orage par d'énergiques unissons. Après le retour au calme, le chant des oiseaux est interprété par les cordes dans l'aigu
.
Second Mouvement: Largo e pianissimo sempre

Dans le pré fleuri, bercé
Le Chevrier repose avec son chien fidèle
Par le bruissement desfeuilles,

Trois éléments se superposent: le fond du tableau est un bruissement atténué de frondaisons (violons à la tierce) ; au-dessus, la cantilène du violon principal exprime la quiétude du dormeur ; au grave, l'alto représente le chien qui aboie, ainsi indiqué par Vivaldi: « Il cane che grida, sempre moltoforte, e strappato».

Troisième Mouvement: Danza pastorale: Allegro

Aux sons joyeux de la musette,
Nymphes et bergers dansent
Pour fêter la splendeur du printemps

Dans le second solo, le violon principal imite la musette par un chant bien scandé, au-dessus d'une note « à vide » fàisant pédale
 

L'été. En sol mineur: douceur et mélancolie.

Premier Mouvement: Allegro non molto
De sonfeu implacable, le soleilpése sur l'homme         La brise soupire mais soudain
Et ses troupeaux, il embrase laforêt.                          Borée mugit et étouffe sa voix.
La tourterelle et le chardonneret répondent               Le bergerpleure d'effroi
A l'appel monotone du coucou                                    Il craint la bourrasque imminente

Le premier tutti crée une ambiance torride: sonorités étouffées, rythme accablé, que va déchirer, après un temps, le cri mécanique du coucou. Le tutti - vent et tempête - alterne avec les soli - chant de la tourterelle et du chardonneret. La plainte accablée du berger s'exprime dans une belle cantilène du violon.

Second Mouvement: Adagio - Presto

La peur de l'orage,
Du bourdonnementsourd des mouches affolées,
Arrache ses membres lassés aux douceurs du repos.

De nouveau la cantilène du violon berce le sommeil du berger, alternant avec le bourdonnement des mouches (tutti).

Troisième Mouvement: Presto

Hélas ! que ses craintes sontjustes
Le ciel tremble et s'enflamme
Et la grêle fauche lesfiers épis.

S'enchaînant avec la fin du 2ème Mouvement, le tutti traduit l'orage et la grêle comme au milieu du l' Allegro du Printemps. Dans les soli le violon virtuose participe à cette agitation par des gammes montantes et descendantes.

L'automne. En fa majeur, le ton est à la rusticité.

Premier Mouvement: Allegro

Les danses et les chants des villageois
Célèbrent l'abondante récolte.
Plus d'unenivré, s'abandonne au sommeil.

Le 1er tutti campe vigoureusement une scène de danses et de chants rustiques. Le solo reprend le thème, puis le choeur. Mais les paysans ont fêté Bacchus: l'ivresse qui les gagne se révèle par les traits désordonnés du violon solo. Vient alors, après une débauche de modulations, de roulades, de trilles, de brisures où l'ivrogne se déchaîne, un tutti qui fait réapparaître, transposé, le motif du choeur. Après une dernière incartade de l'ivrogne, celui-ci tombe dans un lourd sommeil, qui rappelle le sommeil du berger dans « L'été ». Puis soudain le refrain des joyeux buveurs fait irruption, comme pour réveiller en sursaut le camarade endormi.

Second Mouvement: Adagio molto

L'air sefaitplus clément
La saison invite aux chants
Aux danses, au repos

Cette fois, le sommeil est collectif; la partie de basse porte le sous-titre:Ubriachi dormienti (les ivrognes endormis). Ce n'est plus l'ivresse, mais une torpeur, un effet de demi-teinte obtenu par l'emploi des sourdines. Pas de mélodie véritable, mais une ligne veloutée des violons, tandis que le clavecin égrène les notes des accords tenus par l'orchestre.

Troisième Mouvement: Allegro
Dans l'aube nouvelle, le chasseur s'élance        La proie s'échappe,
Sur la trace du gibier                                        Epouvantée par le vacarme.
Avec son cor son fusilet ses chiens.                  Blessée, elle veut fuir mais elle meurt épuisée.

Le tutti claironne un thème de fanfare. Les soli représentent tantôt la sonnerie des cors (doubles-cordes sur le motif central du tutti), tantôt la fuite et les angoisses dé l'animal (triolets). Le tutti à son tour peint sa course affolée. Il est de plus en plus traqué; la basse devient haletante. Les traits des soli, d'abord ascendants, dégringolent d'une allure désespérée, comme pour marquer l'effondrement de la victime.

