Articles parus dans "La Montagne" les 27 juillet et 1er août 2001

LA CHAUSSÉE

De joyeux saltimbanques chez Footsbarn

Le Petit Théâtre de Pain a présenté, lundi soir, à un public venu en nombre, son spectacle intitulé «Mesclagne», à Maillet, sur les terres du Footsbarn. Une création pour le moins décalée et cosmopolite.

MONTLUÇON.- « Mélange », tel est le maître mot de cette troupe itinérante du Sud-ouest qui a présenté lundi soir, à La Chaussée, chez Footsbarn, son spectacle de rue. Maître mot tout d'abord parce que « Mesclagne », le titre de cette création, signifie en occitan « mélange». Maître mot ensuite parce que les comédiens ont des origines géographiques très différentes : du pays Basque en passant par la Bulgarie. Maître mot également car ils ont présenté un spectacle centré autour de trois pièces, toutes plus ou moins mêlées: « La naissance du jongleur » de Dario Fo, « L'Ours » de Tchékov, et « Ubu Roi » de Jarry. Mélange des tons, enfin, car balancés entre dramatique, grotesque ou burlesque.
Près de 200 personnes sont venues applaudir, lundi soir, ces comédiens à la palette de composition... plus que développée! Un spectacle digne d'une comédie musicale : musique, chants, théâtre, poésie, danse, pour ne citer que cela. Loufoques, grotesques, touchants, farfelus : on multiplierait les adjectifs que l'on ne pourrait cerner l'étendue de leur talent.
Le premier volet de cette création, « La naissance du jongleur», adapté par Dario Fo et réadapté par la troupe, se partage entre comique et dramatique : le public commence par rire du jongleur, surtout quand il caricature le « patron », c'està- dire le roi, venu lui ôter sa terre. Le rire se fait jaune, peu à peu, quand le jongleur dépeint le viol de son épouse, et sa propre tentative de suicide. Mais quelques notes de musiques plus tard, une grosse caisse, des cymbales, et la bonne humeur reprend ses droits. Le publie a d'ailleurs largement été mis à contribution pour parfaire cette bonne humeur : il en a fait des efforts pour suivre ces joyeux saltimbanques!


La troupe n'hésite pas à jouer sur les décalages et le burlesque pour provoquer le rire

FRANCHES RIGOLADES

Car la scène où les comédiens ont évolué ne ressemblait guère à une scène classique, c'est le moins que l'on puisse dire. En effet, la troupe avait installé deux scènes, l'une face au public, l'autre dans son dos. Mais, probablement en mal d'espace, les comédiens n'ont rien trouvé de mieux que «d'envahir» à plusieurs reprises les allées où le public s'était installé, donnant lieu a quelques «débordements» et autres franches rigolades.
Pour suivre (le rythme), les spectateurs se sont donc vu dans l'obligation de pivoter sur leurs bancs, de faire des allers-retours sur leurs chaises! Mais, loin de se plaindre, le public a été enchanté par tant de fantaisie. Pourtant malmené (une partie du parterre a en effet été « rafraîchie » par un seau d'eau lancé par-derrière, une autre bombardée par des boules de papier journal détrempées!) il en a même redemandé. Alors, pour le récompenser et pour « célébrer » le mariage concluant la pièce de Tchékov, la troupe a distribué gracieusement quelques boissons à son public.
Rafraîchi, le public s'est alors livré sans retenue aux facéties d'une multitude de personnages, que ce soit la vieille cocotte chantant « L'hôtel Borgne» et attendant un Elvis décadent, ou bien les personnages grotesques de la pièce de Jarry, ou encore la veuve russe éplorée de Tchékov et sonr «ours» de créancier.
Tantôt drôle, tantôt émouvant le spectacle s'est voulu universel, notamment à travers les chants résonnant en guise d'intermède : basques, russes, marocains, ou encore espagnols, ils ont scandé tout le spectacle. Et paradoxalement, c'est dans cette diversité comique et poétique qu'est née la cohérence d'un spectacle pour le moins jubilaloire!


Avant la représentation , le public prend place sur les
 bancs du Footsbarn pour deux heures de spectacle.



 

LA CHAUSSÉE

Un théâtre imaginatif pour la rue

Le petit théâtre de Pain part à la rencontre du public pour une représentation de leur création «Mesciagne», lundi 30 juillet, à 21 heures, chez Footsbam, à La Chaussée.. à Maillet. A ta fois musical, déambulatoire et sur tréteaux, le spectacle de rue prend une dimension fantasmagorique.

La troupe du petit théâtre de Pain assure une soirée énergique sur le lieu de rendez-vous habituel du Footsbam. Venus du Sud Ouest, ces jeunes comédiens seront tour à tour dans la rue et sur les tréteaux dans un spectacle intitulé de façon significative «Mesclagne » (mélange en occitan), à La Chaussée, à Maillet, lundi 30 juillet, à 21 heures (*).
Dans une ambiance de fête populaire au son des accordéons, des tanpur saaz, des percussions et des cuivres, la troupe accrochera le public au fil de ses poèmes chantés, textes d'auteurs joués, danses traditionnelles ou techno-rock, et des langues issues des quatre points cardinaux.
Pendants deux heures de spectacle, la fête s'organisera autour de trois pièces : l'Ours de Tchékov, Ubu roi d'Alfred Jarry, et à la Naissance du jongleur, un texte du Moyen Age adapté par Dario Fo et réadapté par le petit théâtre de Pain.
La comédie se construira autour de la mythologie des saisons, du feu, des dragons, des ours et des loups qui hantent l'imagerie et les traditions collectives. Tous les immigrés du monde sont source d'inspiration et côtoient les cultures paysannes et ouvrières.
Le mélange des genres répond à la diversité du groupe créé à Bordeaux : Basques, Anglais, Espagnols, et même une Bulgare. De quoi assurer un réel échange culturel au sein du groupe. Parmi eux également, Guillaume et Julie, deux comédiens de Footsbarn.
Le petit théâtre de Pain recrée un contact avec l'auditoire, contraint d'abandonner sa passivité face aux prises à parties et aux revendications. La troupe renoue ainsi avec un théâtre de rue sans en porter le nom. Ximun Fuchs, un des comédiens, d'origine basque, explique : « On ne se considère pas comme une vrai troupe de comédiens ambulants, mais on s'en inspire, c'est un esprit... »

(*) Prix des places, 70 et 50F.
Renseignements au 04.70.06.60.61.


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