Et pourquoi pas un peu de musique ?


L'EGLISE SAINT-PIERRE DE CHATELOY (Allier)
RESTAURATIONS ET DECOUVERTES DE PEINTURES MURALES


Une vue de l'Eglise

Une petite acropole en Bourbonnais: est-ce un hasard si les Romains, jadis l'avaient choisie?

Du haut de son promontoire, la vénérable église Saint-Pierre de CHATELOY - ancien prieuré bénédictin dépendant de l'Abbaye royale de St. Cyran en Brenne - commande le paysage et cette vallée de l'Oeil où, d'après la légende, St. Principin fut martyrisé au IVème siècle.

Elle s'impose de loin aux regards, par sa situation privilégiée sur un éperon barré, admirablement défendu, qui justifie la toponymie 'Castellum oculi". La qualité plastique de son abside romane, les courbes puissantes des arcs boutants accompagnent l'élan de son clocher.

A l'intérieur, le beau volume de la nef principale voûtée en berceau, flanquée d'un bas-côté au nord, conduit vers l'abside, ornée de peintures murales qui, depuis longtemps, avaient retenu l'attention des amateurs d'art .

(Extrait du rapport de l'Inspecteur ENAUD qui a supervisé les travaux dans le choeur) .


I - PREFACE

Le visiteur qui, de nos jours, aborde l'église Saint-Pierre de CHÂTELOY a du mal à imaginer qu'il y a 30 ans, il aurait hésité à y pénétrer. Avec les lézardes qui zébraient le grand Christ de l' abside , les peintures murales cloquées ou à peine visibles, les infiltrations d'eau par les toitures, les enduits et pierres qui se détachaient de la voûte, son état était alarmant.

Émue par ce spectacle de désolation et soucieuse de préserver ce patrimoine local, une petite équipe a créé en 1967 un Festival de Musique avec l'espoir de récolter des fonds pour entreprendre sa restauration et, parallèlement, promouvoir la grande musique.

Financés conjointement par le Festival, le Conseil Général de l'Allier et l'Etat, les chantiers se sont suivis pendant 25 ans, assurant une rénovation complète de l'édifice.

Le touriste d'aujourd'hui peut entrer en toute sécurité et contempler l'heureux résultat de cette restauration, en faisant le parcours extérieur et intérieur que cette présentation propose.


II - PRESENTATION DU SITE

Vue du ciel, avec l'église, la maison du Prieur et le cimetière
L'église : mystérieuse par temps de givre
Poétique sous la neige

BREF HISTORIQUE

Occupé depuis la préhistoire, le site de CHATELOY a été lieu de culte druidique, avant l'implantation de la cité gallo-romaine de CORDES. Si le nom de CHATELOY remonte à l'appellation latine "Castellum Oculi", à traduire par 'Castel sur l'Oeil", il convient de préciser que ce n'est plus l'Oeil, mais l'Aumance qui coule maintenant au pied de CHATELOY. Le changement de dénomination provient d'une erreur du cartographe Cassini.

Déjà éprouvée par la grande invasion de 257, la ville de CORDES fut détruite par les Wisigoths en 475. Délaissée quelque temps, la localité subsiste au moyen-âge et reprend de l'importance comme paroisse chrétienne d'abord et comme siège d'un prieuré par la suite.

L'actuelle église romane, dédiée à Saint-Pierre, a été construite au 12ème siècle. elle fut consacrée en 1170, comme en témoigne une date gravée dans le choeur. A l'origine église d'un Prieuré, elle dépendait de l'Abbaye Royale de Saint-Cyran en Brenne, diocèse de Bourges. Rattachée au 13ème s. au chapitre collégial de Hérisson, elle resta l'église paroissiale de cette ville jusqu'en 1725, époque où, pour des raisons de commodité, fut élevée à Hérisson même l'ancienne église Notre-Dame, détruite lors de la construction de l'église paroissiale actuelle .

Vendue à la Révolution comme Bien National , l'église de CHATELOY fut acquise par Jean GILBERTON le 26 Germinal, an 7. Son fils en fit don à la commune de Hérisson , le 23 novembre 1852. Le 22 janvier 1909, elle fut classée Monument Historique.

