Debussy,
Beethoven et Schumann se sont trouvés réunis hier soir, en l'église de
Châteloy, grâce au quatuor Castagneri et à la pianiste Anne Queffélec.
Un concert sous le signe de la virtuosité.
Le Festival de musique de Châteloy continuait, hier en fin d'après-midi, avec le quatuor Castagneri et la pianiste Anne Queffélec. Celle-ci les a rejoints sur scène seulement lors de la deuxième partie du spectacle pour interpréter le Quintette pour piano et cordes de Schumann. Le concert a donc débuté avec les quatre musiciens jouant le Quatuor de Debussy et le 16e Quatuor de Beethoven. L'église de Châteloy a fait «salle» comble et chaque morceau a été longuement applaudi par un public enthousiaste et chaleureux.
Le quatuor, formé il y a six ans au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris, est le lauréat de nombreux concours internationaux : Munich, Londres, Bamff (Canada), Florence et Evian. Les membres du groupe, Jean-Marc Bourret (violon), Martial Gauthier (violon), Daniel Vagner (alto) et Yovan Markovitch (violoncelle), ont également participé à la master class de l'association ProQuartête et joué avec de nombreux autres quatuors tels qu'Amadeus, Berg ou LaSalle. Leur rencontre avec Anne Queffélec s'est faite tout naturellement au Festival de Sceaux et leurs talents respectifs leur ont donné l'envie de se réunir cette année. La cinquantaine de concerts qu'ils donnent par an et qui les occupe trois mois pleins, leur permet de faire de nombreuses rencontres et voyages bien qu'ils n'aient que rarement le temps de faire du tourisme. De renommée internationale, ils se sont produits en Hollande, en Russie, en Belgique ou au Burkina Faso où ils ont pu apprécier le talent des musiciens africains.
Anne Queffélec, a suivi, elle aussi, un parcours «classique » : conservatoire et concours internationaux. Titulaire du baccalauréat de philosophie, elle joue de cet instrument depuis son plus jeune âge, sa mère ayant reçu une formation de piano. Un emploi du temps chargé, donc, pour atteindre un tel niveau. Elle est cependant heureuse d'avoir fait des études à l'école et non par correspondance. Elle a pu, ainsi, éviter de se sentir seule comme l'ont été nombre de pianistes car, contrairement aux instruments à cordes qui se jouent généralement en orchestre, le piano se joue le plus souvent seul.
Ses concerts l'entraînent à
travers de nombreux pays mais elle affectionne particulièrement l'Angleterre
où elle se rend quatre à cinq fois par an. «Les Anglais ont une vie musicale
très riche, précise-t-elle, ils ont de nombreuses filières pour devenir
musicien, nettement plus que la France». Elle aime également faire profiter
les gens de son expérience et de son amour pour la musique. En effet, elle
donne des cours en France ou à l'étranger afin de préparer les musiciens
professionnels à la scène. Sa réputation et son talent se sont confirmés
hier soir en compagnie du quatuor Castagneri.
FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS
CONCERT
DU 14 AOÙT 2000
EGLISE
DE CHATELOY
QUATUOR
A CORDES: QUATUOR CASTAGNERI
Jean-Marc BOURRET, ler violon - Martial CAUTHIER, 2d violon
Daniel WAGNER, alto - Yovan MARKOVITCH, violoncelle
PIANO: Anne QUEFFELEC
LES ARTISTES
Les quatre
musiciens du QUATUOR CASTAGNERI, venus des Conservatoires de Paris et de
Lyon, se sont réunis en 1994 pour fonder cet Ensemble. Parallèlement à
un cycle de perfectionnement au CNSM de Paris, les artistes ont suivi l'enseignement
d'éminents membres de quatuors sous l'égide de l'Association Pro Quartet
(Quatuor Alban Berg, Quatuor de Tokyo, Quatuor Amadeus). Dès 1996, ils
remportaient un prix à Evian, un 3ème prix à Munich et un 2ème prix au
Concours Vittorio-Gui de Florence. Le Quatuor est actuellement résident
Pro Quartet en Seine-et-Marne, où il collabore à un projet pédagogiquede
diffusion du Quatuor à cordes.
