CONCERT du 11 AO UT 2002
EGLISE DE CHATELOY

DUO PIANO -VIOLON
Marie-Josèphe JUDE - Laurent KORCIA

LES ARTISTES

Née en 1968, Marie-Josèphe JUDE entre à 13 ans au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d'Aldo Ciccolini. Elle reçoit parallèlement les conseils de Jean Hubeau pour la musique de chambre et aussi ceux de Gyorgy Cziffra. A 16 ans, elle obtient un Premier Prix de piano au CNSM et une licence de concert de harpe à l'Ecole Normale de musique de Paris. Egalement couronnée en musique de chambre (1er Prix), elle est immédiatement admise en 3ème cycle dans la classe de Jean-Claude Pennetier.
En 1986, la rencontre avec Maurice Ohana en fait une de ses interprètes préférées et lui ouvre les chemins de la musique contemporaine, Elle perfectionne son art du piano classique et romantique en suivant les classes de Gyorgy Sebok. En 1989, elle est finaliste du Concours Clara Haskil. En 1995, elle obtient la Victoire de la Musique Classique dans la catégorie « Nouveaux Talents ».
Marie- Josèphe Jude a participé à de nombreux festivals: Montpellier, Sceaux, La Vézère, La Roque d'Anthéron, et à l'étranger: Bath (Angleterre), Québec, Lugano et Locarno (Suisse), Arjeplog (Suède), Kuhmo (Finlande), Brabant-Wallon ......
A Paris, elle s'est produite au Châtelet, au Musée d'Orsay, Salle Gaveau, Salle Pleyel, au Théâtre des Champs Elysées, à Radio-France.
Elle a été soliste de nombreux orchestres: Orchestre de Paris, Orchestre National de France, de Lyon, d'Ile de France; à l'étranger: Orchestre de l'Académie Chopin (Varsovie), BBC Scottish Orchestra, Orchestre symphonique de Bâle. Elle a joué sous la direction d'Emmanuel Krivine, Frans Brüggen, Charles Dutoit.....
Marie-Josèphe Jude est aussi une charribriste, confirmée. Elle s'est produite avec Jean-Jacques Kantorow, Henri Demarquette, Sonia Wieder-Atherton, Michel Portal, Pascal Moraguès. Elle joue régulièrement avec Jean-François Heisser (4 mains ou 2 pianos) dont elle est assistante au CNSM de Paris depuis 1997.
Elle enregistre en exclusivité pour « Lyrinx » (intégrale des ceuvres pour piano de Brahms, un CD de Mendelssohn). Avec J.F.Heisser, elle vient d'enregistrer des Valses et Danses Hongroises de Brahms chez « Naïve ».
Les extraits de presse qui lui sont consacrés reconnaissent « sa fougue naturelle », « un toucher merveilleux d'élégance, un style sans tapage et d'une très grande subtilité », « l'une des jeunes pianistes les plus mûres et passionnantes de sa génération ».
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Parrainé dès son plus jeune âge par Pierre Barbizet, Laurent KORCIA entre au CNSM de Paris à l'âge de 13 ans. Après deux Premiers prix et un 3ème cycle, il remporte à l'àge de 18 ans le Concours Paganini - ce qui lui vaut de jouer sur le Guarnerius de Paganini. Il travaille ensuite avec Félix Andrievsky au Royal College of music de Londres - où il se voit décerner en 1990 le « Queen Elizabeth Award for the most outstandincy contribution to the Royal College ». Grand Prix du Concours Jacques Thibaud, ler Grand Prix du Concours International Zino Francescatti, il remporte en 1990 le Concours « Young Concert Artist » de Londres. En 2002, il reçoit la prestigieuse récompense des Victoires de la Musique « Meilleur Soliste Instrumental ».
Laurent Korcia joue en soliste, avec l'orchestre National de France, porchestre Philharmonique de Radio France, les, orchestres Nationaux de Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille, Ile-de-France , le Royal Philharmonique Orchestra, le Westdeutscher Rundfunk de Kôln, l'English Chamber Orchestra, le Royal Danish Orchestra sous la direction, notamment de Yuri Ahranonovitch,` Serge Baudo, Sémyon Bychkov, Charles Dutoit, Emmanuel Krivine, Manuel Rôsenthal,Yutaka Sado ...
De nombreuses tournées le conduisent en Australie, au Japon, au Moyen-Orient, en Chine, en Egypte. Il est régulièrement invité à se produire à Paris, à Londres (Wigmore Hall, St John's Smith Square, Queen Elizabeth Square) et dans différents festivals: Radio-France, Montpellier, Rôma Europa, Brighton, Hong Kong, Perth, Wellington...
Laurent Korcia joue avec Nicolas Angelich, Jean-Efflam Bavouzet, Jein-Marc Luisada, Alain Planès, Georges Pludermacher... Il donne aussi des récitals pour violon seul dans un répertoire éclectique allant de Bach aux compositeurs contemporains,.
Créations mondiales (Sonate pour violon seul de Henze, Concerto pour violon « Exultet » d'Edith Canat de Chizy), musique du film « Le Journal d'Anne Franck »,participation au film « L'Art du violon », collaboration au spectacle « Achtertand » sur les Sonates d'Ysaÿe : Laurent Korcia apporte sa collaboration aux grand évènements culturels.
Parmi ses enregistrements: les Six Sonates d'Eugène Ysaÿe (Lyrinx) unanimement salué par la critique ; le Poème de Chausson; Bartok (Lyrinx) au moment où il reçoit le Prix Georges Enesco de la SACEM; chez RCA/BMG: « Tzigane », le violon d'Euro Centrale (Grand Prix de l'Académie Charles Cros), Récital consacré à la Musique française accompagné par Jean- Marc Luisada.
Laurenf Korcia joue actuellement sur le « Zahn », Stradivarius de 1719 qui lui est prêté par le groupe LVMH - Louis Vuitton-Moët-Hennessy

