Cet article est paru dans "La Montagne" du 7 août2001

VISITES D'ENTREPRISES

Le terroir directement du champ à l'assiette

La venue du mois d'août n'a pas interrompu les visites d'entreprises par la Chambre de commerce et d'industrie de Montluçon-Gannat-Portes-d'Auvergne. Vendredi, les touristes économiques, délaissant un temps les zones industrielles, ont profité d'une petite escapade à la campagne pour s'aventurer dans la ferme-auberge de La Quécoule, sur la commune d'Hérisson. Un haut lieu eu de la gastronomie du terroir et de l'agriculture biologique.

DANS un cadre campagnard et verdoyant, à quelques pas d'Hérisson, la ferme-auberge de La Quécoule propose aux hôtes de sa table les spécialités de la ferme : boeuf biologique, pâté aux pommes de terre, terrine maison, agneaux et volailles. La quasi-totalité des produits servis provient de l'exploitation. Un gage d'authenticité et de goût.
Agriculteurs depuis bientôt un quart de siècle, Viviane et Ludovic Bénard se sont lancés dans la grande aventure biologique il y a bientôt dix ans. à La Quécoule depuis 1989, le couple se consacre d'abord à la culture extensive. En 1992, virage à 180° et passage au « bio ».
Explication : « Nous produisons peut-être moins qu'avant, mais au moins, nous savons ce que nous produisons. Et puis, l'un dans l'autre, nos revenus n'ont pas diminué. L'agriculture biologique est moins subventionnée et le rendement est plus faible, mais, en contrepartie, nous supportons moins d'investissement en matière d'engrais et de pesticide. »
Pour l'heure, le modèle « bio » fonctionne et c'est la tête plein de projets d'extension (une porcherie, un point de vente directe ... ) que Viviane et Ludovic Bénard faisaient visiter, vendredi, leur ferme à un groupe convié par la CCI Montluçon-Gannat. Sur les 90 ha de l'exploitation, 37 sont consacres au foin, ce qui représente 600 à 700 grandes bottes rondes. Le reste des champs permet aux troupeaux bovins et ovins, deux cents têtes en tout, de paître en toute tranquillité. La ferme comprend aussi un grand jardin potager et un poulailler. Ce dernier, à la différence de l'élevage de vaches et de moutons, n'est pas « bio ». « La place nous manque pour répondre aux normes européennes. Le poulailler est trop petit et lorsque les poules sont en liberté, elles se font écraser par les voitures. » C'est pourquoi, la ferme-auberge de La Quécoule ne se limite pas seulement au « bio » mais prône aussi les produits fermiers, appréciés par les clients.
80 % de la viande produite à La Quécoule est cédée à un négociant. Le reste est servi aux hôtes de l'auberge. La ferme fonctionne en cercle fermé : les bêtes produisent du fumier, le fumier enrichit la terre et permet la poussée de beaux légumes, qui sont ensuite servis à table en accompagnement de la viande. Dans ce cycle naturel, aucun élément chimique n'est le bienvenu. Seuls quelques pesticides à base de plantes et un peu de bouillie bordelaise protègent les récoltes des intrus.
L'an dernier, l'établissement a servi 5.000 repas, un joli succès. « L'auberge représente beaucoup de travail. Nous recevons exclusivement sur réservations. Les clients sont souvent étonnés que nous soyons complets. Ils ne se rendent pas compte de ce que le travail de la ferme peut représenter. »
 
 


Les visiteurs de la CCI traversent l'étable un peu déserte.
En effet, les bêtes p aissent dans leschamps.

(*) Ferme-Auberge La Quécoule, 03190 Hérisson; tél :04.70.06.88.16;
sur réservations seulement, les week-ends et jours fériés, du mercredi au dimanche en juillet- août. 


Prochaines visites d'entreprises organisées par la CCI :
- le domaine de la Chaize (production de fleurs), aujourd'hui mardi 7 août à 14 heures;
- les thermes de Néris-les- Bains, mercredi 8 août à 17 heures,
- et ceux de Bourbon- l'Archambault, jeudi 9 août à 15 heures.
Renseignements et réservations au 04.70.02.50.52.


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