IV - VISITE EXTERIEURE DE L'EGLISE

La comparaison entre une photographie prise au début du siècle et l'état actuel illustre le changement. A la suite du don d'un triangle de terrain par la famille Cacheux, en 1963, et la suppression d'une haie venant au bord de l'entrée du prieuré, la municipalité a pu aménager une place rectangulaire devant l'église. En même temps, le couvercle d'un sarcophage, trouvé dans la cour, a été installé devant le mur de clôture. Il est orné d'une longue croix taillée en bas-relief. La mise en souterrain de l'électricité, obtenue gratuitement au titre de la protection de l'environnement d'un monument classé, a également amélioré la vision de l'église, auparavant coupée en deux par un vilain poteau.

Carte postale ancienne - L'Eglise
La même vue, aujourd'hui!

Une autre image du début du siècle montre l'aspect défiguré du côté nord. Depuis, le poulailler couvert de chaume et le fumier ont été remplacés par des plantations et la couverture en tuiles plates du collatéral a été heureusement changée pour lui redonner son caractère roman originel. La pente du toit a été abaissée pour dégager les modillons en pierre et une couverture en tuiles romaines mise en place, en 1974.

Vue depuis le Prieuré - Carte postale ancienne
La même vue : aujourd'hui

LA REFECTION DE LA COUVERTURE DU CLOCHER

C'est en 1972 que l'église de CHATELOY a retrouvé un clocher neuf. La précédente réfection date de 1944, année où la flèche fut endommagée par la foudre.

La délicate responsabilité de refaire le clocher à l'identique avait été confiée à un maître -couvreur de Cérilly, R. Guilbaut. Pendant un temps très court, son échafaudage en éventail à plus de 20 mètres du sol - a évoqué l'architecture d'une pagode chinoise - silhouette insolite en terre bourbonnaise.

Le clocher pendant les travaux
Le clocher après

En bardeaux ou essentes de châtaigniers du Limousin, où un artisan les a fendus à la main en respectant le fil du bois, le dessin antérieur - losanges et dents de scie - a été parfaitement reproduit.

La flèche du clocher dans sa forme actuelle date du 19e siècle. A comparer avec l'image très différente que nous en a laissé la frise de saint Principin, peinte au 14e siècle.

UN POINT DE VUE PUBLIC

Ne pas manquer d'entrer dans le cimetière et de s'avancer vers le mur sud, d'où l'on découvre un vaste panorama. C'est le seul point de vue public à Châteloy.


LES MONUMENTS HISTORIQUES INFORMENT

Dans le couloir, une plaque émaillée,apposée récemment par les Monuments Historiques, prépare à la visite de l'église. Une erreur s'est glissée dans ces informations: l'église n'a pas été classée en 1903, mais le 22 janvier 1909.

LES PIERRES SCULPTEES SUR LE CLOCHER

Sur la face nord du clocher, en levant le regard le long du pilier droit, on découvre des pierres sculptées dont l'une représente une déesse-mère et l'autre la lune et le soleil. On a longtemps considéré qu'il s'agirrait là de remplois, provenant d'un monument gallo-romain. On pense maintenant que leur caractère correspond davantage à l'époque carolingienne.

Personnage en bas-relief
Angle de pilier nord et ouest
Angle de pilier nord

LE PORTAIL D'ENTREE

L'actuel portail d'entrée a remplacé au 16ème siècle une ancienne porte trilobée, dont l'image figure sur la fresque de saint Principin. Ses vantaux, taillés en "plis de serviettes", tout comme la serrure en bois, ont été classés par le Service de Conservation des Antiquités et objets d'art le 23 décembre 1918.

Le portail d'entrée de l'église

Exemple de la dégradation avancée de l'église, le premier travail de restauration entrepris en 1969 par le Festival concernait la réfection du bas de la porte, effectuée par le menuisier M. Gendre, de Cosne, afin que le monument soit à nouveau clos. Il a réutilisé les anciennes ferrures et pentures.

L'EGLISE RETROUVE SA VOIX

Second exemple du délabrement de l'édifice et du danger que courait le visiteur: une affichette apposée sous le clocher par M. le curé, avertissait:

"La charpente du clocher est pourrie!

Ne pas sonner la cloche avant qu'elle

ne soit réparée . D A N G ER."

Cette mise en garde paraît sur la photo prise en 1968 du Président MITTERRAND, placé juste à cet endroit dangereux. A l'époque Député de la Nièvre, il est entouré de M. Cacheux, Melle Glomon et Mme Cacheux. Il est revenu à Châteloy assister à un concert en 1969.

Un hôte illustre : François Mitterrand

Les Services des M.H. ayant refusé toute participation financière à la réfection du chevêtre, sous prétexte que la cloche est un instrument de musique, le Festival a pris la totalité de la dépense à sa charge et a eu la satisfaction de redonner une voix à l'église.

Le remplacement des poutres pourries a été réalisé en 1969 par M . Gendre, de Cosne.


V - VISITE INTERIEURE

L'intérieur mérite une visite détaillée, en raison de la richesse du décor qu'il conserve.


PLAN INDIQUANT LES DIFFERENTES PARTIES OBSERVEES

Plan de l'église

ARCHITECTURE DE L'EDIFICE

Le plan irrégulier du monument comporte une nef de quatre travées,dont le mur sud suit la forme du terrain. Prolongée à l'est par une abside en hémicycle, l'église possède un unique bas-côté au nord qui se compose, lui aussi, de quatre travées et d'une absidiole en hémicycle. Un clocher à base carrée s'élève au-dessus de l'une des travées du bas-côté et une chapelle seigneuriale ouvre sur la travée la plus orientale.