LE PROGRAMME

Johannes BRAHMS (1833-1897): Transcription pour piano de la Grande Chaconne de la Partita II pour violon seul de Jean-Sébastien BACH.
La Grande Chaconne de Bach a inspiré plusieurs pianistes: Mendelssohn, Brahms, Busoni. Brahms a recherché et trouvé un effet très particulier pour exprimer au piano l'émotion qu'il ressentait en l'écoutant telle que Bach l'avait écrite pour le violon: il l'a transcrite pour la main gauche seule, lui conservant ainsi quelque chose d'essentiellement violonistique. Dans une lettre à Clara Schumann, il explique cette interprétation: « Pour moi, la Chaconne reste le plus merveilleux, le plus extraordinaire morceau de musique. Sur une seule portée, avec un seul instrument se traduit tout un monde d'idées profondes et des plus puissantes émotions... Mais c'est une pièce qui vous invite à en faire quelque chose... Il n'y a pour moi qu'une seule façon de retrouver la vérité de l'oeuvre - vérité diminuée, certes, mais cependant approchée et tout-à-fait pure - c'est de la jouer pour la main gauche seule! Le même genre de difficultés, le même style de technique, les effets arpégés, tout cela concourt à me donner une impression violonistique ».

Robert SCHUMANN (1810-1856): lere Sonate pour violon et piano Op.105 en la mineur

