PATRIMOINE
MÉCONNU
Hérisson,
c'est connu : son château, son église, Châteloy... Pourtant ses richesses
s'étendent bien au-delà des sentiers battus, comme le prouve l'exposition
que présente l'Office de tourisme de Montluçon cette semaine. Le château
de Monchenin, le gué de Saint-Principin, le Saut- du-Loup, sont autant
de rendez-vous manqués qui ne le seront plus désormais.
RENCONTRER les personnages légendaires sur le lieu même de leur consécration : c'est ce que rend possible l'exposition sur le patrimoine méconnu de Hérisson à l'Office de tourisme cette semaine. Les photos vues et revues du château et de l'église de Châteloy côtoient des sites dont la méconnaissance ne fait qu'augmenter le charme.
Paysage d'eau calme et de verdure, le Saut-du-Loup a inspiré le peintre Henry Harpignies qui l'a immortalisé de ses teintes sombres en 1875. Quant au Saut du loup, il doit son nom au brigand qui s'est rompu les os sur les pierres alors qu'il tentait de traverser pour échapper aux forces de l'ordre. Or, à l'époque, les « routiers » se camouflaient sous des peaux de loup.
SITES ET LÉGENDES
«
Les légendes alimentent la visite des sites qui sont plus
symboliques que
visuels », explique l'animatrice au patrimoine Chrystelle Blanchard. La
remarque vise par exemple le rocher de Romier, un des points de triangulation
qui a servi à Cassini pour l'établissement de la carte de France au XVIIII
ème siècle. C'est là surtout que, selon la légende, une femme pauvre
et ses cinq enfants trouvèrent fortune le jour des Rameaux.
Non
loin de là, la chapelle Saint-Etienne, du XVIème siècle, est classée monument
historique depuis 1986. On l'appelle aussi la chapelle de « Mi-Voie», car
elle se trouve à mi-chemin entre le bourg de Hérisson et Châteloy. Construite
par Etienne Guilhemin en guise de sépulture, elle a accueilli pour la dernière
fois un défunt en 1914.
Le château
de Montchenin se voit de la route
de Louroux-Bourbonnais
Du site de
Châteloy qui surrplombe l'Aumance, on peut voir le gué de Saint-Principin.
Rien d'extraordinaire à première vue puisque c'est simplement une ligne
de rochers qui permet de traverser la rivière hors de périodes de
crues. Mais chacun des rochers est né d'une goutte de sang versée par Principinus
alors qu'il venait de se faire trancher la tête coupable de s'être fait
baptisé. Ainsi a-t-il pu rejoindre l'église de Châteloy pour se faire enterrer
par un aveugle dont il avait guéri la cécité.
Une source
a jailli de l'endroit où sa tête est tombée. De toute part on vient chercher
une bouteille d'eau pour soigner les yeux. " Il paraît que ça marche pour
la conjonctivite", hasarde André Emmendoerffer, le premier adjoint.
Après tout, on ne sait jamais.
Le premier adjoint André Emmendorerffer et l'animatrice du patrimoine
Chrystelle Blanchard se frottent à des légendes qui "piquent"
la curiosité.