Invité
à jouer dans de nombreuses salles parisiennes (Pleyel, Opéra-Bastille,
Théâtre du Châtelet), engagé à Munich, Rome, Copenhague, Londres, il poursuit
en même temps sa collaboration avec les principales radios européennes.
Animés
par une curiosité inaltérable et un engagement juvénile, ces quatre jeunes
interprètes abordent le répertoire le moins ressassé: les Quatuors de Zemlinsky
tout autant que ceux de Haydn, Beethoven, Brahms ou Debussy, accompagnant
même Jessye Norman dans la "Chanson perpétuelle" de Chausson. Doué d'une
excellente technique et d'une musicalité communicative, le Quatuor Castagneri
est parrainé par l'Association Pro Quartet, la Fondation d'Entreprise NATEXIS
et l'Association Française d'Action Artistique.
Soucieux
d'élargir son répertoire, le Quatuor se produit avec des solistes de haut
niveau, tels que le violoniste Renaud Capuçon, le flûtiste Philippe Bernold,
le hautboïste François Leleux. Pour la seconde partie de ce concert à Châteloy,
ils auront comme partenaire la grande pianiste ANNE QUEFFELEC.
Jouant
en récital dans les plus importantes salles d'Europe ou avec les orchestres
les plus prestigieux, elle figure parmi les pianistes les plus aimés de
sa génération. Passionnée de pédagogie, elle donne régulièrement des master-classes
en France, en Angleterre et au Japon. Elle est fréquemment invitée à participer
aux jurys des grands concours internationaux. Son art est très éclectique,
comme en témoigne son importante discographie : Scarlatti, Liszt, Chopin,
Schubert, Mozart, Fauré, Debussy, Ravel, Satie (best-sellers de Virgin
Classics)
En 1998,
Anne Quéffelec a été promue au rang de Chevalier de la Légion d'honneur.
"Anne
Queffélec: la découverte d'une âme" titrait à Munich le "Suddeutsche Zeitung".
LE
PROGRAMME
Claude DEBUSSY (1862 - 1918): Quatuor à cordes op.10.
Dans ce
Quatuor se révèle la personnalité complexe de Claude Debussy.
Il avait
reçu au Conservatoire de Paris une solide formation classique, mais en
avait toujours discuté les principes. Il voulait créer de nouvelles formes,
une musique "assez souple, assez heurtée pour s'adapter aux mouvements
lyriques de l'âme, aux caprices de la rêverie". Si, pour obtenir le Prix
de Rome, il avait écrit une Cantate dans un style traditionnel, les oeuvres
qu'il présenta ensuite aux Académiciens des Beaux-Arts commencèrent à les
choquer.
Son inspiration
libre, il la trouvait en fréquentant les écrivains et les peintres impressionistes
et symbolistes. Au cours d'un séjour en Russie, il découvrit les grands
compositeurs russes. Grâce à l'Exposition Universelle de 1889, la musique
d'Annam et de Java lui révéla de nouveaux modes, de nouveaux rythmes. Avec
tout cela - mais aussi par son génie - se créait peu à peu son propre langage
: mélodies dégagées des modes majeur et mineur, mélanges combinaisons d'accords
qui créent de nouveaux effets sonores, rythmes irréguliers, mobiles.
Et pourtant,
en 1893, Claude Debussy décida d'écrire un Quatuor à cordes, la forme la
plus traditionnelle et structurée de musique de chambre. Ce fut un rude
effort :"Je n'arrive pas à ce que je voudrais qu'il fût - écrivait-il à
Ernest Chausson - et voilà trois fois que je recommence".
L'oeuvre
tant travaillée fut présentée à la "Société Nationale" le 29 décembre 1893.
De coupe
classique en 4 mouvements, ce Quatuor est construit sur le principe "cyclique":
un thème, base de la partition, reparaît plus ou moins transformé dans
toute l'oeuvre.