Schumann a très peu écrit pour le violon. C'est seulement à la fin de sa vie qu'il lui consacre quelques oeuvres -. les deux Sonates pour violon et Piano en 1851, la Fantaisie et le Concerto avec orchestre en 1853.
La première Sonate fut composée entre le 12 et le 16 septembre 1851 à Dûsseldorf. Installé dans cette ville comme « Musik Director » en septembre 1850, il déploya d'abord une activité intense. Jouissant d'un répit relatif dans ses souffrances et ses troubles nerveux, il produisit sans trêve, revenant à toutes les formes qui avaient marqué son évolution: piano, lied, grandes Ouvertures, musique chorale et musique de chambre.
Cette première Sonate est très courte, et ne comporte que trois mouvements.
Le 1er Mouvement, « Mit Leidenschaftlichem » (Avec une expression passionnée) est sombre. Il commence par un motif obsédant du violon, qui va dominer tout le morceau. Le piano très agité accentue le caractère passionné, laissant place à quelques moments de lyrisme moins sombre.
Le 2ème Mouvement - exception dans l'oeuvre de Schumann - est pourvu d'un titre italien: Allegretto. C'est un rondo qui apporte tendresse et sérénité, contrastant avec le1er Mouvement. Le refrain a une tournure populaire, avec une ritournelle amusante. Le ler couplet est un chant confidentiel du violon. Après le retour du refrain, une danse tient lieu de second couplet.
Dans le 3ème Mouvement, « Lebhaft » ( Animé ), le violon se lance dans un mouvement perpétuel sans contour mélodique mais avec une carrure fortement marquée. Ce « galop » est coupé d'accords très affirmés. Il est interrompu au milieu du morceau par un motif très mélodique. Le mouvement perpétuel reprend alors jusqu'à la Coda où est rappelé le thème sombre du 1er Mouvement.

Leös JANACEK (1854 1928) : Sonate pour piano et violon

Après quelques oeuvres de jeunesse, pendant plus d'un quart de siècle (de 1880 à 1910), Janacek ne s'est plus intéressé à la musique de chambre, cherchant sa voie dans le domaine de l'opéra. C'est après la guerre de 1914-18, à soixante ans passés, qu'il devint un compositeur « moderne » enfin reconnu et qu'il composa une série de chefs-d'oeuvre d'une étonnante originalité. Sans doute était-il inspiré par deux évènements heureux: la création d'une Tchécoslovaquie indépendante pour laquelle il militait depuis son adolescence et son amour pour une toute jeune femme, Kamila Stosslova, rencontrée au cours de l'été 1914.
C'est justement en 1914 qu'il commença d'écrire la Sonate pour piano et violon. « J'ai écrit, dit-il, la Sonate pour violon au début de la guerre, quand nous attendions l'arrivée des Russes en Moravie » (A cette époque, il considérait les Russes comme ceux qui délivreraient les Tchèques de l'oppression des Habsbourg). Souvent révisée, la Sonate ne fut créée dans sa forme définitive qu'en 1922.
Si l'on perçoit dans cette oeuvre l'influence des compositeurs russes - qu'il admirait et celle du folklore tchèque, on est surtout étonné par sa vitalité, parfois agressive, les contrastes, la multiplicité des climats. Elle est composée de quatre épisodes : Con moto, Ballada, Allegretto, Adagio.
Au ler Mouvement, Con moto, Janacek a donné la structure de la forme « Sonate » à deux thèmes. Le ton est donné dès l'introduction: dans un élan passionné, le violon lance les premières notes d'un thème bref, accompagné de rafales de triples-croches au piano. Cet accompagnement sera à la base de tout le morceau, tantôt brutal, tantôt murmuré. Après l'agression de ce début, le piano, en contraste, égrène quelques notes puis expose « dolce » le thème devenu plus calme. Le violon le reprend, mais s'arrête pour s'élancer comme au début. Ces phrases contrastées alternent et un second thème apparaît, plus grave et chantant, au violon puis au piano. Après une réexposition de tous ces motifs contrastés, le mouvement s'éteint simplement.
2ème Mouvement. Cette Ballada commence par une mélodie - peut-être imaginaire des montagnes des Beskydes, le pays natal de Janacek. Elle est chantée par le violon sur un ruissellement de notes du piano, puis par le piano. Une seconde partie, dans une atmosphère confidentielle est une sorte de nocturne secret, d'abord grave puis clair et pur, brusquement interrompu par une intervention dramatique du violon, soutenu par l'accompagnement turbulent du piano. Puis la claire mélodie revient et s'évanouit doucement.
Le 3ème, Mouvement, Allegretto, est construit en forme de Scherzo avec Trio. Danse, jouée par le piano, puis chant du violon, rêveur et mystérieux, évoquent le folklore russe.
L'Adagio finale est tout en contrastes: le chant « dolce » est interrompu par les violents accents du violon. Plusieurs phrases ainsi contrastées se succèdent. Puis le piano monte en crescendo, rejoint par le violon fortissimo dans l'aigu. Après le decrescendo, retour au calme et à l'adagio du début. Il diminue jusqu'à disparaître dans la brume.

