CONCERT
DU 21 JUILLET 2002
EGLISE
DE CHATELOY
POLYPHONIES CORSES
Jean-Paul
POLETTI et
LE CHOEUR
D'HOMMES DE SARTENE
Jean-Paul POLETTI
Un père
originaire de Venaco (Haute-Corse), une mère de Santa Maria Figanella (Corse
du Sud), Jean-Paul Poletti réunit le nord et le sud de la Corse.
Né à Ajaccio
en 1949, il révèle très, tôt sa vocation poétique, puisqu'à l'âge de dix
ans, il compose déjà des ritournelles qu'il chante en s'accompagnant à
la guitare. Jusqu'en 1970, il sera l'élève assidu des classes de contrepoint,
d'harmonie et de direction de chorale des célèbres Scholae Cantorum de
Florence et de Sienne. De retour en Corse, il va s'attacher à ressuciter
le très riche patrimoine polyphonique et musical de l'ile. Outre ses recherches
et son travail de composition, il joue un rôle capital dans le processus
de réacquisition culturelle. Il fonde le groupe emblématique Canta U Populu
Corsu dont il devient l'un des principaux compositeurs et chanteurs.
En 1987,
il crée à Sartène une école de chant,
Granitu Maggiore, pour préserver
le patrimoine musical et s'ouvrir àtous les genres : populaire, classique,
lyrique, religieux.
1989:
Grand Prix de l'Académie du disque pour l'album « Le Roi de Pierre »
1990:
Victoire de la Musique avec les « Nouvelles Polyphonies Corses
1992:
Ouverture des JO d'Albertville avec le groupe « Les Nouvelles Polyphonies
Corses »
1993:
Création au Palais des Festivals de Cannes de la Cantata Corsica,
qui lui vaut de devenir membre d'honneur du Royal Collège of Music of London
en 1994
1995:
Création du Choeur d'hommes de Sartène
De 1996
à 2000: sortie de 4 albums: Polyphonies Corses, Polyphonies Franciscaines,
Fiori di Memoria, Cantata Corsica
2001 :
Création à Sartène du Centre d'Art Polyphonique Région Corses sous sa direction.
SARTENE
Sartène occupe une place à part dans le paysage musical de la Corse. Loin des foyers traditionnels du chant polyphonique - au Centre et Nord-Est de l'Ile: La Castagniccia, la vallée du Taviânano, la région de Corte - la cité méridionnale fait figure d'exception. La tradition chorale sartenaise s'appuie sur des bases musicales introduites au 13ème siècle par les Franciscains dont les couvents et les paroisses, échappant à la tutelle génoise, ont « corsisé » la musique religieuse. Une communauté de Frères franciscains installée à Sartène à cette époque est demeurée sans interruption jusqu'à nos jours à travers deux Couvents: l'ancien Couvent Saint-François, près de la Place Porta et le nouveau Couvent Saint-Damien perché sur les hauteurs aux confins de la ville. Ce dernier, qui n'abrite plus aujourd'hui qu'une demi douzaine de Frères mineurs, est en effet l'un des derniers bastions où se conserve l'un des pans de la mémoire du chant insulaire, celui du chant sacré, moins coupé de la tradition profane qu'on se plaît à l'imaginer. Jusqu'au 20ème siècle, tous les membres de la communauté étaient issus de l'île. Mais l'absence de vocations a entraîné leur remplacement par des moines italiens et, aujourd'hui, belges. La population sartenaise est profondément attachée à ses Franciscains. Le Choeur d'hommes bénéficie de leur collaboration pour exhumer les anciens manuscrits et pour profîter de la superbe acoustique de la chapelle conventuelle.
Les Chants sacrés
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Les
Chants profanes
Ils accompagnent
chaque étape de la vie : berceuses, rondes, sérénades, chants de travail
et chants satiriques. Ce sont d'abord des monodies souvent improvisées.
Les plus caractéristiques sont les
Lamenti,
complaintes composées
à 1'occasion d'une mort, les Voceri, sauvages imprécations après'une
mort violente, les Chjama è rispondi (appel et réponse), dialogues
entre deux chanteurs. Lorsque la monodie devient la voix principale d'un
chant à trois voix, c'est une terza, ou une
pagfhella (voix
principale à la siconda).