LE FESTIVAL de MUSIQUE en BOURBONNAIS 
Saint Pierre de CHATELOY

Commune d' HERISSON (ALLIER)


Texte de présentation consacré au Festival de Musique et à la restauration de l'église de Châteloy.


Si vous cherchez dans le Centre de la France un lieu préservé où écouter de grands interprètes . . , alors CHATELOY est fait pour vous. Ce minuscule hameau, situé près de HERISSON dans le triangle Moulins - Montluçon - Bourges, offre un cadre exceptionnel. Rien d'immense, ni de grandiose, rien que l'essentiel: un calme paysage inondé de cette lumière dorée qui a inspiré peintres et poètes.

Ici, le temps est rythmé par le doux murmure de l'Aumance coulant au pied de l'église romane, lieu du Festival. Au coeur de ce havre de paix résonnent chaque été les plus belles pages de la musique de chambre .

Outre le plaisir de la musique, vous allez découvrir un site des plus attachants, au long et riche passé: lieu de culte druidique puis cité gallo-romaine de Cordes, ce rocher a porté successivement un temple, une chapelle carolingienne et enfin l'actuelle église romane qui abrite de remarquables peintures murales. Monument historique en péril à l'époque de la fondation du Festival en 1967, elle est maintenant restaurée, consolidée et embellie, grâce aux fonds récoltés par les concerts, complétés par des subventions du Conseil Général de l'A1lier et de l'Etat.

Facile d'accès par l'autoroute A 71 , elle attend votre visite tous les jours de 9 à 18 heures.

I. CACHEUX

Cahiers du bourbonnais 1992

LE FESTIVAL DE CHATELOY

Mme Irmgard CACHEUX a rendu Châteloy aux Bourbonnais...

et passe le somptueux flambeau à Mme ROUX.


Cette année a vu la 26ème présentation du Festival de Châteloy et il inaugurait la présidence de Mme Roux, qui, dans cette entreprise a pris la succession d'Irmgard Cacheux. Il nous a paru bon de souligner la réussite de cette extraordinaire entreprise et les qualités d'enthousiasme et de dévouement qu'elle a nécessitées de la part de la créatrice et de son équipe.

Irmgard Cacheux habitait le prieuré avec sa famille et elle avait pris l'habitude d'organiser chez elle des fêtes animées par ses enfants et les jeunes du village ; alors naturellement, on passa du prieuré à l'église, pensant que ce serait une belle finalité que d'essayer de réunir des fonds pour restaurer cette charmante église, sans doute du XIIème siècle, élevée sur une construction plus ancienne, mais laissée dans un grand abandon. Le premier concert, donné en 1966, avait fait appel à un ensemble d'instruments anciens de Strasbourg : le public vint, appréciât l'atmosphère de l'église... Le Festival était lancé ! Et cela continua !

Le plus extraordinaire de l'aventure c'est qu'Irmgard Cacheux n'ait d'autre lien avec ce coin du Bourbonnais que son mariage avec M. Cacheux, dont les grands-parents habitaient Bizeneuille. Avec les aléas de la vie, M. Cacheux est parti vivre à Strasbourg et c'est Irmgard, l'autrichienne qui s'est attachée à cette église, au point de lui consacrer l'essentiel de son activité depuis maintenant 26 ans !

Elle a réussi à réunir une équipe décidée et dynamique qui, depuis la création, a su organiser les concerts, accueillir les musiciens et les spectateurs et surtout qui a su fidéliser un public averti et reconnaissant.

Les plus grands instrumentistes de notre époque se sont succédés dans cette église dont ils ont aimé l'atmosphère naïve et recueillie ; citons : les pianistes Michaël Rudy, Brigitte Engerer, Bruno Rigutto, Hélène Grimaud, Catherine Collard, Eric Berchot, les violonistes Fontanarosa, Gérard Poulet, Raphaël Oleg, le guitariste Alexandre Lagoya, la harpiste Marielle Nordmann. Des orchestres de chambre de grand renom ont joué devant le Christ dans sa mandorle notamment le New American Chamber Orchestra, le Quatuor Rosamonde, l'orchestre de Chambre de Munich, le Quatuor Enesco, l'orchestre de Chambre Paillard, celui de Zurich, etc.

Grâce à la musique l'église retrouve ses couleurs.

