Un hommage
a deux peintres
de «l'insolite
au quotidien »
La salle des fêtes de Hérisson accueille jusqu'au 22 juillet inclus, une rétrospective consacrée à de véritables notoriétés locales disparues il y a trois ans : Hélène et Jacques Gaulme. L'occasion était toute trouvée pour dévoiler, lors du vemissage, une plaque rebaptisant la salle des fêtes « Espace Jacques Gaulme ».
MONTLUÇON.
- « C'est avec émotion que je vous retrouve aujourd'hui pour rendre hommage
à mes parents disparus, Hélène Beaudon-Gaulme, en juillet 1997, et Jacques
Gaulme, 8 mois plus tard. » Ainsi Christine Gaulme-Mazoyer a-t-elle introduit
une exposition consacrée, en grande partie, à ses parents et qui a pu naître
grâce à la collaboration de Christian Delage, responsable de la Maison
des Loisirs, et de la commune de Hérisson, représentée par le maire, Bernard
Faureau.
Mais
la fille de ces artistes touche-à-tout n'a pas voulu s'en tenir là. « Il
m'a semblé rapidement qu'une exposition collective réunissant quelques-uns
des amis les plus chers de mes parents mettrait en évidence la place qu'ils
accordaient à l'amitié dans leur vie quotidienne ».
Ce
n'est donc pas un hasard si la vie quotidienne et l'amitié sont un des
fils directeurs d'une exposition centrée autour de « l'insolite au quotidien
». Le quotidien, tout d'abord, a été pour chacun de ces artistes une source
d'inspiration intarissable. Il suffit, par-exemple, de « goûter» à « La
vache qui rit » de Jacques Gaulme, toile qui superpose l'effigie éponyme
de ce fromage, de véritables étiquettes de vin et la peinture. Superposition
des matériaux, mais aussi, superposition des influences, selon la période.
Jacques
Gaulme s'est volontiers inspiré de mouvements aussi différents que l'impressionnisme,
le dadalisme ou le futurisme. C'est donc à juste titre que Christine Gaulme-Mazoyer
ajoutait à son propos : « La peinture de mon père est une auberge espagnole,
et chacun peut y voir ce qu'il cherche ». Mais ce caractère insolite et
souvent empreint d'humour laisse deviner des interrogations graves sur
le monde, en partie liées à la guerre, comme le soulignait René Varennes,
un fidèle ami du couple.
Le
quotidien a également beaucoup influencé Hélène Gaulme : en témoignent
de surprenantes gravures sur cuivre ou encore des dessins sur bristol se
voulant d'inspiration tantôt hyperréaliste, tantôt, au contraire, surréaliste.
En
ce qui concerne le second fil directeur de l'exposition, -l'amitié-, il
n'est qu'à observer le volume des oeuyres exposées par leurs
amis
pour comprendre à quel point ce sentiment pouvait dominer dans la vie de
tels personnages. Ce sont, en effet, 23 artistes parmi les plus proches
qui ont tenu à rendre hommage au couple, avec des oeuvres particulièrement
nombreuses et variées : les sculptures de Roger Lesage, une mosaïque d'Isabelle
Molina-Bardet, les nus de Daniel Bullion ou de Gilles Popy, les « Compositions
» d'André Veillas, mais encore les recueils, les romans et les revues de
Jacqueline Débordes, René Varennes ou de Michel Mazoyer, pour ne citer
que ceux-là.
Une
exposition pour le moins hétéroclite, qui fut aussi l'occasion pour la
niunicipalité de dévoiler une nouvelle
plaque rebaptisant la salle des fêtes « Espace Jacques Gaulme ». Car, de
l'avis général, Jacques Gaulme était un personnage à la fois original,
simple et attachant et qui méritait bien un tel hommage.
En
remerciement de ce témoignage d'amitié, Christine Gaulme-Mazoyer a tenu
à offrir à la mairie de la commune une toile de son père, un trompe-l'oeil,
dans lequel se distingue le château cher aux Hérissonnais.
On pourra y retrouver
les Académiciens du Vernet, avec lesquels Jacques et Hélène Gaulme exposèrent
pendant 50 ans. Jacques Gaulme ayant obtenu le Prix de l'Académie du Vernet
pour son roman « La bohème au demi-siècle ».
Parmi eux, les
habitués de Hérisson tels Maurice Boucard, Daniel Bullion, Roger Lanciaux,
André Veillas, le sculpteur André Tajana aujourd'hui disparu, et aussi
d'autres académiciens tels Claude Chabert, Robert Mazuel et Jean Prachinetti.
Parmi les amis
hérissonnais, avec lesquels Jacques et Hélène Gaulme ont exposé à la salle
des fêtes, à la maison « Mousse » ou au « Soupirail », on découvrira Tatiana
Durand, Roger Lesage, Isabelle Molina-Bardet, Gilles Popy et Philippe Wodianyk.
D'autres amis très proche seront également présents : le docteur Hubert
Beaufrère, Jean-Marie Chupin, Jean-Michel et David-Olivier Lartigaud.
De Montluçon
viendront Alain Bisson (avec lequel Jacques et Hélène Gaulme exposèrent
dans le cadre du « groupe des 9 »), et Christine Depeige. L'écriture ne
sera pas absente avec des écrivains tels que Jacqueline Debordes et René
Varennes.