3lème FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS   

SAISON 1997


27 JUILLET

Hérisson - Châteloy - 17 heures

choeur Russe VOSKRESSENIE

    Chants religieux et profanes

3 AOUT

Hérisson , Châteloy : 17 heures

Duo violon et piano
Patrice FONTANAROSA et Yury BOUKOFF
Brahms (célébration de la mort de Brahms)

10 AOUT

TRONCAIS -Anciennes Forges - 17 heures

Ensemble MARIACHI
"Sombrero Negro"

15 AOUT

Hérisson - Châteloy -: 21 heures

Quatuor flûte et cordes
Philippe BERNOLD flûte,
Charles FREY, violon
Frédéric DUPUIS, violoncelle
Théodore COMAN, Alto
Schubert - Beethoven - Mozart

24 Août

Hérisson - Châteloy - 17 heures

octuor de la Radiodiffusion Sarroise MITHRAS - OKTETT

Thomas HEMKEMEIER, Violon
Christophe MENTZEL, Violon
Werner EHRBRECHT, Alto
Claudia LIMPERG, Violoncelle
Thomas SCHREIBER, Contrebasse
Peter PRZYBYLLA, Clarinette
Ulrich RINDERLE, Basson
Peter ARNOLD, Cor

Jean Françaix - Richard Strauss - Beethoven

PIANO: Bechstein, Dominique GARDELLE - Riom

PRIX DES PLACES

- CHATELOY

Places numérotées : 110 F - 80 F pour étudiants
et moins de 18 ans.
Places non numérotées : 80 F - 50 F pour étudiants et moins de 18 ans

- TRONCAIS

Places numérotées : 120 F et 100 F - 70 F pour étudiants et moins de 18 ans.
Places non numérotées : 80 F - 50 F pour étudiants
et moins de 18 ans.

- RESERVATIONS

A partir du ler. juillet :

Pour tous les concerts : (Châteloy et Tronçais)
OFFICE DE TOURISME "Vallée de Montluçon"
5, Place Edouard-Piquand - 03100 MONTLUCON
Tél. 04 70 05 11 44
Mme SOHIER : rue de l'Abbé Aury - 03190 HERISSON
Tél. 04 70 06 80 17 ou 04 70 06 86 15

Pour le concert de Tronçais du 27 juillet:

"POINT D'INFORMATIONS 03"
Place du Monument aux Morts
03360 SAINT- BONNET DE TRONCAIS
Tél. 04 70 06 16 16

- UN SERVICE DE CAR GRATUIT est organisé
au départ de Moulins pour le concert du 27 juillet.
Pour tous renseignements contacter le 04 70 46 60 21.
(cars CHARVIS)
Seules les places numérotées peuvent être réservées.
Les places non numérotées sont en vente à la caisse
du jour.
- Par correspondance : remplir le bulletin de réservation
et l'adresser à l'une des adresses ci-dessus, accompagné du règlement.
Si vous souhaitez recevoir vos billets, joignez une
enveloppe timbrée.Sinon, ils vous seront remis à la
caisse du jour. Les réservations ne sont définitives
qu'après réception du règlement, au plus tard
la veille du concert.

- RENSEIGNEMENTS

MINITEL : 3615 Culture/Arts - Festival Hérisson
OFFICE de TOURISME
"VALLEE DE MONTLUCON"
5, place Edouard-Piquand - 03100 MONTLUCON
Tél. 04 70 05 11 44

Pour déjeuner ou pour diner, réservez votre table
à HERISSON:
chez "Charles VILLE" - 04 70 06 80 09
au "Médiéval" - 04 70 06 81 24
à la "Quécoule (ferme-auberge) - 04 70 06 88 16
à TRONCAIS:
à l'hôtel-restaurant "Le Tronçais" - 04 70 06 11 95

FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS
CONCERT DU DIMANCHE 24 AOÛT


EGLISE DE CHATELOY

MITHRAS OKTETT

Octuor de la Radiodiffusion sarroise

Thomas HEMKEMEIER violon - Christoph MENTZEL, violon - Werner EHRBRECHT, alto
Claudia LIMPERG, violoncelle - Thomas SCHREIBER, contrebasse
Peter PRZYBYLLA, clarinette - Ulrich RINDERLE, basson - Peter ARNOLD, cor

LES ARTISTES

Le MITHRAS OKTETT est composé de solistes de l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion de Saarbrück, qui est le seul orchestre permanent de la RadioTélevision allemande. Il s'est rendu célèbre par les concerts qu'il donne et les enregistrements sur les ondes ou sur CD.