ENTRACTE
 

Eugène YSAYE (1858-1931) : Sonate pour violon seul n°3 Op.27 - « Ballade » - en ré mineur.

Né à Liège, Ysaÿe fut élève de Wienawski au Conservatoire de Bruxelles, puis de Vieuxtemps au Conservatoire de Paris, il héritait ainsi de la tradition de l'Ecole française de violon. Il la transmit au 20ème siècle, mais en y ajoutant l'influence du modernisme, il rompait avec les excès du romantisme. Les « Six Sonates pour violon seul » constituent un monument de la technique moderne du violon.
Ysaÿe était obsédé par l'oeuvre monumentale laissée par Jean-Sébastien Bach pour violon solo. Conscient de la pauvreté du répertoire de violon solo, il voyait aussi la difficulté d'écrire de telles oeuvres en échappant à la domination et au génie du « Kantor ». Pour se protéger de l'influence de J.S.Bach, il composa chaque Sonate en l'adaptant au style et à la technique d'un violoniste contemporain. Chaque oeuvre de l'Op.27 est donc dédiée à un virtuose (Szigeti, J.Thibaud, G.Enesco, Kreisler, Crickboom, Quiroga).
Esquissées en 24 heures dans sa villa d'été au Zoute en 1923, elles furent composées en quelques semaines et publiées en 1924.
La 3ème Sonate est dédiée à Georges Enesco. Ecrite en un seul mouvement, elle porte le nom de « Ballade ». Elle commence par un lent récitatif expressif et mystérieux qui s'accélère graduellement et devient un allegro con bravura au rythme accentué, très virtuose. Il reste cependant dans un univers lyrique. « J'ai laissé mon imagination aller à sa guise » avouait Ysaye.

Johannes BRAHMS : Danses Hongroises

Le titre devrait être « Danses tziganes », car Brahms ne connaissait pas le vrai folklore hongrois ou magyar, qui sera découvert et mis en valeur plus tard par Bartok et Kodaly.
Il avait entendu des musiciens tziganes dans les tavernes du port de Hambourg où il jouait du piano pour gagner un peu d'argent. Accompagnant le violoniste hongrois Eduard Remenyi en 1853 dans une tournée en Allemagne, ce dernier l'entraînait à jouer les chansons tziganes qu'il avait transcrites à sa façon et dont Brahms, plus tard, fera son profit.
Installé à Vienne en 1863 comme Directeur de la Singakademie, il entendait les musiciens tziganes jouer dans les Cafés et Clara Schumann ou lui-même terminaient souvent un récital avec quelques-unes de leurs Danses.
Brahms composa 21 « Danses Hongroises » réparties en quatre cahiers. Les deux premiers ( 10 premières danses) furent publiés en 1869 sous le titre « Danses hongroises arrangées pour le piano par Johannes Brahms ». Leur succès fut immense et en 1880 furent publiés deux autre cahiers - les Danses 11 à 21. Dans les dix premières, Brahms utilise des mélodies empruntées à des musiciens hongrois ( Sarkozy, Mor Windt, Rizner). Les dix autres sont de sa propre plume. Toutes étaient conçues pour piano à quatre mains ; par la suite, il rédigea une version à deux mains des deux premiers cahiers et orchestra lui-même les n°l, 3 et 10.
Brahms utilise dans ces Danses tous les éléments propres au style tzigane: les « Csardas », les brusques changements de tempo, les syncopes, les tierces langoureuses, les ornements de toutes sortes. Mais il sait éviter le côté vulgaire de cette musique et la virtuosité pure et retrouver son caractère expressif où alternent nostalgie et franche gdité.
 
 


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