MUSIQUE EN BOURBONNAIS
MONTLUÇON. -
36 ans, c'est l'âge du Festival de Musique en Bourbonnais, qui rassemble
chaque, été les amoureux de la musique de chambre dans l'église de Châteloy.
C'est aussi l'âge du quatuor Talich, fondé
à Prague en 1965 par le violoniste Jan Talich, fils de l'un des grands
chefs d'orchestre du XXème siècle, Vaclav Talich, qui refermera le festival,
samedi 18 août, à 17 heures, à Châteloy.
Tchèques : les
violonistes JanTalich Jr et Valdimir Bukac, l'altiste Jan Talish, et le
violoncelliste Petr Prause, ouvriront le concert, par une élégie pleine
d'émotion, « Chrisantenni », écrite par Giacomo Puccini à la mémoire du
Duc d'Aoste. Ils poursuivront par la toute dernière oeuvre de Félix Mendelssohn,
le quatuor en fa écrit lorsqu'il apprit la mort de sa soeur Fanny en 1847,
l'une des pages les plus saisissantes et les plus profondes du compositeur
qui traduit merveilleusement la rencontre des accents de la musique Tchèque
et de celle des tribus indiennes du fond de l'Iowa qu'il découvrait à la
fin du siècle dernier..
Enfin, le public
pourra applaudir le célèbre Quatuor - Américain » d'Anton Dvorak
Talich en clôture à Châteloy
Cet après-midi à 17 heures, à l'église de Châteloy, le quatuor à cordes Talich referme le 36ème festival de Musique en Bourbonnais.
Jan Talich JR
et Vladimir Bukac, violons; Jan Talich, alto; Petr Prause, violoncelle;
concluront ce soir à 17 heures, en l'église de Châteloy près d'Hérisson,
la 36ème édition du festival Musique en Bourbonnais.
Les quatre musiciens
tchèques du groupe Talich présenteront trois pièces : « Chrisantémi», une
élégie pour quatuor à cordes de Giacomo Puccini; le quatuor en fa mineur,
opus 80 de Félix Mendelssohn ; et le quatuor « Américain», en fa majeur
d'Antonin Dvorak. Le Quatuor Talich
doit son nom à Vaclav Talich, l'un des plus grands chefs d'orchestre du
XXèmesiècle, fondateur de la Philharmonie Tchèque. Son neveu, Jan Talich,
fonde le quatuor en 1964 avec trois étudiants du Conservatoire de Prague,
sous la direction de Josef Micka, qui a déjà formé le Quatuor Smetana.
En 1965, l'ensemble devient le Quatuor Talich. Jan Talich est alors 1er
violon.
En
1972, Jan Talich laisse le pupitre de 1er violon à Petr Messiereur et devient
l'altiste de l'ensemble. En 1997, c'est le fils de Jan Talich, Jan Talich
Jr, qui reprend ce poste. En 1997 également, Petr Prause, violoncelle solo
de l'Orchestre Symphonique de la Radio de Prague, remplace Evzen Rattay
à ce pupitre.
Le
Quatuor Talich participe régulièrement à toutes les manifestations musicales
de son pays, notamment bien sùr au Festival International du Printemps
de Prague. Depuis longtemps reconnu comme l'un
de meilleurs quatuors à cordes existants, il représente la musique tchèque
partout dans le monde depuis plus de trente ans et est invité dans les
plus grands festivals. Ses tournées l'amènent régulièrement aux Etats-Unis
(chaque année depuis 1994), au Japon et plusieurs fois par an en Europe.
Le Quatuor Talich
reçoit régulièrement de nombreuses récompenses pour ses enregistrements.
On peut citer un « Disque d'Or » chez Supraphon pour son intégrale Bartok,
plusieurs « Grands Prix du Disque » de l'Académie Charles-Cros, de nombreux
Diapasons d'or, notamment pour ses intégrales Mozart et Beethoven chez
Calliope. Le Quatuor Talich a également enregistré toute la grande littérature
tchèque pour quatuor à cordes.
Prix
des places, 110 F et 80 F (réduit). Réservations au 04.70.05.11.44 ou
04.70.06.80.17.
Le quatuor joue Puccini, Mendelssohn et Dvorak ce soir à Châteloy.
Le Quatuor
Talich en fête à Châteloy
Mélancolie
en La mineur et pizzicati frénétiques étaient au programme saamedi après-midi
pour la clôture de la 35ème édition du Festival de musique en Bourbonnais.
L'église de ChâteIoy recevait le Quatuor Talich pour un récitai mêlant
Puccini, Mendelssohn et Dvorak. Un épilogue en forme de bouquet final.
Les années se
suivent et la musique continue d'être f'êtée avec la même exigence au Festival
de musique en Bourbonnais. Audace et mise en avant des nouveaux talents
sont le credo de ses organisateurs, des passionnés qui travaillent pendant
des mois à réunir chaque année des artistes de tous les horizons.
Pour clore sa
35ème édition, le Festival a ainsi fait appel au talent pluriel du Quatuor
à cordes Talich. Tirant son nom du chef d'orchestre Vaclav Talich, l'un
des plus prestigieux du XXème siècle, cette formation musicale réunit son
petit neveu, Jan Talich Jr, ainsi que trois autres virtuoses, tous originaires
de Prague. Petr Macecek joue du violon, Vladimir Bukak de l'alto et Petr
Prause du violoncelle. Tous les trois accompagnent Jan Talich Jr qui a
succédé à son père comme 1er violon.