Résumé des travaux entrepris depuis le classement:

A survoler l'histoire de ces deux millénaires, on remarque que tous les 400 ans un événement important s'est produit:

ASPECT EN 1877 ET AU DEBUT DU SIECLE

Gravures et cartes postales anciennes. Depuis toujours, le site a inspiré peintres, graveurs et photographes.

Aquarelle datant de 1887
Vue intérieure de l'église
Carte Postale ancienne
Carte Postale ancienne
Carte Postale ancienne
Carte Postale ancienne
Carte Postale ancienne et DESSIN à la plume de CH. RENON
Carte Postale ancienne
Carte Postale ancienne

A L'APPROCHE DU HAMEAU

Vue globale et champêtre, prise de Saint-Gobain, ancien relais des Templiers
Côté est: nichée au fond de l'enceinte de l'ancien oppidum gallo-romain de Cordes
La façade ouest de l'église, reflétée dans l'Aumance
L'église avec son double, reflété dans l'Aumance
Côté sud: aspect forteresse avec les pierres de saint Principin

LA VIERGE A L'ENFANT

Don de la famille Cacheux, la vierge à l'enfant présentant une grappe de raisin est en grès d'Alsace. Oeuvre du céramiste A. Wattel, elle fut d'abord installée dans la petite abside de l'église. Par la suite, un emplacement convenant mieux à ses dimensions fut trouvé près de l'ancien lavoir, aménagé en aire de repos pour les promeneurs venant du sentier touristique et y faisant halte, avant la visite de l'église. D'inspiration romane, la réalisation de cette sculpture constitue une prouesse technique.

La Vierge à l'Enfant - ancien emplacement
La Vierge à l'Enfant - Dans un environnement naturel

III - TEMOIGNAGES DU PASSE

1733

Le témoignage le plus ancien est le rapport d'inspection de l'église de Châteloy par l'archevêque de Bourges. Voici les observations faites le 10 mai 1733: "Et nous avons observé que le ciboire est beaucoup trop petit pour le nombre des habitants dont ladite paroisse est composée, que le tabernacle est fort ancien et très indécent, qu'il n'y a point de marbre sur le grand autel ni aucune marque de consécration, que les vaisseaux des Stes Huiles, qui ne sont que d'étain sont extrêmement malpropres et même ne ferment pas sûrement , que le vaisseau qui contient les eaux baptismales est de cuivre jaune ce qui peut contribuer à les corrompre, qu'il n'y a point de balustrade autour des fonds pour empêcher qu'on ne les approche, ce qui est souvent cause qu'on s'en sert comme siège pendant le service divin, ce qui est un abus intolérable et un manque de respect en ce lieu saint, que le seul missel est entièrement délié et déchiré, qu'il n'y a point d'armoire pour contenir les vêtements que le sieur curé est obligé de renfermer dans un vieux coffre où ils sont en danger d'être mangé des rats, que l'autel qui est dans la chapelle à main gauche en entrant est dénué de pierre consacrée et de tout ornement, que l'autel qui est à côté de la grande porte à main droite et sur lequel le sieur curé nous a dit que, depuis un temps considérable on ne célébrait point, est totalement inutile, d'ailleurs dépourvu de tout ornement sinon de deux anciennes figures très indécentes et très mutilées, que l'autel de St Principin qui est dans le milieu de la nef, et vis-à-vis de la grande porte, n'est décoré que d'un tableau fort ancien et très malpropre, que l'enduit de la voute est tombé à plusieurs endroits, comme aussi il y a quelques crevasses aux murs de la nef."

(Extrait des Paroisses Bourbonnaises, Tome 4, de J.J. Moret)

L'EGLISE VERS 1800

Une gravure la montre curieusement isolée, sans son environnement. Elle est suivie de la légende de saint Principin.

L'Eglise vers 1800 Au dos, la légende de Saint-Principin

LÉGENDE DE SAINT PRINCIPIN

Cette version de la légende figure au dos de la carte postale ci-dessus. Une autre version (légèrement différente) est donnée plus loin, en commentaire de la fresque, exposée dans l'église

Saint PRINCIPIN était le fils de la bienheureuse MAURA de noble et illustre famille au pays des Goths.