 
    

Cet ensemble s'est fixé pour objectif d'exécuter des pièces allant du quintette au nonette, en particulier des oeuvres connues mais rarement jouées. Il souhaite en outre redécouvrir des oeuvres souvent interprétées autrefois et aujourd'hui tombées dans l'oubli. Il a aussi un répertoire traditionnel et interprète les Åuvres de compositeurs contemporains.

Le nom "MITHRAS" a été choisi à la fin de 1995, en référence à l'ancien culte perse et romain, dont il existe un monunent à Saarbrück, la"Grotte de Mithra", sur le Halberg, où se trouve le Siège de la Radiodiffusion Sarroise.

LE PROGRAMME

Jean Françaix: Octuor (1972) "composé à la mémoire vénérée de Franz Schubert" pour clarinette, cor, basson, 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse.

Jean Français est né en 1912 au Mans. C'est par le piano qu'il commença ses études musicales, au Conservatoire de celte ville - dont son père était directeur. Il obtint au Conservatoire de Paris un 1er Prix de piano, puis travailla la composition avec Nadia Boulanger et c'est à la composition qu'il consacra l'essentiel de ses activités. "Maniant avec virtuosité l'écriture instrumentale, sans cesse habité par un humour qui fait fort bon ménage avec une sensibilité aiguë, Jean Français écrit depuis toujours une musique intemporelle, qui évolue avec grâce aux frontières de la musique légère et de la musique dite sérieuse`', une musique à la fois populaire et très "écrite", directe, bourrée de clins d'oeil, de tendresse et d'esprit" (Pierre Petit - Le Figaro). Ce compositeur typiquement fiançais est particulièrement apprécié dans les pays germaniques.

Voici comment Jean Françaix présente cet Octuor: "Mon Octuor, j'ai - à ma propre surprise - osé le dédier à la mémoire de mon cher Franz. Cela évoque l'amitié hasardeuse entre le pot de terre et le pot de fer, qui semble peu recommandée par le grand Fabuliste Jean de La Fontaine. Que le public juge de ma témérité l"

Il comporte quatre mouvements:

Richard Strauss ( 1864-1949): "Till Eulenspiegel" - Poème symphonique op.28.

Pour une fois différemment: Transcription de Frauz HASENHÖHRL (1885-1970) pour violon, clarinette, cor, basson et contrebasse

Le titre allemand complet est: "Plaisantes facéties de Till l'espiègle, d'après l'ancien conte fripon,

en forme de rondeau".

Till vécut dans la première moitié du 16éme siècle en Allemagne du Nord. Type même du paysan

individualiste, le rôle d'un agitateur en rébellion contre une bourgeoisie citadine prospère et conservatrice. Il mourut de la peste vers 1350. Le Conte populaire lui prêta mille aventures plus ou moins inventées. Chez Richard Strauss, il est devenu un luron spécialiste de farces provocatrices et meurt au gibet, tel un malfaiteur.

C'est le plus fameux poème symphonique de Strauss, qui l'a écrit " dans l'intention qu'on put bien rire, pour une fois, dans une salle de concert ".

Composée en 1895, cette pièce instrumentale dune grande difficulté d'exécution doit Oc jouée par une centaine de musiciens. C'est pourquoi Hasenhörl traite de "Grotesque musicale" la transcription qu'il en fit pour 5 instruments.

La naissance de cette transcription est liée à la personnalité d'un excentrique Viennois, Rudolf Effenberger, qui, pendant plusieurs années s'occupa des costumes des artistes dans les loges de la Société des Amis de la Musique. Il avait l'habitude de publier ses expériences avec les musiciens dans un recueil d'anecdotes. Peu de temps après la seconde Guerre mondiale, alors qu'il ne trouvait pas de papier pour les imprimer, il les raconta dans une petite salle des " Musikvereins ".. Il jonglait avec les numéros d'opus comme un Historien de la musique et fit preuve d'une surprise feinte - mais bien jouée - quand quelqu'un avoua ne pas savoir quelle oeuvre se cachait derrière l'opus 28 de Richard Strauss. Effenberger annonça que la prochaine séance, il le ferait jouer par l'Orchestre Philharmonique.

Il tint sa promesse en faisant transcrire cette oeuvre pour orchestre en oeuvre de musique de chambre par son ami, le compositeur Franz Hasenhörl et put présenter le " Till Eulenspiegel " réduit, joué par des membres de l'orchestre philharmonique.