L'hiver. Fa mineur: c"est la désolation.

Premier Mouvement: Allegro non molto

Trembler au milieu des neiges glacées
Sous les coups forcenés de la bise
Courir en frappant le soi,
Claquer des dents

Le refrain dépeint la marche du piéton sur le sol gelé; le violon: le tremblement dû au froid. Avec le tutti arrive la tempête. Les traits de vélocité du violon : les attaques de la bise. La marche reprend son rythme, et, de nouveau le tremblement puis le claquement des dents qu'évoquent les notes répétées des violons.

Deuxième Mouvement: Largo

S'asseoir au coin dufeu, heureux et calme,
Quand au dehors la pluie inonde l'univers,
Marcher à pas lents sur la glace,
Attentif; virevolter, glisser, tomber.
 C'est une belle et placide mélodie évoquant la joie et la sérénité « au coin du feu ». L'accompagnement en pizzicati représente la pluie qui bat au dehors.

Troisième Mouvement: Allegro
S'élancer à nouveau                        Entendre le déchaînement des vents furieux
Et courrir                                        Voilà l'hiver.
Jusqu'à la crevasse ouverte            Avec sesjoies.

La marche sur la glace: démarche prudente et pleine d'appréhension avec des chutes. C'est ensuite une course effrénée, puis le sifflement du vent dans l'aigu du violon tandis que grondent les basses. Un moment de calme, comme un repli devant les éléments hostiles, puis reprise de la course et déchaînement du vent. L'oeuvre s'achève dans la beauté de cette tempête.

ENTRACTE

Benjamin BRITTEN ( 1913 - 1976 ): 4ème mouvement Simple Symphony.

Classique, indépendant, doué d'un humour solide, mais jamais révolutionnaire, Britten composait avec une facilité étonnante. Sa première oeuvre marquante, une Sinfonietta, fut jouée en concert public en 1933. La Simple Symphony suivit de près: 1934.
Pourquoi ce titre ? Parce quelle est construite simplement en 4 brefs mouvements, et parce que Britten y fait usage de thèmes empruntés à des pièces écrites dans son adolescence - entre 9 et 12 ans -, matériau un peu frustre réemployé ici avec un autre métier et une élégance charmeuse. Chaque mouvement porte un titre. Le 4ème est un Frolicsome Finale (« Finale espiègle »), allegro de sonate à deux thèmes, très classique de forme et de style. Après une entrée en fanfare, le ler thème au rythme exubérant court d'une voix et d'un instrument à l'autre comme dans une partie de cache-cache. Le second, plus chantant, calme le jeu, et les deux s'entremêlent dans le développement. Après une montée crescendo, la réexposition est suivie d'une coda « enlevée » et d'une brève conclusion qui stoppe net ce galop.

Joseph CANTELOUBE ( 1879 - 1957 ) Trois Chants d'Auvergne

Au 19ème siècle et au début du 20ème, plusieurs musiciens « classiques » s'intéressèrent au folklore de leur  pays, recherchant les mélodies, les danses et les rythmes populaires. En Russie, dès la lère moitié du 19ème, Glinka imprégnait son langage de tournures mélodiques populaires. Après lui, Rimski-Korsakov publia en 1878 un Recueil de cent chants populaires russes dont de nombreux thèmes se retrouvent dans ses compositions. En Hongrie, Kodaly et Bartok entreprirent une recherche commune sur les traditions musicales populaires, qui aboutit à la publication d'importants recueils, véritable somme d'ethnomusicologie: plus de 8000 chants populaires hongrois, roumains, slovaques, mais englobant également toutes les contrées balkaniques et même la Turquie et l'Afrique du Nord. En Espagne, Pedrell consacra sa vie au recensement du chant populaire dont s'inspira Manuel de Falla.