Entre émotion et légèreté, le Quatuor Talich a offert au public
du festival un dernier concert plein de virtuosité
DÉFENSE DUN RÉPERTOIRE
D'une grande
homogénéité, l'ensemble a gagné ses galons en participant régulièrement
au festival International du Printemps de Prague tout en multipliant les
tournées à travers le monde. « Notre but est de représenter de la manière
la plus honnête la musique tchèque », précise Vladimir Bukak, dernière
recrue du Quatuor Talich, qui a rejoint cette formation il y a deux ans.
Le répertoire tchèque est il est vrai toujours à redécouvrir, même si l'ensemble
n'hésite pas à défendre des musiques d'autres horizons comme cette étonnante
pièce de Puccini que les musiciens ont livré lors du récital qui a su porter
l'adhésion du public. Débutant le concert par la pièce en question, « Chrisantemie
», le Quatuor Talich a fait découvrir un Puccini peu connu, celui d'avant
«La Bohème » ou « Turandot » et dont l'écriture musicale évoque Smetana.
Une vraie découverte avec cette élégie pour quatuor à cordes pleine de
nervosité et de lyrisme.
Abordant ensuite
Mendelssohn, l'ensemble a donné une version particulièrement émouvante
et virtuose de son Quatuor en Fa mineur, Les cordes ont d'abord résonné
comme des plaintes douces, avant d'être brisées par
le le, violon. Écrite après la mort de sa soeur Fanny, la partition de
Mendelssohn est un cri de douleur.
Les instrumentistes
ont su respecter cette musique faite de tension et de fureur en s'adonnant
par moment à une joute orchestrale où les cordes se répondaient tour à
tour avec frénésie. Une virtuosité toute au service de l'émotion.
VERS LA LUMIÈRE
Après un court
entracte où artistes et spectateurs ont pu prendre le frais et se désaltérer
dans les jardins de la paroisse, chacun a regagné sa place pour assister
à la fin du récital.
La suite du
programme a mis à l'honneur la musique de Dvorak. Toujours dans les tonalités
mélancoliques, le Quatuor en Fa majeur évolue néanmoins sur un rythme de
danse, ce qui a permis à la formation tchèque d'imprimer à la fin du concert
un climat de fête.
Si le morceau
s'ouvre d'abord sur des thèmes nostalgiques, en forme de berceuse, il prend
dès le deuxième mouvement des allures de blues. Le Quatuor Talich s'est
alors attaché à traduire ces influences exotiques en se livrant à des duels
en miroir sur une cadence endiablée, avant, de conclure à l'unisson sur
une coda pleine de lumière.
Bissés, les
musiciens l'ont été à deux reprises, revenant interpréter de bon coeur
deux extraits de pièces de Mendelssohn, cette fois-ci résolument placées
sous le signe de la légèreté.
Le Quatuor Talich
a ainsi offert au festival un bouquet final plein d'allégresse et le concert
s'est conclu sous une pluie d'applaudissements. L'orage était passé au
loin, la musique l'avait une nouvelle fois emporté.
Un petit tour en coulisses
« Je
souhaite que ce concert soit surtout pour vous un moment de bonheur »,
conclu Françoise Denizet. La présidente de l'association Festival de musique
en Bourbonnais vient d'achever son discours et descend de l'estrade. Un
récital ne comfrience jamais sans quelques mots à l'adresse du public,
c'est désormais une tradition.
A la suite d'Irmgard
Cacheux et Bernadette Roux, Françoise Denizet a su perpétuer l'esprit du
festival par une programmation riche et variée. « C'est le travail de toute
une année, précise Thierry Leroy, vice président de l'association. Les
artistes doivent être disponibles à cette date, mais ce n'est pas tout...
Nous devons également nous adapter à la flambée des cachets », commente
Françoise Denizet. Et la présidente d'ajouter que « les organisateurs doivent
maintenir la qualité malgré la cessation de l'aide de la DRAC (Direction
Régionale des Affaires Culturelles ». Un coup de pouce qui fait aujourd'hui
cruellement défaut.
Face à un budget
de plus en plus serré, l'association ne désarme pourtant pas et a décidé
de se tourner dès cette rentrée vers le Conseil général et vers la Communauté
de communes.
Pour autant,
la programmation n'a pas cédé en qualité, loin s'en faut. Et le public
était au rendez-vous.
DE NOUVEAUX TALENTS
Plus de 1200
personnes se sont en effet déplacées tout au long du festival. Cinq soirées
plus loin, les organisateurs péuvent se féliciter de leur audace. Les musiciens
sont jeunes, pas forcément très connus, mais le talent est là et le public
suit. Des Pays-Bas et d'Angleterre, qui plus est.
Les spectateurs
ont eu l'occasion de goûter à un programme des plus variés qui a commencé
le 22 juillet aux anciennes forges de Tronçais. Sous la direction d'Arie
van Beek, l'orchestre dAuvergne a fait un succès avec les Quatre Saisons
de Vivaldi, suivi de quelques pièces de Britten, Canteloube et Bartok.
Le festival s'est poursuivi avec un récital de piano, le 29 juillet, où
la soliste Mika Akima a donné un récital plein de poésie virtuose en interprétant
ClIémanti, Mozart et Chopin.
Le 5 août, le
public a rendu visite au siècle romantique en effeuillent les plus belles
pages de Brahms, Beethoven et Schuman, avec Claire Desert, Pascal Maragues
et Gustav Rivinus.
Après un détour
par le siècle baroque, avec Haendel, Corelli et les Scarlatti en compagnie
de l'Ensemble Amarillis, les mélomanes de tous horizons ont achevé ce périple
musical en vibrant avec le Quatuor à cordes Talich et son interprétation
de Puccini, Mendelssohn et Dvorak. Un dermier récital marqué par la jeunesse
de ses interprètes et de nouvelles orientations qu'entendent bien conserver
les organisateurs, même si Françoise Denizet n'exclut pas d'accueillir
un jour Jordi
Savali. Un vieux rêve...