" Till Eulenspiegel " est écrit en forme de rondeau, où alternent refrain et couplets. Le refrain est le thème de Till et chaque couplet évoque un exploit - ou une farce - de Till.

Beethoven (1770-1827): Septuor en mi bémol majeur op.20 pour violon, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette, cor et basson.

Le Septuor fut écrit en 1800, alors que Beethoven était devenu l'une des personnalités dominantes du monde musical viennois. Présenté en un concert public en même temps que la Première Symphonie, il fut accueilli chaleureusement par le public et devint vite une des oeuvres les plus populaires de Beethoven. Cette oeuvre représente encore le style galant de l'ancien art du Divertissement, tant par l'esprit que par la liberté d'agencement.

Il est écrit en six mouvements:

Le 1er commence par un Adagio, en préambule, introduisant un Allegro con brio dynamique, construit autour d'un thème en croches piquées répétitives.

Le thème du 2ème Mouvement, Adagio cartable, est présenté " dolce ", d'une très intime ferveur.

3ème Mouvement: Tempo di Menuetto. le Menuet sur un thème Syncopé vigoureux, laisse sa place au Trio central mélodique, plus calme.

Le 4éme Mouvement est un Tema con Variazoni (Andante). Ce thème serait emprunté à un chant de bateliers rhénans. Il est présenté par le premier violon sur lequel enchaîne la clarinette. Suivent cinq variations et une coda.

Le 5ème Mouvement Scherzo, indiqué AIlegro moto e vivace, adopte le ton de la plaisanterie. Le thème, en accord décomposé à l'octave descendante (avec un cor) est répété en notes conjointes dans un registre aigu, avant d'être repris textuellement par le basson. Là aussi, le Trio central amène un épisode différent.

Le 6éme et dernier Mouvement est introduit par un Andante con moto alla Marcia. Le Presto qui suit est un " mouvement perpétuel " tout en petites notes vives, volubiles. L'oeuvre se conclut dans la virtuosité la plus brillante.


FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS
CONCERT DU 15 AOÛT


EGLISE DE CHATELOY

QUATUOR CORDES ET FLUTE

TRIO A CORDES DE PARIS: Charles FREY, violon - Teodor COMAN, alto

Frédéric DUPUIS,violoncelle

FLÛTE: Philippe BERNOLD

LES ARTISTES

Fondé en 1966, le TRIO A CORDES DE PARIS acquit rapidement une renommée internationale. Au fil des années, il est devenu l'un des plus importants " ambassadeur " musicaux français, défendant le répertoire classique tout en affectionnant la musique de notre temps. Il a créé une centaine de compositions dédiées à son intention.

Le Trio à cordes de Paris sort volontiers de son propre cadre pour s'associer en " trio plus... " à de grands instrumentistes. Ainsi, pour le concert du 15 août à Châteloy, il joue avec le flûtiste  
     Philippe BERNOLD , l'un des plus brillants représentants de l'école française de flûte, Premier Grand Prix du Concours International de flûte Jean-Pierre Rampal en l987.

Né en 1960, Premier Prix du Conservatoire National Supérieur de Paris en 1982, Philippe Bernold mena de front une carrière de Soliste, avec l'Orchestre de Paris, l'Orchestre de Chambre de Prague, l'Orchestre Hallé de Manchester, et le poste de Première Flûte solo de l'Orchestre de l'Opéra National de Lyon, que John Eliot Gardiner lui confia en 1983.

Son 1er disque, consacré à Debussy, lui valut en l989 le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. Depuis il a réalisé plus d'une dizaine d'enregistrements.

Philippe Bernold a enseigné au Conservatoire National Supérieur de Paris de 1992 à 1995, puis a succédé à Maxence Larrieu en qualité de Professeur de Flûte au Conservatoire National Supérieur de Lyon.

LE PROGRAMME

Mozart: Quatuor avec flûte K 285 b en do majeur.

Les deux quatuors avec flûte qui seront joués ce soir ont été composés en 1777. Cette année là, Mozart a présenté sa démission à l'Archevêque de Salzbourg: il veut conquérir son indépendance et vivre par les seuls moyens que lui procure la musique. Il va donc tenter sa chance et essayer d'entrer comme maitre de musique de la Cour du Prince-Electeur de Manheim... sans succès. C'est pendant son séjour à Manheim - avant de partir pour Paris - qu'il reçoit la commande d'un riche amateur hollandais - un certain Mr de Jean, de "3 concertos courts et simples et une paire de quatuors pour la flûte". Il l'avait rencontré chez le flûtiste virtuose Johann Baptist Wendling, alsacien installé à Manheim, avec qui Mozart s'était lié d'amitié.