En France, Vincent d'Indy fut l'un des premiers à prêter une grande attention à l'art populaire.Il réunit un grand nombre de chansons vivaraises et les utilisa dans sa musique symphonique et dans de nombreuses mélodies.
Il eut une grande influence sur Joseph Canteloube, dont la famille était également originaire du Massif Central. Né à Annonay, celui-ci gardait un souvenir indélébile des longues promenades qu'il effectua avec son père dans les villages montagnards de l'Auvergne. Il entendit les refrains des danses locales et des chants populaires, tradition encore bien vivante à cette époque. C'est sa rencontre avec Vincent d'Indy en 1902 , qui marqua un tournant dans sa carrière de musicien, le poussant à « monter » à Paris pour suivre les cours de la Schola Cantorum, où il reçut une formation technique rigoureuse. En même temps, il commençait de collectionner les chansons en patois, principalement dans le Cantal, l'Aveyron et le Lot. C'est en 1923 qu'il entreprit la composition des cinq séries de ses « Chants d'Auvergne ». Il a arrangé ou harmonisé quantité d'autres chants populaires (Haut-Quercy, Champagne, Touraine) mais seules les cinq séries des Chants d'Auvergne ont atteint à une notoriété mondiale, suscitant même un film américain (1955) et maintes chorégraphies. S'il conserve intacte les mélodies paysanne, il les intègre à un système harmonique très raffiné en les dotant d'accompagnements très recherchés et en les parant d'une orchestration luxuriante. Il en fait de véritables tableaux d'inspiration pastorale, dans un style personnel où l'on retrouve l'influence de Vincent d'Indy et de Claude Debussy.

Les musiciens de l'Orchestre d'Auvergne demandèrent au compositeur Jean-Guy BAILLY d'en faire une transcription pour hautbois, cor anglais et orchestre à cordes. La création eut lieu en 1986 à ATHANOR à Montluçon. Dam cette transcription, l'Orchestre d'Auvergne a interprété les « Chants d'Auvergne » dans le monde entier et les a enregistrés en 1992 avec la soprano américaine Marvis MARTIN, en prélude à la tournée aux Etats-Unis programmée avec elle, 26 concerts de Miami à New-York en remontant toute la côte Est.

Obal din lou Limouzi (Là-bas dans le Limousin) est une bourrée recueillie à Maurs dans le Cantal, un jour de fête votive.
Traduction en français :

Là-bas dam le Limousin, petit
Là-bas. dans le Limousin
S'il y a dejolies filles, eh! oui!eh! oui!
S'ily a dejoliesfilles, ici aussi !

Galant, si les jeunes filles
Sont belles dans ton pays
Les hommes de chez nous, en Limousin,
Les hommes nous aiment bien tendrement!

Là-basdans te Limousin, petit
Plus tendres sont les galants
Mais ici en Auvergne, dans mon pays.
Les hommes vous aiment pIus fîdèlement

Cette danse typiquement auvergnate est introduite par un chant de cor anglais un peu mystérieux, Le rythme de bourrée arrive avec les premiers mots du chant. L'accompagnement de l'orchestre et les interludes évoquent la « cabrette » et les sabots des danseurs.

Pastourelle
Traduction en français :

« Ah ! viens auprès de moi
Et passe la rivière !
Viens donc de ce côté,
Car d'affaires nous parlerons,
Et le restant dujour
Nous parlerons d'amour

« Mais  je ne puis passer
Comment pourrais-je faire
Je n'ai pas de bateau
Ni de pont pou rpasser l'eau
Ni même de berger
Qui m'aime fidèlement.

« Tu aurais vite un bateau
Si tu étais jolie
Tu aurais un pont d'arcades
Tu aurais même un berger
Qui te serait fidèle
jusqu'au tombeau »

L'orchestre suggère l'atmosphère originale du récit et son dialogue un peu perfide : mystérieux et rêveur dans l'introduction et le l' interlude, une nostalgie exprimée par les graves. Le ton change dans le 2ème interlude qui introduit le 3ème couplet, avec des volutes légères et ironiques. La conclusion retrouve le ton mystérieux et sombre du début.

La  Delaïssado (La Délaissée)

Une bergère attend là-bas en haut du bois
Celui qu'elle aime
Vais il ne vient pas

Il m'abandonne !Je ne voispas mon bien-aimé
Je me croyais aimée,
Et je l'aime tant ! »

Quand paraît l'étoile, l'étoile annonçant la nuit,
Lapauvre bergerette
Reste seule à pleurer.

C'est un des chants les plus beaux du recueil avec son solo de cor anglais exprimant la solitude de l'amante. La voix et le cor anglais dialoguent plaintifs . La tension monte avec les cordes. Puis la solitude se fait plus sereine. Et le morceau se termine dans une tonalité grave.