Il est
présenté avec vigueur dès la première mesure du ler Mouvement, Animé
et très décidé.. Ce thème est rapide et bref (onze notes), conçu dans
le mode phrygien avec un rythme et un dessin caractéristiques. Après un
passage mélodique, une montée crescendo aboutit à un point d'orgue. Le
violoncelle redit le thème du début, et un second thème doux et calme est
chanté par le ler violon et l'alto. Ces deux thèmes sont développés, ce
qui donne lieu à des altemances de passion et de rève. La réexposition
se déroule librement. Après une accélération progressive, une courte et
brillante coda marquée Très animé conclut le morceau.
Le
2ème Mouvement - Assez- vif et bien rythmé fait, dès la lère mesure,
un usage virtuose du pizzicato. L'alto chante le thème cyclique avec un
nouveau rythme et un autre caractère. Ce thème est ensuite transformé en
valeurs longues, et devient expressif. Les deux formes altement, toujours
sur un fond de pizzicato qui évoque l'influence du "gamelan " javanais.
Le3ème
Mouvement - Andantino, doucement expressif - est un grand nocturne
mélancolique. Les quatre instruments utilisent la sourdine. Une mélodie
est chantée d'abord. par l'alto, puis par les deux violons, puis par le
violoncelle. Après une montée crescendo et un rappel du thème cyclique,
la sourdine est reprise, le chant du début revient et s'évanouit pianissimo.
Le
4ème Mouvement - Très modéré puis Très mouvementé et avec passion -
commence par un récitatf en une introduction de 30 mesures, d'abord très
modéré, puis en progression serrée. Alors le thème cyclique paraît à l'alto
très
mouvementé. Après un passage doux et expressif où le thème est chanté
en valeurs longues, divers épisodes se succèdent utilisant toujours ce
thème cyclique avec des rythmes et des harmonies nouvelles. Une stretted'un
irrésistible élan amène la conclusion, très brève.
Ludwig van BEETHOVEN (1770 - 1827) : Quatuor à cordes n° 16 - Op. 135
Dans le
troisième quart du l8ème siècle apparut une forme musicale d'un genre tout-à-fait
nouveau: le Quatuor à cordes, quatre instruments de la même famille jouant
ensemble, chacun conservant son indépendance - ce qui en fait une conversation
à quatre. Il trouve ses origines dans le "Divertamento a quattro" autrichien
et c'est Haydn qui en concrétisa le passage au Quatuor, créant cette forme
de musique pure où le musicien s'exprime dans un ton de confidence intime.
Il lui donna sa structure en quatre mouvements, "style sonate". Il en composa
68. Dans ce domaine, il fut le maître à penser de Mozart qui en composa
23. Le Quatuor à cordes avait alors atteint un degré de perfection qui
semblait insurmontable. Le génie de Beethoven s'en empara et l'emmena sur
des chemins nouveaux. D'abord fidèle à ses modèles, il imposa peu à peu
son propre langage.
Les 16
Quatuors de Beethoven constituent le domaine de sa plus profonde et plus
secrète pensée. Ils n'ont pas été écrits dans une continuité régulière
mais apparaissent par groupes de cinq ou six dans des périodes de sa vie
où il éprouve le besoin de se recueillir. Si dans les premiers (1798-1806)
il suit de près l'exemple de Haydn, à partir de 1806 il s'écarte de plus
en plus des traditions formelles et accorde plus de liberté à chaque instrument.
Les cinq derniers (1822-1826) sont l'expression la plus intérieure de sa
création, sans ornement et sans emphase.
Le 16ème
Quatuor est la dernière oeuvre complètement achevée de Beethoven, composé
très rapidement au cours de l'été 1826. Malgré les soucis importants que
lui donne son neveu Karl - qui tenta de se suicider -, il ne ralentit pas
le rythme de son activité ni de sa création musicale. L'oeuvre ne comporta
d'abord que trois mouvements. Le mouvement lent ne fut écrit qu'ensuite
: c'est celui que Beethoven qualifie de "doux chant de repos, chant de
paix", retour à la séréaité après la crise. De fait, ce dernier Quatuor
n'est pas un geste pathétique, mais un sourire à la vie.