Il se mit rapidement à 1`ouvrage et composa en une semaine le Quatuor K285 en ré. Puis son intérêt faiblit: il s'interessait phus à la jolie cantatrice Aloysia Weber qu'à la commande de Mr de Jean et prit quelques vacances. Il essaya d'apaiser son père, en lui écrivant qu'il terminerait bientôt les oeuvres commandées :"Il est normal que je ne puisse pas les terminer. Je n'ai pas un moment de repos ici..." En définitive, il composa deux quatuors plus courts, K 285a et 285b (deux mouvements chacun), entre le 25 décembre 1777 et le 14 février 1778.

Les mouvements du Quatuor K. 285b en do majeur sont: Allegro et Thème et Variations.

L'AIlegro est très mozartien: des phrases simples, d'aspect facile: un 1er thème exposé par la flûte, repris par l'alto, un 2ème thème plus mélodique et cette exposition reprise à l'identique. Et puis un passage en mineur, très expressif, où la flûte domine les cordes. Et les deux thèmes légers de la 1ère partie sont repris dans un dialogue entre la flûte et les cordes.

Le 2ème mouvement, "Thème et variations " est ecrit sur un thème de menuet. C'est la flûte, soutenue par les cordes, qui chante la jolie mélodie qui va servir de base à 6 variations.

Dans la 1ère, la flûte l'agrémente d'ornements légers. La 2ème est chantée par le violon, la 3ème par le violoncelle.

La 4éme est en mineur. C'est un chant de la flûte dans u rythme lent et syncopé, accompagné par

les cordes basses "staccato".

La 5ème est introduite par un point d'orgue - longue note basse. Puis la flûte chante sur un

accompagnement de cordes "sotto voce". Trois fois revient ce point d'orgue suivi du chant de la flûte.

Une 6ème variation concluera le mouvement: la flûte, très légère chante au dessus des pizzicati des cordes basses.

Beethoven: Trio pour cordes op. 9 n·3 en ut mineur.

L'op. 9 est un groupe de trois Trios dédiés au Comte von Browne. Commencés en 1796, ils furent publiés en 1798. A cette époque, Beethoven, âgé de 26 ans connait le succès à Vienne. Ces trois trios, s'ils sont encore des oeuvres de jeunesse, font déjà preuve d'une certaine audaÅ, surtout le 3ème, composé avec beaucoup de liberté et dominé par un sentiment de souffrance, caractérisé par la tonalité d'ut mineur. Il est écrit en 4 mouvements.

Le 1er mouvement "Allegro con spirito" est extrêmement dramatique. L'entrée en matière est sombre, introdduisant le thème principal joué "piano" à l'unisson. Le ton monte, le thème se répète "forte" et un second thème paraît en contraste, en majeur et en douceur. L'assombrissement revient en puissantes montées d'accords. Une nouvelle éclaircie en majeur termine cette exposition.

Dans le développement, tous les motifs semblent s'emporter en tempête, puis s'apaisent "pianissimo". Il n'y a pas de réexposition; une coda évolue du "piano"au "forte" et arrive à une conclusion pessimiste et passionnée.

2éme mouvement "Adagio con espressione" en ut majeur. Le thème principal, mélodique, module d'un instrument à l'autre, soutenu par des contre chants profonds et romantiques. Le second thème, charmant, est chanté par l'alto. Sans transition, le 1er thème revient sur des rythmes pointés. Le mouvement se termine par une cadence mélodique qui ramène la paix.

le 3ème mouvement, "Scherzo, Allegro molto vivace", en ut mineur, est un mouvement effréné, sans répit, sur un rythme puissant. Un épisode central "pianissimo", en majeur, forme contraste. Et le Scherzo reprend sa course.

4éme mouvement, "Presto". Finale brillant, tempétueux, il est construit en deux parties bien distinctes. Une coda lumineuse va terminerr "pianissimo", en majeur, ce morceau qui va s'évanouir en légèreté.

ENTR'ACTE

Schubert: Trio n·l en si bémol majeur - D.471.

C'est en 1816, à l'aube de sa vingtième année que Schubert entreprend la composition de deux trios à cordes. Il est encore jeune enseignant aux cotés de son père, mais il compose intensivement et a déjà produit de hauts chef-d'oeuvre ("Le Roi des Aulnes", la 5ème Symphonie )

Le 1er Trio, toutefois., resta inachevé. Il comporte un seul mouvement, Allegro, de composition classique. Grâce et lyrisme laissent la place, dans le développement, à une expression plus dramatique.