Mme Cacheux et son équipe faisaient entièrement tout le travail, les frais généraux étaient minimes, et malgré le prix très modeste des places, une fois payés les émoluments des artistes, des bénéfices pouvaient être dégagés (il y a certainement bien peu de festivals qui peuvent en faire autant). Ces bénéfices furent employés à la restauration de l'église sous la haute autorité de la Conservation des Monuments Historiques. Ainsi, peu à peu, l'ég1ise a retrouvé ses couleurs : superbe ocre orangé pour le choeur où la fresque des anges musiciens a été rénovée par une équipe d'Italie, coloris frais des rinceaux décorant les arcs doubleaux et des motifs égayant les chapiteaux, coloris pastel pour saint Christophe en train de pêcher, remise en état de la fresque relatant la légende de saint Principe martyrisé et qui porta sa tête jusqu'à l'autel élevé en ce lieu, rénovation du bandeau porteur de blasons. Quant au saint Marc offert par Jacqueline Pelletier-Doisy il fut confié à Annie Regond, responsable de la Conservation des Objets d'Art : actuellement il est présenté dans une niche. L'année 91 a permis la restauration de la toiture et la rénovation de saint Christophe ; l'année 92, 40.000 F ont été consacrés à la restauration des peintures : cela a mis en évidence le nom d'une donatrice Espérance de Saulzay (sans doute, espérait-elle par cette offrande attirer la bienveillance et la protection du saint sur sa famille).

Au terme de ces 25 ans d'activité, Mme Irmrgard Cacheux peut être fière de la transformation de cette petite église bourbonnaise : cela est concret et visible, ce qui l'est moins mais qui est aussi important ce sont les moments de bonheur qu'elle a offerts aux mélomanes de la région et les ineffables souvenirs qu'elle a laissés dans leurs mémoires.

Parmi ses sujets de satisfaction il ne faut pas oublier le fait d'avoir su attirer l'attention et par la suite, les appuis du Conseil Général de l'Allier, du Conseil Régional, du Ministère de la Culture et de la Communication, de l'Association du Pays de Tronçais et du Syndicat d'Initiative Aumance-Tronçais.

Le Festival continue.

Dans l'équipe qui entourait Mme Cacheux, une mélomane avertie, Mme Roux, assurait la présentation des ouvrages musicaux pour chaque concert. C'était documenté, précis, sensible et il est certain que ces présentations ont joué un grand rôle dans la formation du public du festival.

En 1991, quand Mme Cacheux a jugé que l'entreprise était solide et bien lancée, et qu'il était temps pour elle de passer la main. c'est donc, tout naturellement qu'elle a demandé à Mme Roux de prendre la succession, elle-même gardant la vice-présidence.

Le Festival 1992 a prouvé les mêmes qualités pour les prestations musicales et la même parfaite organisation : les mélomanes reprendront donc fidèlement le chemin de Châteloy.

J. D.


Historique du Festival de Musique en Bourbonnais


C'est en 1967 que le premier week-end musical fut lancé avec, le mince espoir de récolter des fonds pour la restauration de l'église romane de CHATELOY, alors Monument Historique en péril. Organisé dans le cadre d'une association locale existante, " Les amis du vieil Hérisson ", le Festival a vite connu le succès sous la dénomination " Festival de Musique de CHATELOY et Souvigny en Bourbonnais " et les premiers travaux ont pu débuter en 1969.

Devant l'extension prise par le Festival et la complexité de sa gestion, la nécessité est apparue de créer en 1975 an organisme indépendant, dont le nouveau titre indiquait l'élargissement des limites d'action à tout le Département. Les lieux des concerts se sont alors multipliés: Saint-Pourçain, le château de Busset, Saint-Menoux, Yzeure, Souvigny, le château du Creux, les Arènes de Néris-les-Bains, l'Esplanade du château de Montluçon et son théâtre, le château du Plaix, celui de la Guerche, l'Agora de Commentry et le prestigieux site de Thoury furent les endroits choisis pour des concerts mémorables.

Au fil des ans, le Festival a acquis une réputation nationale, grâce à sa programmation de haut niveau. Parallèlement, le monument en péril s'est métamorphosé en joyau du patrimoine architectural de la ville de Hérisson.

Si les premières saisons furent caractérisées par la production de petits ensembles, le Festival s'est par la suite beaucoup diversifié, s'attachant à inviter des formations à effectif plus important et des artistes de plus grande notoriété. La présentation des premiers orchestres de chambre, Paillard et Kuentz, fut un événement, tout comme ce1le des premiers solistes de renommée internationale: Amoyal avec son lumineux Stradivarius, J.-Cl. Malgloire, Patrice Fontanarosa, Mikhaë1 Rudy, Gérard Poulet, M.CL. Alain, Michel Portal, Marielle Nordmann, J.J. Kantorov, F.R. Duchable, Alexandre Lagoya, Ivry Gitlis, Brigitte Engerer et bien d'autres ont marqué des degrés dans l'ascension du Festival

Au cours des ans, l'essai s'était donc transformé en réussite et le lieu abandonné en étape touristique pour les amoureux d'art roman. Cela, grâce aux restaurations qui s'y sont poursuivies de 1969 à 1992, à l'initiative et avec la participation du Festival. Sa contribution financière s'élève à 470.000 Francs pour un investissement global de 1.500.800F.



Un concert à Châteloy