Le
ler Mouvement, Allegretto, de"forme sonate", est d'une merveilleuse
finesse d'écriture. Des petites notes pertinentes à l'alto sur quatre mesures,
immédiatement suivies d'un motif joyeux, par groupe de quatre notes rapides
sur pizzicato du violoncelle ne constituent pas vraiment un thème mélodique,
mais une cellule que l'on retrouvera dans tout le mouvement. Plus loin,
après un passage de transition s'impose un second thème, énergique, montant
en arpèges jusqu'au, suraigu des premiers violons. Le développement utilise
tous ces éléments, dans un style transparent, léger et équilibré. Après
une réexpostion pas très régulière, le morceau se termine légèrment, sur
le motif de quatre notes.
Le 2d
Mouvement, Vivace, est un grand scherzo d'une vigueur peu ordinaire.
Beethoven joue avec les rythmes, déstabilisant ses auditeurs. Le départ
est murmuré, et deux éléments se dégagent: un chant en valeurs longues
alterné entre ler violon et alto, et un motif en notes piquées. Puis les
instruments échangent leurs rôles, et se rejoignent, toujours dans un rythme
implacable. Une partie centrale - ce qui tient lieu de Trio - casse cette
"polyrythmie" : un faisceau de quatre croches tourne sur lui-même à la
basse et se répète cinquante fois, tandis que le ler violon chante dans
l'aigu un air de danse endiablé. Le ton baisse jusqu'à un pianissimo et
le Scherzo repart comme au début du mouvement. La conclusion se fait sur
des accords brefs et un point final affirmatif.
Le
3ème Mouvement, Lento, est le "doux chant de repos ou chant de paix".
Il est écrit en forme de thème et variations. Le thème, sobre et beau,
parfois troublé par quelques notes anxieuses, est présenté par le ler violon
dans son registre grave, montant ensuite vers l'aigu. La lère variation,
plus lente que le thème est une mélodie hésitante, oppressée, coupée de
silences. La sérénité revient dans la seconde variation, où le chant initial
est traité en canon par le violoncelle et le ler violon, soutenus par les
voix intermédiaires. Dans la 3ème variation, simple et tendre, la mélodie
est transformée par le ler violon, sur une basse doucement balancée.
Le
4ème Mouvement comporte un titre :"La décision difficilement prise".
Il commence par un Grave qui porte en exergue :"Le faut-il ?", suivi
d'un Allegro qui en est la réponse :"Il le faut".
Cette
"énigme" a suscité beaucoup d'excès littéraires : est-ce une interrogation
du Destin ? est-ce comme l'affirme son ami Schindler - un débat de conscience
au sujet du renvoi de sa cuisinière ? La vérité - découverte dans les esquisses
du musicien - est une simple anecdote : un certain Dembscher ayant voulu
faire jouer chez lui un Quatuor de Beethoven sans bourse délier, ce dernier
exige qu'il lui paye 50 florins. Atterré, Dembscher demande :"Le faut-il
?" et Beethoven de répondre par un joyeux canon "Il, le faut, oui, oui..."
dont il reprendra le thème dans le Finale.
Le Grave
- "Le faut-il ?" est bâti sur le motif interrogatif. La question est
posée par les basses par deux fois, reprise en imitation par les violons
et l'alto qui insistent. Les notes répétées forte, les silences
sont chargés de tension, qu'un crescendo porte à l'extrème.
Une chute
rapide prépare l'attaque du motif affirmatif - la réponse vigoureuse: Il
le faut de l'Allegro. Un motif legato,apaisé, est murmuré piano au
violon et à l'alto. Vient ensuite un second thème heureux et calme qui
prend rallure d'une marche populaire viennoise. Ces trois éléments sont
développés. Leur sérénité est troublée par le retour de la question Grave
et de ses notes répétées. Puis l'Allegro reprend ses deux motifs
heureux. La réponse "Il le faut" semble sêtre adoucie et chante à la façon
d'une ronde insouciante. Elle terminera le mouvement, associée à la joie
souriante de la marche en pizzicato.