Mozart: Quatuor avec flûte K.285 en ré majeur.

Ce fut le premier que Mozart composa pour répondre à la commande de Mr de Jean. Il comporte donc trois mouvement .

Dans le 1er, "Allegro" apparaissent cinq thèmes: le 1er à la flûte, le second aux cordes, le 3ème de nouveau à la flûte, le 4ème aux cordes avec réponse de la flûte, le 5ème à la flûte seule. C'est le second qui constitue l'élément important du morceau. Le développement est en mineur, et assez important. Par contre, la réexposition est abrégée et apporte la conclusion du mouvement.

Le 2ème mouvement, " Adagio", est une merveilleuse mélodie mélancolique chantée par la flûte qu'accompagnent les cordes en un très léger pizzicato.C'est un chant pathétique, en quatre périodes.

Ce mouvement très court s'encharne directement avec le rondo final, d'une gaieté gracier. Il est composé d'un refrain et de trois couplets.On entend bois fois ce refrain qui, la 3ème fois, amène une conclusion brève et allègre. Dans tout ce mouvement la flûte a un rôle prépondérant, comme dans un concerto. Le style en est plus proche du "Divertimento" que de la musique de chambre sérieuse.


FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS
CONCERT DU 3 AOÛT


EGLISE DE CHATELOY

DUO VIOLON ET PIANO : Patrice FONTANAROSA et Yury BOUKOFF

 
 
LES ARTISTES

Est-il besoin de présenter Patrice Fontanarosa, musicien et violoniste unanimement admiré et fêté, déjà venu trois fois à Châteloy: en 1979 en Trio (le Trio Fontanarosa), en 1982 en duo avec Yuri Bukoff et en 1983 en duo avec Marielle Nordmann ?

Lauréat de très nombreux prix internationaux, il a joué en soliste sous la direction des plus grands chefs d'orchestre ( Abbado, Boehm, Maazel, Muti, Ozawa, Solti).

 
    

Conscient de l'importance et des moyens extraordinaires des techniques audiovisuelles d'aujourd'hui, il est l'un des premiers à porter la musique au-delà des salles de concert par des expériences originales, telles que "Violon Passion", qui ont rencontré un vif succès auprès d'un nouveau public au théâtre des Bouffes du Nord. Patrice Fontanarosa aborde le grand répertoire du violon dans les cadres les plus variés, pour ouvrir à tous les richesses et les émotions de son art.

En 1995, il fut couronné meilleur soliste de 1'année par les "Victoires de la musique classique" et en novembre de la même année, il créa à Paris, en première mondiale, le concerto pour violon de Marcel Landowski, qui lui est dédié.

Yury Bukoff appartient, lui aussi à cette espèce d'artistes qui révèle la musique à tous les publics - initiés ou non - et qui sont accueillis avec amitié, gratitude et admiration dans le monde entier. Slave d'origine, allemand par éducation et français d'adoption, il représente la parfaite synthèse des grandes écoles européennes de piano. C'est ce qui donne à ses interprétations la pureté du style, l'originalité du tempérament et la vérité de l'émotion

Lauréat de nombreux concours internationaux, il a joué comme soliste avec des chefs prestigieux ( Masur, Cluytens, Ozawa, Prêtre). La critique internationale le couvre de louanges: à Pékin :"Yuri Bukoff est passé comme une comète dans notre vie musicale" ( il fut le premier pianiste européen à avoir effectué une tournée en Chine ) - à Rome :"Il fait respirer et chanter le piano" - à New York :"Technique, sonorité chantante, sens de la couleur" et dans le monde entier :"Cette main de colosse vous délivre des nuances d'un raffinement inouï" ( Clarendon ).

Pour célébrer le centenaire de la mort de Johannes Brahms, Patrice Fontanarosa et Yury Bukoff lui consacrent aujourd'hui ce concert en interprétant ses trois Sonates pour violon et piano.

Né à Hambourg en 1833, Brahms est mort à Vienne le 3 avril 1897. Bien qu'il fût devenu un parfait viennois - puisqu'il s'est installé à Vienne en 1862 - Hambourg resta la ville de son enfance, qu'il aimait "comme on aime une mère", disait-il. Son caractère et son Åuvre en ont gardé l'empreinte: il est à la fois un luthérien strict qui a le goût de l'ordre et de la rigueur et un nordique imprégné des sagas et légendes où s'exaltent des rêves tendres et fantastiques.

