Cet article est paru dans "La Montagne" du 22 Août 2001

PATRIMOINE MÉCONNU
 

Hérisson, des histoires pleines de piquant


Hérisson, c'est connu : son château, son église, Châteloy... Pourtant ses richesses s'étendent bien au-delà des sentiers battus, comme le prouve l'exposition que présente l'Office de tourisme de Montluçon cette semaine. Le château de Monchenin, le gué de Saint-Principin, le Saut- du-Loup, sont autant de rendez-vous manqués qui ne le seront plus désormais.
 

RENCONTRER les personnages légendaires sur le lieu même de leur consécration : c'est ce que rend possible l'exposition sur le patrimoine méconnu de Hérisson à l'Office de tourisme cette semaine. Les photos vues et revues du château et de l'église de Châteloy côtoient des sites dont la méconnaissance ne fait qu'augmenter le charme.

Paysage d'eau calme et de verdure, le Saut-du-Loup a inspiré le peintre Henry Harpignies qui l'a immortalisé de ses teintes sombres en 1875. Quant au Saut du loup, il doit son nom au brigand qui s'est rompu les os sur les pierres alors qu'il tentait de traverser pour échapper aux forces de l'ordre. Or, à l'époque, les « routiers » se camouflaient sous des peaux de loup.


Harpignies (1819 - 1916) a peint pendant 7 ans
les magnifiques paysages de Hérisson. Aujourd'hui,
ses oeuvres sont au Louvre, à New-York...
 

SITES ET LÉGENDES

« Les légendes alimentent la visite des sites qui sont plus symboliques que visuels », explique l'animatrice au patrimoine Chrystelle Blanchard. La remarque vise par exemple le rocher de Romier, un des points de triangulation qui a servi à Cassini pour l'établissement de la carte de France au XVIIII ème siècle. C'est là surtout  que, selon la légende, une femme pauvre et ses cinq enfants trouvèrent fortune le jour des Rameaux.
Non loin de là, la chapelle Saint-Etienne, du XVIème siècle, est classée monument historique depuis 1986. On l'appelle aussi la chapelle de « Mi-Voie», car elle se trouve à mi-chemin entre le bourg de Hérisson et Châteloy. Construite par Etienne Guilhemin en guise de sépulture, elle a accueilli pour la dernière fois un défunt en 1914.


Les villages et les châteaux ne se comptent plus sur la commune de Hérisson. Les grandes familles de notaires et de juges se sont fait un plaisir autrefois de bâtir ces monstres d'architecture. Sur la colline de Puybeau la chapelle du calvaire se démarque par la pietà sur la porte d'entrée.


Le château de Montchenin se voit de la route
de Louroux-Bourbonnais

Du site de Châteloy qui surrplombe l'Aumance, on peut voir le gué de Saint-Principin. Rien d'extraordinaire à première vue puisque c'est simplement une ligne de rochers qui permet de traverser la rivière hors de  périodes de crues. Mais chacun des rochers est né d'une goutte de sang versée par Principinus alors qu'il venait de se faire trancher la tête coupable de s'être fait baptisé. Ainsi a-t-il pu rejoindre l'église de Châteloy pour se faire enterrer par un aveugle dont il avait guéri la cécité.
Une source a jailli de l'endroit où sa tête est tombée. De toute part on vient chercher une bouteille d'eau pour soigner les yeux. " Il paraît que ça marche pour la conjonctivite", hasarde André Emmendoerffer, le premier adjoint.  Après tout, on ne sait jamais.



 
 


Le premier adjoint André Emmendorerffer et l'animatrice du patrimoine
Chrystelle Blanchard se frottent à des légendes qui "piquent" la curiosité.


Quoi d'autre ?