ENTR'ACTE
Robert SCHUMANN ( 1810 - 1856).- Quintette pour piano et cordes en mi bémol majeur Op. 44
En 1839,
Liszt écrivait à Robert Schumann :"Je crois déjà vous avoir exprimé le
désir que j'éprouvais de vous voir écrire quelques morceaux d'ensemble,
trios, quintettes, ou septuors. Me pardonnez-vous d'insister encore sur
ce point ?" En 1842, cédant aux instances de son ami, Schumann surprit
le monde musical en écrivant coup sur coup trois Quatuors à cordes, le
Quintette et un Quatuor pour piano et cordes. Après les trois Quatuors,
le piano, associé à son amour pour Clara, avait repris ses droits. Et dans
cette prédilection pour le piano, Schumann s'avère un véritable enfant
du siècle romantique.
Le Quintette
de Schumann est le premier grand chef d'oeuvre conçu pour piano et quatuor
à cordes. Son exemple sera suivi par maints compositeurs romantiques (
Brahms, Dvorak, Franck, Chostakovitch et bien d'autres). C'est aussi l'une
de ses plus célèbres oeuvres de chambre où il allie la rigueur du style
du Quatuor à la fantaisie imaginative, la richesse, la liberté concertante
de son écriture pianistique.
Le Quintette
comporte les quatre mouvements classiques : Allegro brillante, In modo
d'una marcia - Un poco largamente, Scherzo: Molto vivace, Finale: Allegro
ma non troppo.
Le ler
Mouvement,
Allegro brillante, s'élance avec fougue en une idée impérieuse, qui
se transforme en une variante rêveuse en mi mineur. Annoncé par le piano,
arrive le 2ème thème, merveilleuse mélodie lyrique présentée par
levioloncelle
imité par l'alto. Avant la fin del'exposition
reviennent l'exubérance du début et son profil mélodique. Dans le vaste
développement sur le thème principal, le piano domine. La réexposition,
classique, est suivied'une coda pleine d'élan.
Le mouvement
lent en ut mineur - In modo d'una marcia. Un poco largamente
- est l'une des plus grandes et des plus fameuses marches funèbres
de la musique romantique. Le thème principal, avec ses dissonances poignantes,
ses silences angoissants, s'ébranle pesamment Il cède la place à une prière
chantée par le ler violon et le violoncelle, comme une mélodie "consolante".
Puis retour de la marche funèbre et de son souffle haletant. S'élance alors
une chevauchée sauvage et passionnée, tableau typiquement romantique. Puis
l'écriture heurtée du piano s'apaise peu à peu et le ler thème - à l'alto
- se fond avec les derniers soubresauts de ce troisième élément. Après
le dernier retour de la marche funèbre, la pièce s'éteint peu à peu.
Le 3ème
Mouvement - Scherzo : Molto vivace - retrouve la clarté du ton
principal. C'est un bouillonnement de gammes montantes et descendantes.
Le ler Trio amène un contraste, un rêve lointain. Puis reviennent les gammes
du Scherzo. Un 2ème Trio les interrompt, impétueux et passionné comme une
danse hongroise. Retour du Scherzo, suivi dune coda exubérante.
Le Finale
: Allegro ma non troppo, est un monument de la musique schumannienne,
brillant par sa pugsance, la splendeur des sonorités. Il est difficile
à analyser tant sont nombreuses les mélodies, les idées qui alternent avec
un refrain énergique, présenté par le piano. Son élan est cahné par quelques
"haltes" : phrases murmurées, parfois un peu plaintives, avant un nouveau
départ du rythme initial. Le piano apporte une première conclusion, intime
et poétique au mouvement. Intervient alors un immense et puissant double
Fugato,
témoin de la passion de Schumann pour le contrepoint. Après une série de
strettes, l'élan est brusquement interrompu par une note de fantaisie gracieuse.
La coda, joyeuse, conclut dans une grande envolée cette page monumentale.