La musique de chambre revêt une importance particulière dans l'Åuvre de Brahms: c'est là que s'épanche son besoin de confidence, à la fois méditation et expression intime d'une âme romantique. Du point de vue de la forme, Brahms est considéré comme un conservateur: il respecte rigoureusement les schémas classiques, mais y ajoute un sens inné de la mélodie et une abondance une profusion, même d'idées qui se succèdent ou s'enchevêtrent.

Les trois sonates pour violon et piano sont des Åuvres de sa maturité, à une époque où Brahms se trouve au sommet de sa gloire. Fixé à Vienne, qui l'a accueilli chaleureusement, il est fêté dans toutes les villes d'Europe où il est appelé pour diriger ses Åuvres. Chaque été, cependant, il s'en va séjourner dans un lieu calme, au milieu d'une nature somptueuse, et là, dans la solitude, il compose

La 1ère Sonate pour piano et violon op. 78, en sol majeur fut ainsi écrite pendant le printemps et l'été 1879 à Pörtschach, au bord du Wörthersee, au pied des Alpes de Carinthie. Brahms avait écrit antérieurement trois autres sonates, mais il les avait détruites. Celle-ci fut donc la première publiée, en 1880. On l'appelle "Regensonate" ( "Sonate de la pluie" ) car elle utilise dans le 1er et le 5ème mouvements un fragment de thème provenant du Lied "Regenlied" écrit en 1873 sur un beau poème élégiaque de l'écrivain Klaus Groth.

Toute l'Åuvre est imprégnée d'une mélancolie rêveuse avec des moments d'un lyrisme intense. C'est un sommet de la musique de chambre romantique.

Le 1er Mouvement, Vivace ma non troppo, est construit de façon classique: exposition de trois thèmes, développement, réexposition. Il débute par une merveilleuse mélodie, réminiscence du "Regenlied", jouée d'abord par le violon accompagné du piano, puis par le piano. C'est le violon qui chante intensément le second thème, alors que le troisième est présenté en accords par le piano. Chacun de ces thèmes est suivi et enrichi d'idées subsidiaires. Un libre développement - sur ler et le 3ème thèmes - est suivi d'une réexposition à l'identique. Le mouvement se termine par une longue et brillante coda.

Le 2ème Mouvement, Adagio, est en trois parties A.B.A. C'est le piano qui ouvre le mouvement par un thème très émouvant, en tierces et sixtes. Dans une effusion mélodique, le violon chante un motif secondaire et, après un "più andante" du piano, revient le 1er thème.

Dans l'axe central apparaît une sorte de cortège funèbre, au piano, relayé par le violon.

Puis le violon reprend la mélodie de la première partie. Après de lourds accords du piano, la coda s'élève comme une plainte nostalgique au violon, et s'éteint dans la paix.

Le 3ème Mouvement, Allegro moderato, commence par un thème très expressif au violon, rappelant le "Regenlied". C'est ensuite au tour du piano de chanter un second thème léger et chatoyant, repris en imitations par les deux instruments. Retour du 1er thème, au violon, puis au piano, et...apparition du thème de l'Adagio. Une troisième fois revient le 1er thème, puis de nouveau celui de l'Adagio. En conclusion, le piano, puis le violon jouent le thème du "Regenlied", comme un souvenir, un écho nostalgique, qui s'achève dans la discrétion.

La 2ème Sonate pour piano et violon op.l00 en la majeur est souvent désignée sous le nom de"Thuner Sonate": Barents l'écrivit durant l'été1886 alors qu'il séjournait sur les rives du lac de Thon, en Suisse. C'est l'Åuvre du bonheur - "Sonnenschein" ("du Rayon de soleil") - comme tout ce qu'il écrivit pendant trois étés passés au bord du lac de Thon.

1er Mouvement, Allegro amabile . C'est dans ce climat de bonheur simple et frais que le piano chante une longue mélodie lumineuse. Le violon entre à son tour, en larges intervalles, avant l'apparition du second thème énoncé avec lyrisme par le piano. Encore une idée secondaire, au rythme marqué, puis surgit le troisième thème, énergique et exalté.

Dans un large développement, ce troisième thème est joué en canon par les deux instruments.

Après une réexposition à l'identique, une très longue coda termine le mouvement dans l'héroïsme.

Dans le 2ème Mouvement, Andante tranquillo - Vivace di qui Andante, se succèdent plusieurs épisodes contrastés: les uns andante, les autres vivace.