Bela BARTOK: Danses roumaines

Si l'oeuvre de Bartok - à quelques exceptions près - demeura toujours imprégnée d'éléments populaires, il les utilisa de plusieurs manières différentes. Avant 1905, sous linfluence de Liszt, il compose des danses « stylisées » (rhapsodies). Entre 1907 et 1918 environ, il veut « munir la mélodie paysanne d'un accompagnement sans rien y changer, ou en la variant à peine, l'encadrant éventuellement d'un prélude et d'un postlude ». Dans la 3ème manière, des éléments de la chanson populaire sont utilisés dans ses oeuvres classiques. Bartok composa les « Danses roumaines » pour le piano en 1915, puis les transcrivit pour orchestre en 1917. Elles appartiennent à la seconde manière: la mélodie et le rythme sont authentiques et dans son harmonisation, Bartok respecte le caractère modal de la musique populaire.

Sept danses se succèdent: Joc cu bâta (Danse au bâton), Brâul (Danse du châle) Pe loc (Danse sur place), Buciumeana (Danse de la corne), Poarga romaneasca (Polka roumaine), Maruntel (Danse rapide),Maruntel (danse rapide).
C'est un crescendo rythmique, commençant par la placide Danse au bâton et se terminant par les deux « Maruntel » de plus en plus rapides et rythmés.

Joseph CANTELOUBE . Quatre Chants d'Auvergne

La Fiolaïré (La fileuse)

Tant quej'étais petite
Je gardais mes moutons. Ti lirou lirou lirou
Pour garder mes moutons
Il me demande un baiser. Ti lirou lirou lirou

J'avais une quenouille
Et je pris un berger. Ti lirou lirou lirou
Je ne suis pas ingrate
Au lieu d'un j'en donne deux Ti lirou

Chanson de métier enjouée. De gracieuses et virevoltantes vocalises sont soutenues par des traits de l'orchestre enrichis d'onomatopées descriptives.

Lo Calhé (La caille)

« Eh ! dis-moi, la caille, où est ton nid ? »
« Au pied de la bastide près du ruisseau! »

« Eh! dis-moi, la caille en quoi est-il ? »
« Il est en poil de lièvre et de lapin ! »

« Eh ! dis-moi donc la caille, qu'ya-t-il dedans ? »
« Des oeufs comme les autres mais plus  jolis ! »

Bourrée évoluant dans une délicieuse atmosphère champêtre, campée par un long solo instrumental et deux interludes très libres.

Brezairola (Berceuse)

Viens, viens, sommeil, sommeil, descends
Viens, sommeil, viens donc !
Viens, viens, sommeil, sommeil, descends
Viens d'où tu voudras !
Le sommeil n'arrive pas, le pauvre!
Le sommeil n'arrive pas.

Le petit ne s'endort pas ! Oh
Sommeil, descends, descends, vite
Sommeil, viens donc par ici!
Mais il ne veut pas venir
L'enfant ne veut pas dormir
Sommeil, descends, descends vite;
Sommeil, viens donc vers l'enfant! Oh

Viens, viens, sommeil, sommeil, descends
Il arrive, le -voici, le pauvre
Il arrive, le voici!
Et l'enfant veut s'endormir Ah!

La Berceuse est introduite par un solo instrumental charmeur. L'orchestration est légère, dans un environnement tendre. Le refrain « Souri, souri, béni, béni » est de plus en plus murmure.

Lou Boussu (Le Bossu)

Jeanneton sous un pommier
Se repose à l'ombre,
Se repose à l'ombre ci,
Se repose à l'ombre là,
Se renose à l'ombre.

Vient à passer un bossu
Et il la regarde,
Et il la regarde ci,
Et il la regarde là,
Et il la regarde !

Ah ! gentille Jeanneton
Veux-tu être mienne ?
Veux-tu être mienne ci,
Veux-tu être mienne là,
Veux-tu être mienne ?

Et pour que je sois à vous,
Coupez votre bosse !
Coupez votre bosse ci,
Coupez votre bosse là,
Coupez votre bosse !

Aïe! Au diable Jeanneton
Je garde ma bosse !
Je garde ma bosse ci,
Je garde ma bosse là,
Je garde ma bosse !

L'instrumentation esquisse la marche cahotante du petit homme. La réponse de Jeannette, impitoyable, est rendue par un accompagnement suggestif


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Quoi d'autre ?