Abandonnant biens et honneurs, Maura vint en France avec PRINCIPIN et ses frères. Recueillis par saint Martin, évêque de TOURS et instruits dans la foi de Jésus-Christ ils abjurèrent la religion païenne et furent baptisés.

Agripin, roi des Goths, ayant appris la nouvelle de ces conversions, dépêcha ses sbires et fit massacrer Maura et tous ses enfants là où ils se trouvaient.

PRINCIPIN fut pris au pré d'Yvray, près de Châteloy, en-deça de la rivière l'Oeil. Son bourreau lui trancha la tête, laquelle tomba à terre d'où jaillit une fontaine. (Cette fontaine existe encore aujourd'hui). Au cours des âges les pèlerins avaient pris l'habitude de laver leurs yeux déficients ou malades à l'eau de cette fontaine et l'on a pu constater des améliorations et des guérisons certaines.

PRINCIPIN ramassa sa tête, et conduit par la main des anges, traversa la rivière où chaque goutte de sang tombant de sa tête forma une pierre (les pierres actuelles permettent encore en été la traversée de l'Aumance à cet endroit). PRINCIPIN grimpa la colline de Châteloy et frappa à la porte de l'église St-Pierre.

Interrogé par Macharius, portier aveugle du Saint lieu, PRINCIPIN, raconta son histoire et l'aveugle, qui avait touché la tête sanglante du martyre, s'étant frotté les yeux recouvra la vue immédiatement. .

Le corps du Saint fut enseveli dans cette chapelle et plus tard transféré au prieuré de Souvigny.

UNE MESSE A CHATELOY

Le tableau "Une messe à Châteloy" peint en 1862 par Emile Bourgeois, a été emprunté à un particulier pour être exposé lors du concert LAGOYA du 24.08.86.

Une messe à Châteloy

Il est intéressant de voir l'intérieur de l'église à cette époque et le comportement de l'assistance: les femmes en costume bourbonnais avec leur jolies coiffes groupées à gauche, les hommes à droite, dont certains ont le dos tourné et jouent aux dés.

RELEVE DES DECORATIONS MURALES

1887

C'est l'année où l'architecte des Monuments Historiques, Gélis DIDOT, a fait un relevé du plan et de la plupart des décorations peintes sur les arcs de l'église.

Ce relevé, présenté sur deux panneaux, est la propriété du musée du Folklore de Moulins.

Relevé des décorations murales - 1
Relevé des décorations murales - 2
L'un des panneaux comporte en outre dans le centre deux aquarelles: l'une représente le Christ en gloire et l'autre un paysage avec l'église de Châteloy, vue de l'autre côté de l'Aumance. Ce dernier, délicatement exécuté, révèle un vrai talent de peintre, l'agrandissement permet de s'en rendre compte.

Une copie de l'un des panneaux fut offerte à la municipalité de Hérisson par Henry FRIEDY en 1901 . Elle se trouve dans l'Entrée de l'Hôtel de Ville.

1ère MOITIE DU XXème SIECLE

Une série de cartes postales de cette période fournit un complément d'informations. On note l'état de vétusté de l'église et l'aspect dénudé de la colline .

OBJETS DISPARUS

Avec tristesse on contemple l'image des deux saintes, à gauche une sainte Barbe avec sa tour, à droite une sainte non identifiée, qui au début du siècle, fermaient la ronde des grands personnages dans le choeur. Superposées à l'actuelle sainte Madeleine et sa voisine, une malencontreuse intervention dans les années 40, les a fait disparaître à jamais.

Sainte Barbe et une sainte non identifiée

Egalement perdus, mais par vol, une belle statue en bois de la Vierge à l'Enfant du 16ème siècle et un saint JOSEPH portant l'Enfant, représentation peu répandue.

Statuettes : Vierge à l'enfant, saint Joseph et saint Pierre
Un saint PIERRE, autrefois placé entre les deux, se trouve maintenant seul sur une corniche dans la chapelle des Villelume. Originalité de cette statuette: saint Pierre brandit deux clés.
Cette double clé se retrouve dans plusieurs oeuvres de l'époque: l'une est la clé du Paradis, l'autre est la clé de l'Eglise
Saint-Pierre et ses clés
Les 2 clés de saint Pierre

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