Le 1er épisode, andante, est une très belle mélodie expressive chantée par le violon, puis en dialogue avec le piano. Elle est interrompue par le vivace dans une allure dansante et capricieuse.

Retour à l'andante: le violon chante la mélodie du début, un peu modifiée, puis Vivace di più revient, plus fantasque et impulsif . Après un bref retour de l'andante, c'est le Vivace qui conclut le mouvement.

Le 3ème Mouvement, Allegretto grazioso ( quasi andante ) relativement lent pour un finale, est une sorte de rondo avec un thème-refrain. Ce refrain, exposé dés le début par le violon, est d'une tendresse mélancolique. Les arpèges du piano créent une échappée vers le sombre. Mais le refrain ramène la lumière. Après deux autres idées - au piano, puis au violon - le refrain revient pour la 3ème fois, plus grave. Une courte coda conclut ce mouvement dans une rayonnante sérénité.

3ème Sonate pour piano et violon op.108 en ré mineur.

1888: autre climat. Brahms a 55 ans, "la vieillesse vient à pas feutrés". C'est encore à Thun que cette sonate est achevée Mais c'est le dernier été passé à Thun: il n'y reviendra plus.

Moins lumineuse, moins sereine que la 2ème sonate, mais plus lyrique, souvent passionnée, c'est une Åuvre puissante, l'une des plus riches que Brahms ait écrite.

Elle comporte quatre mouvements: Allegro alla breve, Adagio, Un poco presto e con sentimento, Presto agitato.

Le 1er mouvement, Allegro alla breve, commence "sotte voce" dans un mouvement d'arpèges au piano sur lequel s'élève au violon un thème poignant qui monte crescendo dans une expression dramatique. Le second thème, au piano, est plus calme, mais aussi expressif. Après un retour du violon, toujours exalté, commence un épisode très différent: c'est une sorte de murmure sombre, mystérieux. Pendant tout cet épisode, le piano maintient une pédale grave, sous les arabesques du violon et de la voix supérieure du piano. Puis la première partie du mouvement est reprise jusqu'à une coda sombre, de nouveau soutenue par la pédale grave du piano. Après une descente chromatique, le violon lance de nouveau son thème dramatique. La conclusion semble être une interrogation.

Le 2éme mouvement est un Adagio court, mais l'un des plus tendrement expressif de Åuvre de Brahms. Le violon chante une longue mélodie, une rêverie passionnée, qui va monter crescendo jusqu'à un second thème déclamé sur des accords arpégés du piano. Ces deux phases mélodiques sont reprises un peu différemment. C'est la première qui conclut le mouvement dans une coda simple et limpide.

3ème mouvement, Un poco presto e con sentimento. C'est une sorte de scherzo en trois épisodes. Le piano entre sur un thème léger et sautillant. Après un passage d'arpèges au piano, le thème du scherzo est imité par le violon. Le second épisode est lyrique, avec des accords affirmés, alternant avec des arpèges. Après un decrescendo, une ébauche par le violon du thème du début, le premier épisode est repris par le piano, accompagné de pizzicati du violon. Un court crescendo lyrique précède la reprise du thème par le violon, qui conclut le morceau sur deux accords brefs et légers.

Le 4éme mouvement, Presto agitato, est un finale vaste et imposant. Dès la première mesure, violon et piano s'affirment dans un thème conquérant. Puis ils dialoguent sur une idée secondaire. Le piano entonne alors une sorte de choral, méditation accompagnée d'un chant intense du violon. Apparaît alors un troisième thème joué en imitations entre les deux instruments. Un crescendo du violon sur des accords appuyés du piano aboutit à un nouvel épisode: un ample récitatif chanté par le violon sur des accords du piano. La réexposition se fait avec l'entrée héroïque du violon, suivie du 2ème et 3ème thème comme la première partie. Le violon s'envole alors vers une coda énergique soutenue par les accords du piano. C'est avec fermeté que s'achève ce très brillant mouvement .


FESTIVAL DE MUSIQUE EN BOURBONNAIS
CONCERT DU 27 JUILLET


EGLISE DE CHATELOY

CHOEUR RUSSE VOSKRESSENIE
Direction: DIMITRI ONEGUINE

L'ENSEMBLE DE MUSIQUE SACREE "VOSKRESSENIE" a été créé à la fin de 1990.

Il réunit 12 chanteurs professionnels ayant 1'expérience du chant dans les églises moscovites.

Le directeur artistique et chef de l'ensemble, Dimitri ONEGUINE, est professeur à l'Académie de

musique Gnessine de Moscou. Il a étudié durant plusieurs années l'histoire de la musique liturgique russe et son interprétation. Aujourd'hui, il met ses connaissances au profit du programme de l'ensemble.