Les parties les plus anciennes de l'édifice sont à rechercher dans le mur ouest qui clot la nef: certains fragments du parement de pierre proviennent probablement d'une chapelle pré-romane. Cependant, l'essentiel de la construction s'est effectué, en deux campagnes,au 12ème siècle. La chapelle des Villelume et les arcs-boutants appartiennent au style gothique tardif et furent édifiés au 16ème siècle. La flèche du clocher dans sa forme actuelle date du 19ème siècle.

La nef est couverte d'un berceau brisé, soutenu par des doubleaux, reçus sur des colonnes engagées au sud, et au nord sur des piles qui reçoivent aussi les doubleaux du bas-côté; ceux-ci sont couverts d'un berceau plein-cintre à l'ouest, d'une coupole nervée gothique sous le clocher (remplaçant une ancienne coupole sur trompe) et d'une croisée d'ogives à l'est. Le choeur est éclairé par trois baies en plein-cintre, soulignées par un arc de même forme et séparées par deux arcs en mitre aveugles, attestant une influence auvergnate.

Le choeur de l'église - avant les restaurations
et après ...

VI - LES PEINTURES DE L'ABSIDE

Le premier grand chantier de restauration, installé en 1970, a permis de clarifier la datation du Christ en Majesté. Au début du siècle, des observateurs, comme Gélis Didot, Grégoire, Générmont ou Pradel, étaient persuadés que l'oeuvre était du 13ème siècle, réparée maladroitement au 15ème siècle, avec des repeints du 19ème. Or, il n'en est rien. S'il était difficile de se faire une opinion exacte au moyen de jumelles sur des peintures situées à 12m au dessus du sol, il a fallu les échafaudages mis en place dans le chevet pour que le problème puisse être examiné de près et de façon moins superficielle. Une certitude: i1 n'y a pas de Christ roman sous l'actuelle représentation, peinte de façon homogène au 16ème siècle et sans repeints, ni rajouts au 19ème, comme on l'avait longtemps cru.

Le Christ en majesté
Le Christ - Portrait

Le monumental Christ en gloire entouré des symboles des évangélistes et inscrit dans une mandorle, a toujours intrigué les spécialistes. Si le nimbe crucifëre et les stigmates identifient le Christ, par contre les cheveux blancs et la barbe également blanche ne caractériseraient-ils pas plutôt le Père Eternel? L'inscription "LAUS DEO" peut le laisser supposer. Cette représentation du Christ, sous les traits d'un vieillard, demeure insolite et inexpliquée.

Les longues crevasses qui zébraient verticalement la robe du Christ et les parties voisines avaient été grossièrement rebouchées au plâtre. Elles ont été dégarnies jusqu'à 6ocm de profondeur, puis consolidées. Les fissures ont été ensuite colmatées au moyen de mortier fin de fresque et patinées dans le ton local. La photo prise lors du premier concert en 1967 est éloquente.

Le Christ en majesté- avant restauration
 

Et les symboles des Evangélistes...

Ecusson - Avant restauration
Les Ecussons - Avant restauration
Ecusson - Après restauration - 1
Ecusson - Après restauration - 2

LA FRISE DES ANGES MUSICIENS

Elle est placée en dessous, et date également du 16ème siècle. Ces silhouettes charmantes et gracieuses jouent de la viole, de la harpe, de la trompette, de la flûte et d'un instrument de percussion. Leur ronde se termine à droite par un saint Michel terrassant le dragon, le pendant gauche a disparu.

Les Anges - Pendant les travaux
Les Anges - après les travaux
Les Anges Musiciens -1
Les Anges Musiciens - 2
Les Anges Musiciens - 3
Les Anges Musiciens - 4
Les Anges Musiciens - 5
Saint Michel terrassant le Dragon

LES GRANDES FIGURES DE SAINTS ET SAINTES

Une autre suite de panneaux peints aux 15ème siècle se trouve entre les colonnettes des baies du choeur, dans une série d'arcs en mitre aveugles: à gauche saint Pierre patron de l'église, est à l'honneur; suivent saint Paul et, groupés par deux, saint Jean et saint Antoine. Plus à droite encore, même disposition de deux saintes, dont l'une est identifiée grâce à son vase de parfum: c'est sainte Madeleine. L'autre est sainte Catherine d'Alexandrie.

Apôtres et Saintes - 1
Apôtres et Saintes - 2
Apôtres et Saintes - 3
Apôtres et Saintes - 4
Détail - 1
Détail - 2
Détail - 3
On distingue l'inscription : CHASTELUTA

Ces dernières figures moins nettes que les précédentes, ont été abîmées quand on a enlevé, sans ménagement les deux saintes, sainte Barbe et une 2ème sainte, dont seule la photo nous permet d'admirer la qualité artistique. Quel regret que l'on n'ait pas à l'époque pratiqué le procédé de l'arrachage en douceur de la fresque, suivi du transfert sur un autre support.

Les travaux de restauration dans cette partie de l'église ont été réalisés par l'équipe: BAUDOUIN, OSTRIA, BOUQUIN et THOMAS.

Les mêmes avaient été envoyés par le Ministre MALRAUX au Sahara pour protéger les fameuses fresques du Tassili.

Les peintures de l'abside ont été classées le 22 janvier 1909


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