Le terroir directement du champ à l'assiette
La venue du mois d'août n'a pas interrompu les visites d'entreprises par la Chambre de commerce et d'industrie de Montluçon-Gannat-Portes-d'Auvergne. Vendredi, les touristes économiques, délaissant un temps les zones industrielles, ont profité d'une petite escapade à la campagne pour s'aventurer dans la ferme-auberge de La Quécoule, sur la commune d'Hérisson. Un haut lieu eu de la gastronomie du terroir et de l'agriculture biologique.
DANS un cadre campagnard et
verdoyant, à quelques pas d'Hérisson, la ferme-auberge de La Quécoule propose
aux hôtes de sa table les spécialités de la ferme : boeuf biologique, pâté
aux pommes de terre, terrine maison, agneaux et volailles. La quasi-totalité
des produits servis provient de l'exploitation. Un gage d'authenticité
et de goût.
Agriculteurs depuis bientôt
un quart de siècle, Viviane et Ludovic Bénard se sont lancés dans la grande
aventure biologique il y a bientôt dix ans. à La Quécoule depuis 1989,
le couple se consacre d'abord à la culture extensive. En 1992, virage à
180° et passage au « bio ».
Explication : « Nous produisons
peut-être moins qu'avant, mais au moins, nous savons ce que nous produisons.
Et puis, l'un dans l'autre, nos revenus n'ont pas diminué. L'agriculture
biologique est moins subventionnée et le rendement est plus faible, mais,
en contrepartie, nous supportons moins d'investissement en matière d'engrais
et de pesticide. »
Pour l'heure, le modèle «
bio » fonctionne et c'est la tête plein de projets d'extension (une porcherie,
un point de vente directe ... ) que Viviane et Ludovic Bénard faisaient
visiter, vendredi, leur ferme à un groupe convié par la CCI Montluçon-Gannat.
Sur les 90 ha de l'exploitation, 37 sont consacres au foin, ce qui représente
600 à 700 grandes bottes rondes. Le reste des champs permet aux troupeaux
bovins et ovins, deux cents têtes en tout, de paître en toute tranquillité.
La ferme comprend aussi un grand jardin potager et un poulailler. Ce dernier,
à la différence de l'élevage de vaches et de moutons, n'est pas « bio ».
« La place nous manque pour répondre aux normes européennes. Le poulailler
est trop petit et lorsque les poules sont en liberté, elles se font écraser
par les voitures. » C'est pourquoi, la ferme-auberge de La Quécoule ne
se limite pas seulement au « bio » mais prône aussi les produits fermiers,
appréciés par les clients.
80 % de la viande produite
à La Quécoule est cédée à un négociant. Le reste est servi aux hôtes de
l'auberge. La ferme fonctionne en cercle fermé : les bêtes produisent du
fumier, le fumier enrichit la terre et permet la poussée de beaux légumes,
qui sont ensuite servis à table en accompagnement de la viande. Dans ce
cycle naturel, aucun élément chimique n'est le bienvenu. Seuls quelques
pesticides à base de plantes et un peu de bouillie bordelaise protègent
les récoltes des intrus.
L'an dernier, l'établissement
a servi 5.000 repas, un joli succès. « L'auberge représente beaucoup de
travail. Nous recevons exclusivement sur réservations. Les clients sont
souvent étonnés que nous soyons complets. Ils ne se rendent pas compte
de ce que le travail de la ferme peut représenter. »
Les visiteurs de la CCI
traversent l'étable un peu déserte.
En effet, les bêtes
p aissent dans leschamps.
(*) Ferme-Auberge
La Quécoule, 03190 Hérisson; tél :04.70.06.88.16;
sur réservations
seulement, les week-ends et jours fériés, du mercredi au dimanche en juillet-
août.
Prochaines
visites d'entreprises organisées par la CCI :
- le domaine
de la Chaize (production de fleurs), aujourd'hui mardi 7 août à 14 heures;
- les thermes
de Néris-les- Bains, mercredi 8 août à 17 heures,
- et ceux
de Bourbon- l'Archambault, jeudi 9 août à 15 heures.
Renseignements
et réservations au 04.70.02.50.52.