Le répertoire de VOSKRESSENIE comprend:

des chants anciens du 14ème au 16ème siècle, en style linéaire monodique,

des "concerts " du 17ème siècle écrits dans le style du "partes" polyphonique,

des Åuvres des compositeurs italiens établis en Russie au 18ème siècle,

des concerts sacrés de la fin du 18ème et du 19ème siècle

des Åuvres sacrées de compositeurs contemporains.

des vieilles chansons et "Folk songs" russes.

LE CHANT DANS LA LITURGIE ORTHODOXE

C'est du 12ème siècle qu'il convient de dater les premières Åuvres originales de musique religieuse, où la tradition populaire russe se mêle à l'influence culturelle des Chrétientés grecques ( byzantines ) et bulgaro-serbes.

Au 13ème siècle, le chant choral réglé entre dans les Offices. C'est un chant monodique linéaire ( à l'unisson ).

Au 16ème siècle, le "Recueil du chantre" contient les premiers exemples connus de chant populaires religieux, les " Vers de repentir ". Ce sont des poésies religieuse dont les textes et les mélodies sont étroitement liés à la plus ancienne tradition de la chanson lyrique en Russie.

C'est au 17ème siècle qu'apparaît le chant polyphonique, venu par la Pologne, qui remplaça le chant traditionnel à l'unisson, Les premiers auteurs de traités de musique furent le compositeur ukrainien N.P.Diletsky ( 1630-1690 ) et le "chantre du Souverain" Joannicius Korenev. Ils furent à l'origine d'une nouvelle Ecole dont firent partie les composteurs de la fin du XVIIème et du début du XVIIIème siècle: Basile Titov ( 1650-1710 ), Nicolas Kalachnikov.

Au l8ème siècle, sous l'influence de Pierre le Grand, la Russie s'ouvre à la culture occidentale. Le chant concertant à l'italienne fait son apparition et essaie de s'implanter artificiellement dans la musique religieuse. On trouve des Åuvres de compositeurs italiens: Sarti (1729-1802 ), Galuppi ( 1706-1785 ). Pourtant le chant polyphonique résiste victorieusement à la concurrence du chant à l'italienne; Berezovski ( 1745-1777 ), Bortniansky ( 1751-1825 ), Degliarev ( 1766-1813 ), Davidov ( 1777-1825 ) commencent à donner un caractère original à la nouvelle musique d'église.

Au cours du l9ème siècle se produisit un phénomène bénéfique pour la culture

religieuse russe: le retour aux sources nationales et ecclésiales. La musique religieuse sut

développer en profondeur à la fois l'héritage national et la tradition venue d'Europe occidentale, non seulement dans le domaine de la musique semi-profane, mais dans celui de la liturgie orthodoxe proprement dite. Les Åuvres de Lvov, Glinka (1804-1857), Arenski (1861-1906) sont encore en usage dans l'Eglise orthodoxe. Le plus remarquable des compositeurs religieux fut Kastalski (1856-1926 ) qui sut réunir une large culture musicale européenne, l'ancienne tradition ecclésiastique et une inspiration profondément nationale. Il eut toute une pléiade de disciples de talent: Tchesnokov (1877-1944), Allemanov, Kalinnikov (1870-1927), Keneman (1873-1937), Kristov (1875-1941)

Ce mouvement de renouveau atteint son apogée au début du 20ème siècle mais connut un arrêt de plusieurs dizaines d'années après la Révolution de 1917.

La célébration du millénaire de la christianisation de la Russie, en 1988, provoqua une renaissance du chant de l'Eglise orthodoxe russe. En peu de temps, un grand nombre de chÅurs religieux de très haut niveau professionnel se sont formés et des compositeurs russes contemporains ont commencé à composer de la musique religieuse, certains renouant avec le style du début du siècle, d'autres affirmant leur langage propre, les uns écrivant dans un strict esprit ecclésiastique, les autres s'adressant à un auditoire de mélomanes plus diversifié.

En seconde partie du concert, l'ensemble VOSKRENNIE interprétera des chants folkloriques et de vieilles chansons d'auteurs anonymes et de différentes régions de Russie.

L'accompagnateur en France de l'ensemble, Mr. Louis-Marie Le Sprat, présentera les Åuvres religieuses et profanes pendant le concert.

L'ensemble VOSKRESSENIE a enregistré 2 CD qui seront en vente à la fin du concert.


Et avant ...